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En 1968, les deux premiers opus de Deep Purple n'avaient pas vraiment affolé les foules, hormis le petit hit mineur Hush sur le premier opus. A l'époque avec le chanteur Rod Evans, le groupe semble s'être spécialisé dans un rock psychédélique et progressif, assez baroque, teinté de hard-rock, mais au final, si peu par rapport à ce qu'ils feront par la suite. En 1969, le groupe, toujours produit par Derek Lawrence, enregistre son troisième album, 44 minutes (et 8 titres) qui sortiront sur le label Harvest en Europe, et Tetragrammaton aux USA, label ayant fait faillite au moment de la sortie de l'album, ce qui fait qu'une édition américaine originale de cet album est aujourd'hui très courue, car rare. Et donc chère. Deep Purple, tel est le nom de ce troisième album, et dernier de la formation originelle. Peu après, Nick Simper (basse) et Rod Evans partiront, et seront remplacés par Roger Glover (basse) et Ian Gillan (chant). L'album suivant sera la plaisanterie classicale Concerto For Group And Orchestra, une idée du claviériste Jon Lord qui foutera quasiment le groupe en faillite avant qu'ils ne se ressaisissent via In Rock en 1970, leur premier disque de hard-rock pur et dur. Mais c'est une autre histoire, on est ici pour parler de Deep Purple, troisième album du groupe, sorti en 1969 sous une belle pochette reprenant un tableau de Jérôme Bosch, sur lequel le groupe, au même titre que les Pogues 16 ans plus tard sur la pochette de leur Rum, Sodomy & The Lash et le tableau de Géricault, se sont représentés. Le tableau de Bosch est la partie consacrée à l'Enfer de son "Jardin Des Délices". Le tableau originel est en couleurs. 

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La pochette est agencée de telle sorte que le nom du groupe apparait sur le côté gauche (bref, le visuel tout en haut doit être tourné vers la gauche), et la pochette est dépliante en deux volets. L'image ci-dessus montre les deux volets, mais posés l'un à côté de l'autre, pas la pochette telle qu'elle apparaît réellement. C'est très certainement une photo du livret CD. Musicalement, l'album est très proche, avec ses 8 titres (dont un, April, de 12 minutes), du précédent, The Book Of Taliesyn, mais est un peu plus heavy et aventureux. On n'est pas encore en face d'un disque de vrai hard-rock ,et d'ailleurs, malgré le tag, je ne classe pas ce disque dans cette catégorie, mais on s'en rapproche quand même un peu plus. L'album offre une reprise de la chanson Lalena du folk-singer Donovan (correcte, mais sans plus), le reste, souvent inspiré par la musique classique (April, en plusieurs parties), est signé du groupe. A sa sortie, l'album sera magistralement ignoré par une bonne partie de la presse spécialisée américaine (en Angleterre, ce fut un peu mieux), aucun hit sur l'album, aucun classique, mais on trouve quand même de très bons morceaux, comme Chasing Rainbows, Bird Has Flown, une bonne partie de April et Blind (écrit par Lord). 

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Je suis même un peu plus fan de ce Deep Purple vraiment bien foutu (mais pas un chef d'oeuvre, il sonne quand même assez daté par endroits) que du précédent opus qui était déjà, j'ai eu l'occasion de le dire il y à quelques jours, plus que correct. Bien entendu, ce n'est pas comparable avec les albums suivants, à croire que malgré que trois musiciens, ici, seront de l'aventure des albums suivants (et non des moindres : le guitariste, le claviériste, le batteur, qui n'a, lui, jamais quitté le groupe est y est toujours), il ne s'agit pas du même groupe. C'est vraiment difficile de pleinement aimer ces trois premiers albums, malgré qu'ils offrent déjà des bases du son, quand on est fan de la péride 1970/1975 (voire au-delà). Mais malgré la carence en hits et un côté très daté, proche des albums des Moody Blues ou Vanilla Fudge, ce troisième opus de Deep Purple est une assez bonne surprise, bien mieux considérée de nos jours qu'autrefois. Pas un essentiel, mais un fan du groupe devra, tôt ou tard, passer par son écoute !

FACE A

Chasing Shadows

Blind

Lalena

Fault Line

The Painter

FACE B

Why Didn't Rosemary ?

Bird Has Flown

April