JJ4

Encore un peu de  J.J. Cale au milieu de l'ouragan Alice (un ouragan de force 100). Après le grandiose Naturally en 1972 et le franchement super bon Really en 1973, ce troisième album est sorti en 1974, toujours sur le label Shelter Records aux USA, et toujours produit par Audie Ashworth, et toujours avec une durée rikiki en dépit de ses 12 titres : 29 minutes, record battu. Cet album s'appelle Okie, surnom donné aux natifs de l'Etat de l'Oklahoma, et J.J. Cale est justement né à Oklahoma City. Cet album sorti sous une très belle pochette au design rappelant celle de Naturally (et qui change du modernisme raté de la pochette de Really) a été enregistré en divers endroits : la maison de J.J. à Tulsa (Oklahoma), le Woodland Studio de Nashville, Tennessee, le Columbia Studio B dans la même ville, et la Bradley's Farm de Mount Juliet, dans le Tennessee encore une fois. J.J. Cale s'entoure encore une fois d'une pléïade de musiciens qui, bien souvent, ne jouent que sur un ou deux titres : Tim Drummond, George Tidwell, Dennis Goode, Reggie Young. Peu de musiciens connus, Drummond excepté.

JJ5

L'album a été enregistré sur une période de 8 mois, de mai à décembre 1973, pour sortir en avril. J.J. Cale bosse lentement, calmement, posément même, il a toujours pris son temps (en 40 ans de carrière, il ne sortira que 14 albums solo studio ; je dis 'que', car en autant de temps, d'autres artistes en auraient sorti une trentaine), et comme à son habitude, c'est un petit bout par ci, un petit bout par là, on arrange le tout, on mixe, et on se retrouve avec un album. Les chansons sont courtes (la plus longue fait 3,20 minutes, c'est le génial Anyway The Wind Blows, sans doute la plus connue de l'ensemble) mais dans l'ensemble absolument sublimes dans leur genre, du blues-rock pépère, rustique, sans artifices aucun mais parfois avec des cuivres. On notera Crying, Okie, Cajun Moon, Starbound, The Old Man And Me...

JJ6

Okie, dernier volet d'une trilogie inaugurale, est un très très bon opus de J.J. Cale, sans doute un de ses meilleurs. J.J. va commencer à devenir de plus en plus populaire (en France, notamment, il a toujours très bien vendu ses disques), ses albums suivants seront pour certains excellents (Troubadour, 5, To Tulsa And Back), parfois inégaux et un peu ratés (Shades, Grasshopper, N°8), mais on y trouvera toujours la J.J. Cale's touch, cette voix inimitable et voilée, cette guitare sublime, tant acoustique qu'électrique (c'était un guitariste exceptionnel dans son domaine, l'égal de son ami Eric Clapton qui participera beaucoup à sa popularité). Pas grand chose de plus à dire (chronique courte, désolé) au sujet de ce troisième opus, très court mais excellent, de Cale. Il est aussi chaudement recommandé que les deux précédents, et forme avec eux quelque chose comme 90 minutes de musique absolument intemporelle et inoubliable, qui fait du bien par où elle passe, de temps en temps, même si Naturally reste le sommet des trois !

FACE A

Crying

I'll Be There (If You Ever Want Me)

Starbound

Rock And Roll Records

The Old Man And Me

Everlovin' Woman

FACE B

Cajun Moon

I'd Like To Love You Baby

Anyway The Wind Blows

Precious Memories

Okie

I Got The Same Old Blues