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Creedence Clearwater Revival était un des groupes de rock les plus populaires des années 60/70, aussi bien dans leur pays (USA) qu'en Europe et d'une manière générale, dans le monde entier. C'est aussi un groupe ayant une discographie quasiment parfaite (et assez expédiée : trois albums en 1969, et le groupe a cessé son activité en 1972 après avoir sorti, en tout, sept albums studio), il n'y à, de leur sept albums, que deux qui ne soient pas bluffants. Le dernier en date, déjà, Mardi Gras, que j'aborderai ici prochainement (ainsi que Pendulum, leur précédent), et qui est tout simplement inepte, une vraie daube qui n'a trompé personne à sa sortie et constitue une triste épitaphe pour un groupe séparé dans une quasi-haine (John Fogerty, pour des raisons personnelles, s'étant fait financièrement enculer par son producteur Saul Zaentz, refusera, pendant une quinzaine d'années, si ce n'est plus, de reprendre, sur scène ou en album, la moindre chanson du répertoire de son ancien groupe). L'autre album qui n'est pas exceptionnel, mais ce n'est pas comparable avec Mardi Gras quand même, c'est le premier opus du groupe, éponyme, Creedence Clearwater Revival donc, qui est sorti en 1968 sous une pochette bleue et photographique criarde (diffiicle de lire le nom du groupe, surtout le dernier mot). Le groupe est alors constitué, et ça sera le cas sur l'ensemble de leur carrière, Mardi Gras excepté, de John Fogerty (chant, guitare), de son frangin Tom (guitare rythmique, qui partira après Pendulum, laissant le groupe en trio), de Stuart 'Stu' Cook (basse) et Doug 'Cosmo' Clifford (batterie). 

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Au moment de sortir ce premier opus, court comme il se doit (si on met de côté Cosmo's Factory et Pendulum qui atteignent la quarantaine de minutes, aucun album de CCR ne dépasse les 33 minutes de compteur) car il dure, pour 8 titres, 33 minutes, Creedence Clearwater Revival n'est rien. Un obscur groupe venant de trouver son nom définitif, et qui tournait autrefois dans les petits clubs (ayant sorti quelques singles oubliés) sous des noms tels que The Golliwogs. Ce premier album, bien qu'imparfait, et vraiment pas comparable avec les suivants (rien que le suivant, Bayou Country, en 1969, est cent fois supérieur), offre cependant déjà quelques gros classiques : Walk On The Water (que Richard Hell & The Voidoids, groupe punk, reprendra en 1977 !), une reprise mémorable du I Put A Spell On You de Screamin' Jay Hawkins en ouverture, Porterville, et surtout, les presque 9 minutes remarquables de Susie Q, morceau qui sera retravaillé par la suite (le riff) par le groupe, qui en fera, sur leur troisième opus, Green River (l'album portera aussi ce nom). Sur scène, le groupe chantera les deux titres en medley. Ces quatre morceaux, qui totalisent 20 minutes sur 33 (un très bon rapport qualité/prix donc), sont remarquables. Le reste, bien que portion congrue de l'album, est cependant bien inférieur, The Working Man, Get Down Woman, Ninety-Nine And A Half (Won't Do) et Gloomy, morceaux originaux ou reprises, sont du Creedence de seconde zone.

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C'est un fait, tous les albums suivants, Mardi Gras excepté, sont parfaits, toutes les chansons, même celles qui semblent les moins efficaces au premier abord (Bootleg, Sinister Purpose, Molina), assurent, mais sur ce premier opus, le groupe de l'énervé Fogerty (pas besoin de comprendre l'anglais, même si ça peut aider quand même, pour se rendre compte que le chanteur balance parfois quelques vérités dans ses textes, sa voix hargneuse et rauque fait toujours des merveilles) est en petite cadence. Ce sont les débuts, et le meilleur reste vraiment à venir, cinq albums majeurs en deux ans et demi, peu de groupes ont réussi pareil exploit (et encore, je ne parle pas des singles, tous à succès, un tous les deux mois environ, une vraie mainmise sur les charts, presque aussi bien que les Beatles en leur temps). Si ce premier opus éponyme n'est pas un ratage, si ses réussites occupent plus de place que les déceptions dans le minutage, il n'empêche que c'est un des albums les moins réussis du groupe, leur deuxième moins abouti. Un fan appréciera, et pour découvrir le groupe c'est quand même recommandé, car on y trouve déjà leur son. Mais mis à part Susie Q et I Put A Spell On You, rien de mythique ici. En comparaison, le deuxième opus proposera, lui, Born On The Bayou, Keep On Chooglin' et Proud Mary...

FACE A

I Put A Spell On You

The Working Man

Susie Q

FACE B

Ninety-Nine And A Half (Won't  Do)

Get Down Woman

Porterville

Gloomy

Walk On The Water