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Comment ça ?!? Tous les albums de Fleetwood Mac abordés ici à l'exception des tous premiers, ceux avec Peter Green (Then Play On excepté, il a été abordé il y à longtemps) ? Il était temps que ça cesse. Oui, le Mac est aujourd'hui essentiellement connu pour sa période allant de 1975 à 2003, au cours de laquelle (du moins, pendant une partie de cette période, la période 1987/1995 étant un peu à part) le guitariste et chanteur Lindsey Buckingham et la chanteuse Stevie Nicks, tous deux américains, et anciennement en couple, ont profondément revampé le groupe, le transformant en machine à tubes pop/rock FM via des albums tels que Fleetwood Mac 'White', Rumours, Tango In The Night. Et avant ça, de 1971 à 1975, le guitariste et chanteur Bob Welch (lui aussi ricain) avait réussi à faire maintenir le groupe à flot, et a assuré la transition. Mais la transition avec quoi ? Avec le départ, en 1970, du guitariste/chanteur Peter Green, membre fondateur du groupe, parti rejoindre une secte d'adorateurs du soleil ou une autre connerie de ce genre, et ayant sur le chemin perdu les clés de sa santé mentale. A peu près à la même période, l'autre guitariste fondateur du groupe, Jeremy Spencer, quittera le groupe pour rejoindre une secte (décidément !), une autre, les Enfants de Dieu, dont il fait toujours partie. On parle aujourd'hui, donc, surtout de la première période du Mac pour dire à quel point elle s'est achevée bizarrement. C'est assez injuste car, franchement, au cours des deux-trois ans qu'elle a duré, cette première époque était une pure merveille.

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Sorti en début d'année 1968 (février), enregistré entre avril et décembre 1967, le premier album du groupe, Peter Green's Fleetwood Mac, désormais un simple Fleetwood Mac, est également connu sous le sobriquet de Dustbin Dog, rapport à sa pochette montrant un chien devant des poubelles de rue, photo prise dans une ruelle crasseuse ou une arrière-cour. L'album a été enregistré aux studios Decca et CBS de Londres et est produit par Mike Vernon. Le groupe est à l'époque constitué des guitaristes et chanteurs Peter Green (aussi à l'harmonica) et Jeremy Spencer (qui joue aussi du piano), du batteur Mick Fleetwood (une partie du nom du groupe vient de lui), et du bassiste John McVie (l'autre partie du nom du groupe, Mac, vient de la première moitié de son nom). Bob Brunning, cependant, joue de la basse sur un titre, Long Grey Mare, et était le bassiste originel du groupe. C'est d'ailleurs un peu compliqué. Quand Green a eu l'idée de fonder son groupe après avoir quitté les Blues Breakers de John Mayall (dont McVie faisait partie, et dont fit partie, le temps d'un album de génie, Eric Clapton), il a décidé de l'appeler Fleetwood Mac en fonction de la section rythmique qu'il voulait, à savoir Fleetwood et McVie. Si Fleetwood est arrivé directement dans le groupe, McVie a d'abord décidé de rester, lui, au sein de la bande à Mayall, et Green a donc engagé Brunning. Mais McVie s'est cependant rapidement décidé à répondre à l'offre de Green, entérinant ainsi vraiment le nom du groupe. Un titre du premier album, au moins, avait déjà été fait, et il a été décidé de ne pas le refaire, mais McVie joue sur le reste.

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Long de 35 minutes, offrant 12 titres, Peter Green's Fleetwood Mac est considéré comme un des meilleurs premiers albums de tous les temps, et comme un des plus grands disques de british blues. Quatre des titres sont des reprises de standards, de Robert Johnson (Hellhound On My Trail), Chester Burnett (No Place To Go) et surtout de l'idole de Jeremy Spencer, Elmore James (Shake Your Moneymaker, Got To Move). Le reste est signé soit Green (cinq titres), soit Spencer (trois titres). Chose amusante : même les morceaux inédits et originaux composés par le groupe semblent être des reprises de standards, tant ils sonnent vieux blues à l'ancienne. Par exemple, My Heart Beat Like A Hammer (de Spencer), The World Keep On Turning (de Green), Looking For Somebody (de Green aussi)... Aucun tube ici, le groupe, sous cette première formation (augmentée, en 1969, du jeune guitariste Danny Kirwan et bénéficiant, dès le deuxième album, Mr Wonderful sorti plus tard en 1968, de la claviériste Christine Perfect, bientôt mariée à McVie), signera quelques classiques, mais en singles, pas sur les albums, comme ça se faisait (Beatles) à l'époque. Need Your Love So Bad, Black Magic Woman (repris par Santana), l'instrumental Albatross, Man Of The World, Oh Well et l'inusable The Green Manalishi (With The Two-Pronged Crown) seront les 'hits' de la période Green. Aucun (mis à part Oh Well sur la version américaine de Then Play On, et encore, en CD seulement) ne se trouve sur les albums studio de l'époque. Ce premier album ne renferme donc aucun tube, c'est juste un remarquable, terrible, tuant, sensationnel disque de blues-rock à l'ancienne, qui sonne toujours aussi bien en 2018 qu'en 1968, quand même, le disque a fêté ses 50 ans récemment. Un des meilleurs albums du groupe, avant que les coups du sort à répétition (la folie sera la malédiction du Mac) ne viennent foutre leur daube au sein de cette belle unité...

FACE A

My Heart Beat Like A Hammer

Merry-Go-Round

Long Grey Mare

Hellhound On My Trail

Shake Your Moneymaker

Looking For Somebody

FACE B

No Place To Go

My Baby's Good To Me

I Loved Another Woman

Cold Black Night

The World Keep On Turning

Got To Move