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Quasiment tous les albums du Pourpre Profond sont sur le blog. Les autres le seront un jour ou l'autre, et rien qu'aujourd'hui, en voici un, leur deuxième album (et pour le moment, le plus ancien que j'aborderai, du groupe). Le groupe est ici au début de leur carrière, et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce début de carrière (la formation dite Mark I, ou MkI) ne ressemble en rien à ce qui sera le futur du groupe (dès la fin de l'année suivante) ! Shades Of Deep Purple, le premier opus, sous sa pochette très Animals/Them, date de 1968. Le groupe est alors constitué de Rod Evans (chant), Ritchie Blackmore (guitare), Nick Simper (basse), Jon Lord (claviers) et Ian Paice (batterie), formation qui ne bougera pas tout du long des trois premiers albums du groupe. En mi 1969, Simper et Evans seront respectivement remplacés par Roger Glover et Ian Gillan, et le groupe entrera dans une autre dimension. Mais en attendant, ce n'est pour ainsi dire pas le même Deep Purple. D'ailleurs, j'ai bien du mal à les reconnaître, comme quoi, un chanteur différent, ça change pas mal ! Mais musicalement parlant, le Pourpre des premiers albums est une sorte de groupe de rock psychédélique un peu baroque à la Moody Blues. Le premier album offrait un petit hit (Hush, une reprise de Joe South) et un morceau du nom de Mandrake Root qui, en live, jusqu'à 1970 environ, sera prétexte à de grandes envolées, le morceau atteignant souvent la demi-heure (contre 6 dans sa version studio). Un peu plus tard en 1968, le groupe enregistre son deuxième album.

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Verso de pochette

Le voici, sous sa sublime pochette très progressive signée John Vernon Lord (aucun lien avec Jon Lord), un illustrateur pour la jeunesse. Long de 44 minutes (comme le précédent, et comme le suivant !), il s'appelle The Book Of Taliesyn et offre 7 titres en tout. Parmi eux, Wring That Neck ('tords ce cou') qui sera renommé Hard Road aux USA, le titre original du morceau étant jugé agressif... Ce morceau aussi, en live, sera prétexte à des débordements de plusieurs dizaines de minutes, jusqu'à 1971. Il en dure 5 sur l'album studio...Un morceau très bon, comme, d'ailleurs, l'ensemble de ce deuxième album, aujourd'hui nettement mieux considéré qu'il y à quelques années. En 1968, l'album marchera correctement, il était quelque part encore dans l'air de son temps, mais rapidement, Deep Purple passera à autre chose, et inutile de dire que ces premiers albums sonneront rapidement fadasses à côté des futurs In Rock et Machine Head. Ce n'est vraiment pas comparable. Ici, on a une sorte de mixture de rock psychédélico-progressif baroque, un peu de hard-rock (mais si peu que, bien que mettant 'hard-rock' dans les tags, je ne place pas l'album dans cette catégorie) et pas mal de classique, via les arrangements de Jon Lord. Exposition, le quatrième titre (en réalité, la première partie de la quatrième plage audio), est un instrumental qui démarre par une adaptation, non créditée, de la Septième Symphonie de Beethoven, avant d'obliquer vers autre chose (et de céder la place, dans sa deuxième partie, à la reprise du We Can Work It Out des Beatles, si si !).

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Niveau reprise, celle du River Deep, Mountain High d'Ike & Tina Turner (enfin, écrite parBarry, Greenwich et Phil Spector pour le couple soul, en 1966), longue de 10 minutes et achevant l'album, est une tuerie dans son genre. C'est le meilleur morceau d'un album assez daté par moments, et vraiment trop différent de ce que le groupe nous habituera dès 1970, mais quand même très loin d'être négligeable et surtout, loin d'être foiré. C'est parfois assez maladroit, c'est vrai (Shield, We Can Work It Out), un peu pompier (Exposition, première des incursions guitaristiques de Blackmore dans le classique, ou plutôt, une des premières, lui qui, par la suite, avec Rainbow, reprendra la Neuvième Symphonie de Beethoven en version hard-rock), mais bien enregistré (bonne production de Derek Lawrence, déjà producteur du précédent, et qui produira aussi le suivant) et bien joué. The Book Of Taliesyn est donc un cru correct, à part (tout comme les deux albums qui le sandwichent dans la discographie du groupe, je vais bientôt aborder le suivant, probablement demain) et bien ancré dans son époque. Aucun classique immortel, mais de bons morceaux dans l'ensemble. A mes yeux, et surtout mes oreilles, l'album suivant, qui s'appelle d'un simple Deep Purple (mais la pochette ne sera, elle, pas aussi sobre), plus aventureux, est aussi plus réussi. A noter, anecdote finale, que le nom de l'album, The Book Of Taliesyn, vient d'un livre anglais du 14ème siècle, le Livre de Taliesin, comprenant quelques uns des plus anciens poèmes gallois de l'Histoire. Ca me semble cependant être (le titre, et le côté médiéval de l'illustration) la seule référence au Moyen-Âge sur l'ensemble de l'album, aucune chanson ne s'appelant ainsi. 

FACE A

Listen, Learn, Read On

Wring That Neck

Kentucky Woman

a) Exposition

b) We Can Work It Out

FACE B

Shield

Anthem

River Deep, Mountain High