AC34

Le fond du seau à merde est ici atteint, pour beaucoup de fans. En fait, Flush The Fashion ('tirez la chasse d'eau sur la mode', ou 'aux chiottes la mode' pour faire plus court) est tellement embarrassant, gênant, qu'on évite souvent d'en parler. C'est vraiment difficile de se dire que c'est bien le même Alice Cooper, le même Vincent fucking Furnier, qui a enregistré ce disque dont le seul point positif à tirer est sa courte durée : 28 minutes. Oui, même pas une demi-heure pour ce disque produit par Roy Thomas Baker (Queen, les Cars...) et sorti, comme il est indiqué sur sa pochette qui le dit fièrement, en 1980. La mention '80 à côté du nom d'Alice Cooper signifierait apparemment qu'Alice avait sérieusement l'intention de passer à autre chose, ceci est le nouvel Alice, celui des 80's, et à l'écoute du disque, deux choses sont sur les lèvres de tout le monde : oui, on se rend bien compte que cet Alice Cooper n'a plus grand chose à voir (la voix excepté, elle n'a pas changé) avec celui de Killer et de Welcome To My Nightmare. Et la seconde chose qu'on a sur les lèvres, c'est que l'ancien Alice revienne ! Pour tout dire, il paraît que le Coop' était dans un tel état qu'il ne se souvient plus de l'enregistrement de la triplette d'albums faits à partir de celui-ci, et comment dire, euh, c'est assez miséricordieux de la part de son cerveau de le laisser dans un tel blank de trois ans.

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L'album a été enregistré à Los Angeles avec Davey Johnstone, Fred Mandel (guitares, tous deux, et claviers en plus pour le second), Dennis Conway (batterie), John LoPresti (basse) avec, notamment, Flo & Eddie, alias Mark Volman et Howard Kaylan (Turtles, Zappa) aux choeurs. La pochette recto montre le titre de l'album, comme gravé sur un mur, on voit des traces de sang (la sous-pochette propose les paroles, recouvertes de grosses marques sanglantes), et quant au verso, comment dire...regardez la photo ci-dessus, c'est le verso. Une photo noir & blanc d'Alice devant un grillage (la sous-pochette propose une variante issue de la même session, il tient sa baguette entre les dents), et rien qu'à regarder Alice, on sent qu'il ne va pas bien..du...tout. Regard paumé et à moitié mort, à moitié fermé, visage blafard, émacié, corpulence quasi inexistante... Ca fait mal de le regarder comme ça, on sent toute sa détresse morale. Il essaie de prendre un regard dur, genre mauvais garçon de cité qu'on croiserait un soir dans la rue et qui en profiterait pour nous agresser, mais l'effet est raté, on a juste l'impression qu'il va s'effondrer.

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Musicalement, cet album, qui sera, aussi curieux que ça puisse paraître, le plus gros succès commercial du Coop' depuis Alice Cooper Goes To Hell en 1976, est une purge qui s'apparente plus à la new-wave vaguement rock qu'au hard-rock, en fait. Oui, new-wave. On a énormément de claviers ici, plus que d'ordinaire, et les guitares sont en retrait. Les chansons parlent de folie, de perte de contrôle et d'identité (Clones (We're All), Pain, Headlines), Talk Talk est une reprise, et si certaines chansons (Clones (We're All) et Pain) peuvent surprendre et plaire à la première écoute, elles lassent très vite et ne font de toute façon absolument pas partie des meilleures chansons du Coop'. Entre les arrangements new-wave hors de propos (une tentative de surfer sur la vague qui, de la part d'Alice, est mal venue, c'est vraiment pas le style musical qui lui correspond le mieux), les chansons médiocres, un Alice en sale état et une durée outrancièrement ridicule (28 minutes), Flush The Fashion est un album à oublier, charitablement. Dire que les albums suivants (attendez de voir demain !!) ne seront pas mieux...

FACE A

Talk Talk

Clones (We're All)

Pain

Leather Boots

Aspirin Damage

FACE B

Nuclear Infected

Grim Facts

Model Citizen

Dance Yourself To Death

Headlines