C1

Deux albums pour un seul article, un article pour les deux albums. Bah oui, parce que j'ai envie de dire (et d'ailleurs, je vais le dire, et même : je le dis) que si ces deux albums sont sortis séparément, et avec même deux années de décalage, ils sont à prendre comme un tout, et qu'il serait idiot de faire deux articles étendus séparés alors que je peux tout aborder d'un bloc. Surtout que l'article du second album serait probablement bien plus court que celui du premier : quand on y pense, difficile d'écrire deux fois la même chose sans donner l'impression d'une redite, et une fois qu'on a critiqué le volume 1, on peut remplacer les titres du volume 1 par ceux du volume 2 et conserver la même chronique. Car ce que je n'ai pas encore dit, c'est que ces deux albums live de Cream sont, à égalité, aussi bons l'un que l'autre, et ils sont, vraiment, très bons. C'est pas comme si Live Cream (1970) était bon et Live Cream Vol. II (1972) raté, non, les deux albums valent aussi bien le coup l'un que l'autre. Tout au plus peut-on dire du premier opus qu'il est moyennement généreux par rapport au suivant : il contient 5 titres dont un morceau studio alors inédit, et donc, seulement 4 enregistrés live. L'autre contient 6 titres (déjà un de plus) dont aucun n'est un enregistrement studio inédit. Chaque album dure 41 minutes, on a donc une heure vingt-deux minutes de bon gros son crémier comme on aime (un fan de rock, souvent, quand il connaît l'existence de Cream, aime ce groupe, je ne connais personne aimant le rock mais ne supportant pas Cream), et quand on sait qu'au moment de la sortie du premier volume la maison de disques avait déjà en sa possession ce qui fera le contenu du second volume, on se demande pourquoi ne pas avoir sorti un double live, direct.

C4

Mais avec Cream... Après tout, en 1970, juste avant Live Cream, la maison de disques, Polydor, avait sorti Best Of Cream (et sa pochette potagère), un court mais efficace best-of de 34 minutes. Et en 1972, après Live Cream Vol. II, Polydor sortira Heavy Cream, un double best-of du groupe, très généreux (22 titres...quand on sait que, sur les quatre albums studio du groupe, on compte 40 titres, en comptant les 4 titres du disque live du double Wheels Of Fire, on se dit que oui, Heavy Cream est généreux !). Quand on sait qu'entre les deux best-ofs, rien de neuf ne sortira de la part du groupe, séparé avec perte et fracas en 1969 et ayant livré Goodbye en cette même année comme solde de tout compte, on se dit que déjà, à l'époque, les record companies aimaient brasser le bon gros pognon et prendre les fans pour des vaches à lait. Mais les vaches à lait de 2018 sont mieux loties que celles de 1970/1972 : on trouve ces deux albums en CD, sur le Net ou en magasin, à des prix généralement très agréables, genre 7 €. J'ai même chopé une réédition vinyle de chacun de ces deux opus à 9,99 € pièce ! Je n'allais pas dépenser des thunes et des thunes pour un pressage original bien plus cher, ces deux lives sont vraiment excellents, et j'adore Cream, mais je préfère dépenser mon argent pour quelque chose qui, vraiment, en vaut la peine, quand on parle de vinyle. Ces deux lives ne proposent pas des performances issues d'un seul et même show. Cependant, si on met de côté le morceau studio inédit (Lawdy Mama, un air traditionnel maintes fois repris, ici joué avec la piste instrumentale de Strange Brew, morceau enregistré en 1967 - comme Strange Brew, d'ailleurs), tout date de 1968. 

C6

Mais pas du même concert, donc. Ceci dit, les concerts des 9 et 10 mars au Winterland Ballroom de San Francisco sont utilisés pour les deux albums : Sleepy Time Time du premier opus et Sunshine Of Your Love du second sont du 9 mars, et N.S.U. et Sweet Wine du premier opus et Tales Of Brave Ulysses et Steppin' Out (titré avec erreur Hideaway sur le vinyle d'époque) du second volume sont du 10 mars. Un morceau du premier volume, Rollin' And Tumblin', est issu d'un concert donné le 7 mars 1968 au Fillmore West de San Francisco, et les trois premiers titres du second volume, Deserted Cities Of The Heart, Politician et White Room (trois morceaux de l'album Wheels Of Fire) datent d'un concert donné le 4 octobre 1968 à l'Oakland Coliseum Arena. Ces trois titres qui ouvrent Live Cream Vol. II sont plus récents que le reste pour la simple et bonne raison que lorsque Cream avait donné ses concerts de mars, ils (ces trois morceaux) n'avaient pas encore été enregistrés, Wheels Of Fire a été commercialisé en juillet 1968. Précisons que le disque live de Wheels Of Fire proposait déjà des morceaux (pas les mêmes que ceux présents sur les deux lives) des concerts des 7 et 10 mars 1968. Dans l'ensemble, ces morceaux, parfois longs (Sweet Wine dure 15 minutes, Steppin' Out 13, N.S.U. en dure 10, et beaucoup d'autres morceaux atteignent les 6 ou 7 minutes ; il n'y à que respectivement 5 et 6 titres par album, je le rappelle), sont excellents (la prise de son est remarquable pour Live Cream et moins bonne pour Live Cream Vol. II il faut le signaler), le groupe était en forme, on prend beaucoup de plaisir à écouter Live Cream et Live Cream Vol. II, deux acquisitions indispensables pour tout fan du groupe, ou tout simplement d'Eric Clapton. Du bon gros rock un peu heavy, un peu psyché, assez bluesy, parfaitement représentatif de son époque, joué par un des meilleurs groupes de rock de tous les temps, association de trois musiciens exceptionnels (Clapton, le bassiste/chanteur Jack Bruce, le batteur Ginger Baker). 

Live Cream : 

FACE A

N.S.U.

Sleepy Time Time

Lawdy Mama

FACE B

Sweet Wine

Rollin' And Tumblin'

Live Cream Vol. II : 

FACE A

Deserted Cities Of The Heart

White Room

Politician

Tales Of Brave Ulysses

FACE B

Sunshine Of Your Love

Steppin' Out