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Ce coffret de quatre vinyles (et de trois CDs) est impressionnant. Déjà, son artwork est aussi étonnant que franchement répulsif, qui aurait envie d'acheter un gros coffret avec cette tronche ahurie, assez mal dessinée de plus, sur la pochette ? Heureusement, les quatre disques qui occupent (avec un livret double page au format du coffret) ce coffret sont exemplaires. Il s'agit de la énième et probablement dernière mouture proposant les fameux concerts que Fleetwood Mac, un Fleetwood Mac alors au bord de l'implosion (je vais y revenir), a donné les 5, 6 et 7 février 1970 à la Boston Tea Party, une fameuse salle de concerts de Boston, USA. Il existe, depuis 1985, plusieurs versions, plus ou moins complètes, de ces shows. En 1998, il y à eu trois volumes séparés, en CD. Et en 2003, ce coffret de 3 CDs, et de 4 vinyles, qui proposent l'intégralité (enfin, pour le vinyle, presque : quelques titres du troisième show, sur le dernier disque, manquent à l'appel, mais ne manquent pas trop, au final) de ces performances remarquables. Le tout, sous un artwork douteux (chaque sous-pochette papier reproduit une partie de l'artwork ; en les joignant, on a donc une sorte de gros poster), donc, mais avec une qualité audio qui, à l'exception d'un ou deux titres (surtout un des titres de la face G, If You Let Me Love You), est tout bonnement exceptionnelle. Pour s'y retrouver : le premier disque et la première face du second proposent le premier show ; la seconde face du second disque et l'ensemble du troisième disque proposent le second show ; et le quatrième et dernier disque propose le troisième show. Pour des raisons d'agencement des faces et de durée des morceaux, certains titres ont été changés de place par rapport au tracklisting de la version triple CD (qui, de plus, propose quelques titres supplémentaires sur le dernier show, mais les deux autres shows sont sans oublis de titres sur le vinyle par rapport au CD). Voilà-voilà.

FM3

Dans une biographie (française) du groupe, Boston est considéré comme un des plus grands albums live de l'histoire du rock et de la musique en général. Est-ce exagéré ou totalement avéré, je vous laissera en juger à l'écoute, je suis personnellement totalement sous le charme de ce gros coffret à moitié officiel (il n'est pas édité par le label attitré du groupe, mais par Snapper/Madfish, mais il n'est pas renié par le groupe pour autant), et je pense que c'est un très, très grand live, ça c'est clair. Le groupe est à l'époque un quintet, constitué de Peter Green (chant, guitare), Jeremy Spencer (chant, guitare, piano), Danny Kirwan (guitare, chant, tout juste 19 ans), John McVie (basse) et Mick Fleetwood (batterie). Le groupe venait de sortir leur majestueux album Then Play On (1969) quand ils ont effectué ces shows. Peu après, Green, qui commençait à ne pas se sentir bien dans sa tête, quittera le groupe pour rejoindre une sorte de secte d'adorateurs du soleil, une connerie de ce genre, et il commencera aussi, lentement mais sûrement, à devenir dingue (il va mieux désormais, mais reste fragile). Spencer, qui était déja en retrait volontaire, partira après Kiln House en 1970 pour rejoindre une autre secte, dans laquelle il est toujours, Les Enfants De Dieu, secte chrétienne douteuse. Kirwan quittera le groupe en 1972 après Bare Trees, devenant progressivement fou, et serait par la suite, après une carrière solo discrète et sans succès, devenu à moitié SDF... Oui, ça fait beaucoup. 

FM4

Rien ne se ressent ici de la folie latente de Green, cependant, le groupe est soudé et livre des prestations éblouissantes, notamment deux versions d'à peu près 24 minutes (une face entière à chaque fois !) du truculent Rattlesnake Shake, le fameux morceau qui parle de se secouer le serpent à sonnette pour en faire gicler son blues. Une version époustouflante du dernier baroud d'honneur fleetwoodmacien de Green, The Green Manalishi (With The Two-Pronged Crown) que Judas Priest reprendra plus tard se trouve aussi sur ce coffret, en final du premier set, elle dure 13 minutes d'intensité. On a aussi Oh Well (sans la partie flamenco instrumentale), Coming Your Way (version étendue et instrumentale), Black Magic Woman (que Santana reprendra en 1970, et en fera un tube mondial), World In Harmony (face B du single The Green Manalishi), deux jams instrumentales dont une (Encore Jam, qui achève le second show) avec Joe Walsh (alors du James Gang) et Eric Clapton, et on a aussi pas mal de reprises de blues (Elmore James, une des idoles de Jeremy Spencer et d'une manière générale, du groupe, est à l'honneur), la plupart sont interprétées par un Spencer en forme, qui avait l'habitude de faire des mini-sets de son cru au milieu ou à la fin des concerts du Mac. Il avait l'habitude, aussi, d'imiter Elvis Presley au cours de prestations que Mick Fleetwood qualifiera de vaudelillesques, et qui duraient jusqu'à ce que le public en ait marre, ces prestations avaient en effet lieu juste après la fin du show 'classique'. Un soir (pas à Boston ; et d'ailleurs, en tout cas sur le vinyle, ne cherchez pas une imitation du King par Spencer, il n'y en à pas !), un spectateur se lèvera pour partir, pendant que Spencer faisait son Elvis de pacotille. Totalement dans son personnage, il vitupèrera le spectateur en lui disant Personne, je dis bien PERSONNE, ne se barre quand Elvis est sur scène, mon p'tit gars, alors assis ! Ambiance... Pour en revenir à ce quadruple Boston, Fleetwood Mac, qui n'existera plus très longtemps sous cette formation bluesy, y est en forme olympique. L'année suivante, avec l'arrivée du chanteur/guitariste Bob Welch (et de la claviériste et chanteuse Christine McVie, femme de John, courant 1970, même si elle a collaboré avec le groupe dès le deuxième album, en 1968), le groupe allait passer à du rock teinté de pop. Puis à de la pure pop à la californienne dès 1975 avec le départ de Welch et l'arrivée du couple Stevie Nicks (chant) et Lindsey Buckingham (chant, guitare), mais ça sera un Fleetwood Mac tellement différent qu'on a l'impression d'un tout autre groupe ! Les fans de la première époque (celle-ci) le sont rarement de la troisième (la période Welch étant la seconde, et elle compte totalement), et réciproquement. Personnellement, je fais exception, je suis fan de TOUT Fleetwood Mac ! Mais alors, de tout ! Et si vous aimez leur première période, ce Boston, si vous ne le connaissez pas encore, est hautement recommandé.

FACE A

Black Magic Woman

Jumping At Shadows

Like It This Way

Only You

FACE B

Rattlesnake Shake

FACE C

I Can't Hold Out

Got To Move

The Green Manalishi (With The Two-Pronged Crown)

FACE D

World In Harmony

Oh Well

Stranger Blues

Red Hot Mama

Teenage Darling

Keep A-Knocking

FACE E

Rattlesnake Shake

FACE F

Jenny Jenny

Encore Jam

FACE G

Jumping At Shadows

Sandy Mary

If You Let Me Love You

Loving Kind

The Sun Is Shining

FACE H

Coming Your Way

Madison Blues

Got To Move

Oh Baby

On We Jam