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A celles et ceux qui commenceraient à se dire S'il me parle encore une fois, une SEULE fois, d'Alice Cooper, je lui fait bouffer son blog, même si ça sera difficile de faire bouffer quelque chose d'immatériel, mais tant pis, j'imprime TOUTES les pages du blog, et je les lui fait bouffer, rassurez-vous. Encore deux jours en comptant celui-là, bref, deux articles, deux albums, et c'est fini. J'avoue, ça aura été long, et pas forcément toujours passionnant, le Coop' ayant livré plus qu'à son tour des albums absolument imbitables, comme les trois précédents, ceux de 1980, 1981 et 1982, que j'ai abordés récemment. Mais en 1983, bien qu'étant toujours accro à la coke et ayant même replongé dans la bibine (au point qu'il ne se souvient absolument pas d'avoir enregistré cet album, comme les précédents, mais celui-ci, sans doute encore moins que les autres), Alice Cooper, qui retrouve son producteur légendaire Bob Ezrin pour la peine, va quand même réussir, pas totalement mais en partie, à accoucher d'un album potable. Sorti sous une pochette reprenant quelque peu un tableau du surréaliste Salvador Dali (qui montre, en trompe l'oeil, le portrait de Voltaire), l'album doit son nom à un mouvement surréaliste, et s'appelle DaDa. Il dure 43 minutes (son album le plus long depuis From The Inside, mais en réalité, DaDa est le premier album du Coop' à atteindre les 40 minutes depuis Lace And Whiskey) contient quelques chansons vraiment remarquables.

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Bon, il contient aussi quelques trucs vraiment pas bons, et même une des pires, parmi les pires, chansons d'Alice : Dyslexia. Là, c'est tellement pourri, tellement atroce, tellement lourd, que c'est inhumain. L'album a été donc produit par Ezrin (qui joue de quelques claviers : du Fairlight, et même un peu de batterie et de percussions !), et les musiciens sont Dick Wagner (guitare, basse, choeurs), Prakash John (basse), Graham Shaw (claviers), John Anderson (batterie) et, sur quelques titres, aussi à la batterie, Richard Kolinka, le batteur de Téléphone. Un Frouze chez le Coop', voilà de quoi être surprenant ! Je n'ai d'ailleurs pas résisté à mettre le nom de Kolinka dans les tags, non pas qu'il faille, pour le disque, le mettre en avant (je ne sais pas sur quels morceaux il joue, j'espère qu'il ne joue pas sur Dyslexia, car ce morceau est une honte), mais rien que pour le plaisir. L'album sera qualifié, par Alice, dans une interview tardive, de disque qu'il trouve, personnellemnt, flippant, pas rapport à sa musique ou ses textes, mais parce qu'il n'a aucun souvenir de l'avoir fait, et qu'il ne sait absolument pas de quoi parlent les chansons ! C'est dire dans quel état il se trouvait à l'époque ! Mais je l'ai déjà dit, donc passons. L'album est étrange, déjà sa pochette et son titre...mais musicalement, Alice s'est éloigné de ses dérives new-wave pourries des précédents opus (vous n'avez jamais écouté Flush The Fashion et Zipper Catches Skin ? Restez comme vous êtes, changez rien) pour passer au rock orchestral.

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C'est toi qu'a piqué ma bouteille de whisky ?

L'album n'est absolument pas parfait, cette production très chargée ne fonctionne donc absolument pas sur Dyslexia, ainsi que sur l'intro instrumentale étrange (et un peu angoissante, avec cette voix de petite fille, celle d'Ezrin, répétant le titre de l'album) DaDa. Fresh Blood, un peu funky, est moyenne. Mais, mais, mais, au milieu de tout ce fatras daté, on a trois immenses morceaux, et là, je n'exagère pas : No Man's Land, I Love America (chanson hilarante dans laquelle Cooper se paie son propre pays ; oubliez la chanson de Patoche Juvet, hein, mis à part le titre, ça n'a rien à voir) et la conclusion de l'album, Pass The Gun Around, un des, allez, 10 meilleurs morceaux de toute la carrière d'Alice Cooper (et pas en dixième position), que je range aux côtés, donc, de School's Out, I'm Eighteen et From The Inside, carrément, et sans honte de ma part. Rien que pour ces trois chansons parsemées sur tout l'album (deux d'entre elles sont cependant sur une face B nettement meilleure que la A), DaDa vaut absolument au moins une ou deux écoutes. DaDa n'est donc pas un grand album, mais après une telle trilogie de merdes, c'est quand même un disque intéressant. Bien entendu, le succès sera nul, l'album se vautrera, et Alice mettra 3 ans avant de refaire un disque, ayant entre temps changé de maison de disques et retrouvé un peu sa forme (il profitera de ces trois ans pour devenir totalement et définitivement sobre, il milite désormais contre l'usage de l'alcool et de la drogue), ainsi que son style musical (hard-rock trash) habituel. Je n'aborderai pas ces albums suivants, souvent très bons (Hey Stoopid, Trash que j'ai déjà abordé ici il y à longtemps), sauf pour un, de 2011, mais j'en reparle demain en guise de clôture du cycle. 

FACE A

DaDa

Enough's Enough

Former Lee Warmer

No Man's Land

Dyslexia

FACE B

Scarlet And Sheba

I Love America

Fresh Blood

Pass The Gun Around