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Si je sais que mon avis sur la pochette de Welcome To My Nightmare (je la trouve moche) n'est généralement pas celui de tout le monde, je pense en revanche que beaucoup de monde pensera comme moi pour le coup : celle de cet album d'Alice Cooper, son album suivant, sorti en 1976, est, elle, vraiment moche. Ces teintes rouge et jaune pour le fond, cette couleur verdâtre glauque pour le visage du Coop', cette expression à la fois comique et grotesque sur son visage... Vraiment, Alice Cooper Goes To Hell, son deuxième album solo, et son neuvième album en 8 ans, ne donne pas spécialement envie qu'on se penche dessus, à regarder son artwork. Ca serait faire une grave et grossière erreur de jugement, car si la pochette est quelque peu rebutante, le contenu musical, lui (11 titres, 43 minutes), est absolument dantesque. L'album est encore une fois produit par Bob Ezrin, qui joue un peu de claviers par la même occasion, et on retrouve plusieurs des musiciens de Welcome To My Nightmare : les guitaristes Steve Hunter et Dick Wagner, le bassiste Tony Levin. La batterie est tenue par Allan Schwartzberget Jim Gordon, la basse par Bob Babbitt également en plus de Levin (Levin joue sur tous les titres sauf le premier, en fait), et on a Jimmy Maelen aux percussions. Quant à la pochette, moche comme je l'ai dit, elle montre un Alice de la période Billion Dollar Babies plutôt que de la période de l'enregistrement de ce nouvel album. 

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Très orchestré (Ezrin, évidemment, a souvent eu la main lourde avec ses production, et avec le Coop', il ne se gênait pas pour forcer la dose, vu qu'avec le Coop', plus c'est épais, plus c'est lourd, mieux c'est), Alice Cooper Goes To Hell est donc une sorte de concept album, encore une fois, et une suite (in)directe au précédent album. Sous-titré a bedtime story ('une histoire à écouter à l'heure du coucher') sur sa sous-pochette proposant heureusement les paroles, l'album reprend le personnage de Steven, le gamin piégé dans son propre cauchemar dans l'album précédent. Cependant, le concept est essentiellement musical, même en se penchant sur les paroles, on a un peu de mal à saisir l'histoire. Je mets 'album concept' dans les tags en bas d'article comme il se doit, mais c'est, dans ce registre conceptuel, plutôt raté, en fait. Brouillon. Léger, quoi. Mais musicalement, l'album aligne les merveilles, du Go To Hell inaugural, très orchestré, au Going Home final, digne du final d'une comédie musicale sur un voyage temporaire en Enfer. Une visite guidée des lieux. L'album offre notamment un Guilty infernal, un I Never Cry magnifique dans lequel il aborde sans concessions ses problèmes personnels (l'alcool), un You Can Dance quasiment disco, le génial et drôle Give The Kid A Break ('laissez le gamin respirer'), le saisissant I'm The Coolest, le plutôt délicat (venant de sa part, c'est étonnant) Wake Me Gently et son intro étonnante...

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Publicité d'époque

C'est bien simple, rien n'est à jeter sur ce disque de 1976, dont la tournée sera annulée (avant qu'elle ne débute) en raison de problèmes de santé d'un Alice Cooper anémique. Quand je disais plus haut que la pochette de l'album le montrait datant de 1973 plutôt que de 1976, c'est parce qu'en 1976, au moment de l'enregistrement de l'album, il n'était pas, physiquement, en aussi bon état que trois ans plus tôt, l'alcool, les drogues et la fatigue ayant bien miné son état. Le Coop', après la tournée de son album suivant Lace And Whiskey (que j'aborde demain), fera une cure de désintoxication dans un hôpital psychiatrique, expérience qui lui apportera de quoi faire un album entier sur le sujet (From The Inside en 1978). S'il guérira quelque peu de son alcoolisme, ça sera pour plonger plus facilement dans la drogue dure, et musicalement, ça s'en ressentira. Si on met de côté From The Inside, Alice Cooper Goes To Hell est son dernier grand disque pour une période de, disons, 13 ans, il faudra ensuite attendre le très hard-FM Trash en 1989 (abordé ici il y à longtemps) pour que le Coop' soit à nouveau en forme et ne livre un album de qualité. Voilà qui spoile un peu ce que je pense des albums suivants (je m'arrêterai à DaDa, même si j'aborderai aussi son disque de 2011) ! En attendant, voici un des meilleurs crus du shock-rocker, en attendant l'année suivante, celle d'un de ses pires albums, et de son pire album pour l'époque, mais ça, j'en reparle demain...

FACE A

Go To Hell

You Can Dance

I'm The Coolest

Didn't We Meet

I Never Cry

FACE B

Give The Kid A Break

Guilty

Wake Me Gently

Wish You Were Here

I'm Always Chasing Rainbows

Going Home