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Décidément, les années 80 n'étaient pas terribles pour Alice Cooper. Pas que pour lui, en même temps : Bowie, Lou Reed, les Stones, Bob Dylan, Neil Young, AC/DC (à partir de 1985), George Harrison (sauf en 1987) ont sorti des albums vraiment médiocres durant les années 80. Alice n'a pas fait exception à la règle. Après un Flush The Fashion épouvantable en 1980 (disque raté de rock new-wave à tendance vaguement hard-rock), un Alice Cooper totalement sous l'emprise de la cocaïne, et ayant peut-être même replongé dans l'alcool a sorti, en 1981, son 13ème album studio en 12 ans de carrière (ce qui est tout de même pas mal). Sorti sous une pochette des plus étranges représentant un portrait sous cadre d'un Alice méconnaissable et outrancièrement maquillé comme un vieux gigolo punk, portrait posé sur un sol moquetté rouge, contre un mur bleu, et avec deux épées entrecroisées au premier plan (what the fuck ?), l'album dure 35 minutes (à deux secondes près) et contient 10 titres (la première édition de l'album indiquait un onzième titre, royalement et même impérialement absent de toute édition de l'album, Alice l'a retiré de l'album au dernier moment, estimant que la chanson n'allait pas bien avec le reste de l'album). La chanson s'appelait Look At You Over There, Ripping The Sawdust From My Teddy Bear. Quel titre de chanson à la con... L'album, lui, s'appelle Special Forces.

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L'album a été produit par Richard Podolor (ne me demandez pas qui sait, je ne sais pas, même si j'ai noté, sur le Net, qu'il a produit du Iron Butterfly, du Steppenwolf et du Dwight Twilley, il bouffe à tous les râteliers) et fait partie des albums que, suite à ses addictions de l'époque, Cooper ne se souvient absolument pas avoir enregistré et défendu sur scène (il l'a fait pour ce disque, pas pour les deux suivants, au passage). L'album contient une version live de son Generation Landslide, chanson issue à la base de Billion Dollar Babies (1973). La qualité audio est correcte, mis l'interprétation, un peu hésitante, on sent qu'Alice n'était pas dans sa meilleure forme et période. Seven & Seven Is, quant à elle, est une reprise de Love, groupe de rock psychédélique américain, et cette reprise est totalement ratée, le morceau, bidouillé à l'extrême, est littéralement méconnaissable. Le reste est constitué de chansons inédites qui, dans l'ensemble, ne valent pas tripette. Retrouvant ici un son plus hard-rock que sur le précédent album (et même les trois précédents albums), Alice n'est pas en forme, et si Who Do You Think We Are et Skeletons In The Closet sont sympathiques, le reste, comme Prettiest Cop In The Block, Vicious Rumours et You Want It, You Got It, fait sincèrement de la peine.

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Les musiciens qui accompagnent le Coop', ici, sont tout sauf des pointures : Duane Hitchings (claviers), Craig Kampf (batterie), Erik Scott (basse), Mike Pinera et Danny Johnson (guitares), on a aussi Flo & Eddie aux choeurs. Les noms de ces musiciens de seconde zone, peu talentueux, en dit long sur l'étendue de la déchéance de l'ancienne gloire du shock-rock, qui est ici dans une période tellement noire qu'à côté, tout paraîtrait rose pour n'importe qui. Pour promouvoir cet album, Alice fera, en France, une émission de TV, devenue culte chez les fans, Alice Cooper In Paris, au cours de laquelle, dans divers endroits (pas forcément les plus touristiques) de la capitale, il livrera des prestations à l'avenant des chansons de cet album, mais aussi et surtout des anciennes chansons, le tout durant trois quart d'heure. C'est probablement la seule chose à retenir de la période de Special Forces. On passe ? Comme vous voulez, d'autant plus que l'album suivant (demain !) a le mérite d'être encore pire...Allez, courage...

FACE A

Who Do You Think We Are

Seven & Seven Is

Prettiest Cop In The Block

Don't Talk Old To Me

Generation Landslide '81 (Live)

FACE B

Skeletons In The Closet

You Want It, You Got It

You Look Good In Rags

You're A Movie

Vicious Rumours