SW1

Encore un disque découvert via le fameux livre que je ne citerai pas, je l'ai fait tellement souvent que si vous avez l'habitude de me lire, vous savez de quoi je veux parler. Et le fait de parler de ce disque va aussi permettre de reparler un peu de glam-rock, ça fait longtemps que je n'avais pas abordé un album de ce genre musical typiquement 70's et que j'adore, malgré ses défauts. Pour quelques grands artistes et albums de glam (David Bowie avec ...Ziggy Stardust... et Aladdin Sane, Lou Reed avec Transformer, Roxy Music avec leur premier opus éponyme, For Your Pleasure et Country Life, T-Rex avec Electric Warrior, The Slider, Tanx, Mott The Hoople avec All The Young Dudes, albums datant tous de la période 1972/73, sauf le premier T-Rex cité, de 1971, et Country Life, de 1974), combien de groupes mineurs, secondaires, ayant profité de la vague et bénéficié, durant une ou deux années dorées, du succès et de la gloire, avant de s'effondrer (dans un sens, Mott The Hoople est concerné) ? Gary Glitter, Slade, Jobriath, les New York Dolls même si eux apportaient autre chose (la future vague punk)... Parmi les groupes de glam ayant bien marché à l'époque et qui, aujourd'hui, sont très oubliés, Sweet, The Sweet à la base, est à citer. Ce groupe anglais a été fondé en 1968 et leur premier opus date de 1971. Il sera suivi, en 1972 et 1973, de deux...compilations, et le deuxième album studio du groupe, rebaptisé Sweet sans le The, sortira en 1974. Il marque une sorte de renouveau pour le groupe (deuxième album, et déjà un renouveau...), offrant un son très glam, certes, mais aussi assez hard-rock.

SW2

Verso de pochette vinyle

Il s'appelle Sweet Fanny Adams, et tire son nom d'une expression de la Royal Navy, "Sweet F.A." (c'est aussi le titre d'un des morceaux de l'album) signifiant 'rien à foutre du tout', et se basant historiquement sur un fait divers, l'enlèvement et le meurtre, en 1867, de Fanny Adams, une jeune fille de 8 ans qui fut démembrée, et dont certaines parties du corps furent, selon la légende, données comme nourriture, après coup, aux marins qui, ayant entendu la rumeur comme quoi c'était de la viande humaine, auraient dit 'rien à foutre', d'où, apparemment, l'expression. Ah, c'est glauque, hein ? Si le groupe a décidé d'appeler l'album ainsi, c'est en partie parce que l'expression contenait leur nom, ce qui permettait de faire un coup double sur la pochette. Mais l'expression est très connue en Angleterre, aussi, tout le monde ou presque devait avoir compris la référence. L'album date de 1974, donc, et il offre 9 titres, pour un total de 42 minutes bien tassées, c'est un disque bien formaté. C'est un disque, aussi, franchement réussi, bien qu'un peu caricatural, et il faut s'accrocher pour pleinement apprécier, le timbre de voix du chanteur principal, Brian Connolly, étant très marqué, proche de celui des futurs chanteurs de hair-metal type Mötley Crüe ou Ratt. Précisons au passage que, suite à une blessure à la gorge durant l'enregistrement de l'album, Connolly ne chante pas sur tout, il a laissé le chant, étant en convalescence, à deux autres membres, le guitariste Andy Scott et le bassiste Steve Priest (citons aussi le batteur Mick Tucker et on aura cité tout le monde dans le groupe de l'époque). No You Don't, Into The Night et Restless sont les trois titres, ici, à ne pas être chantés par Connolly (et ce ne sont vraiment pas de mauvais morceaux). Rapport à cette blessure, aucune tournée ne sera effectuée pour le promotion de Sweet Fanny Adams

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Porté, dans certains pays (mais pas en Europe) par le single Peppermint Twist, reprise de Joey Dee & The Starlighters qui achève la première face avec humour et dérision, Sweet Fanny Adams marchera assez bien, le groupe ayant su profité de la vague glam (qui, cependant, en 1974, commençait à battre de l'aile) et les nouvelles sonorités, assez hard-rock, du groupe lui ont permis de surnager un peu. On notera avec amusement que le dernier titre de l'album s'appelle AC-DC, expression argotique anglophone basé sur l'électricité et signifiant à voile et à vapeur. Le groupe australien des frangins Young existait déjà en 1974, ils ne se sont donc pas appelés ainsi en allusion à la chanson de Sweet, mais la coincidence est amusante. L'album n'est pas immortel, mais il offre quelques chansons vraiment excellentes : Set Me Free, Heartbreak Today, Sweet F.A. et Into The Night sont vraiment géniales. Après, on a l'impression d'écouter du hair-metal avec une dizaine d'années d'avance, genre du Ratt en moins bourrin, mais très proche vocalement. C'est assez lourdaud parfois, caricatural aussi, mais plutôt jubiltoire, du bon glam-hard de l'époque, pas du révolutionnaire, ce n'est pas un des plus grands albums de ce genre musical, c'est assez daté aussi (il suffit de regarder le look des musikos pour se payer une hernie à force de rire comme un con), mais ce n'est absolument pas honteux. Quelues mois avant cet album, le groupe sortira un single (présent en bonus-track CD) qui marchera fort : The Ballroom Blitz. Aujourd'hui, c'est surtout pour cette chanson qu'on se souvient de Sweet, mais croyez-moi, cet album mérite aussi qu'on se souvienne d'eux pour ça !

FACE A

Set Me Free

Heartbreak Today

No You Don't

Rebel Rouser

Peppermint Twist

FACE B

Sweet F.A.

Restless

Into The Night

AC-DC