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Si j'aborde cet album, c'est parce que je le connais, et si je le connais, c'est grâce à deux choses bien différentes. J'aurais pu le connaître uniquement grâce à l'une de ces deux choses, peu importe laquelle, mais ce fut au final une jonction entre les deux. Compliqué ? Je m'explique. Il y à un livre que j'ai déjà cité plein de fois, parce qu'il recense des albums (111 albums, précisément, des années 60 à 2015) méconnus mais excellents, qu'il faut découvrir ou redécouvrir. Un livre de Manoeuvre, Collector. Si certains albums présents dans le livre (celui du Velvet Underground - que je réaborderai bientôt -, celui de Zappa, celui du Grateful Dead - que j'aborderai bientôt -, celui de Harry Nilsson, celui de l'Air Force (abordé récemment), celui des Byrds - que j'ai réabordé récemment - et celui, que j'ai abordé récemment pour la première fois, des Kinks) m'étaient déjà connus, ce n'est pas le cas pour un paquet d'albums. Il y en à quelques uns qu'au fil de mes acquisitions, je découvre, et rien de tel que de les aborder pour donner envie à un max de gens de les découvrir aussi (il y à aussi des albums, dans le livre, qui ne m'intéressent pas des masses, en tout cas pour le moment). Cet album de Man fait partie de ceux que j'ai découverts via le livre, donc, voici la première raison. La seconde raison ? Il y à peu de temps, j'ai abordé ici Slow Motion, un autre album de Man, et je disait dans ma chronique que j'ai découvert le groupe avec ce disque. J'expliquais aussi que ce disque, Slow Motion, je l'avais chopé en vinyle, gratuitement, un cadeau dans une commande faite sur Internet (sympa, le vendeur, de faire un cadeau, non ? Ouais, je trouve aussi). J'ignorais totalement qui était Man, ce nom ne me disait rien, à la rigueur j'ai du le lire dans une bio de Dire Straits (le batteur de Man, Terry Williams, fera partie de la bande à Knopfler dès 1983), mais ce qui est sûr, c'est que si on ne m'avait pas offert Slow Motion, je ne l'aurai jamais acheté (j'ai parfois l'habitude d'acheter en fonction d'une pochette qui me plaît, mais c'est pas celle de Slow Motion qui m'aurait fait délirer de ce côté-là).

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Verso de pochette vinyle

 

Bref, la découverte de l'album fut aussi la découverte de ce groupe de rock progressif gallois, et tôt ou tard, je me serais penché sur leur discographie et aurait découvert l'existence de l'album que j'aborde aujourd'hui (donc, c'est la seconde raison), sorti en 1976, et intitulé Maximum Darkness. Sorti en 1975, cet album généreux (50 minutes, pour seulement 5 titres) a été enregistré en 1975 aussi et est un live. Il fait suite à Slow Motion dont aucun titre n'est, ici, interprété, je le précise. Et c'est un album étonnant, et un peu controversé à ce que j'ai pu lire un peu partout sur le Ouèbe, car on y trouve la participation, largement précisée sur la pochette, du guitariste américain John Cipollina (Quicksilver Messenger Service, Copperhead, Terry & The Pirates), c'est d'ailleurs sa guitare aux boutons en forme de crânes que l'on voit sur la pochette, si je ne m'abuse. Si ce live est controversé, c'est parce qu'apparemment, la présence de Cipollina (qui, comme indiqué dans le bouquin de Phil Man, jouait probablement quasi quotidiennement sur scène, avec ses groupes ou en invité dans d'autres, comme ici, et ce, jusqu'au jour de sa mort en 1989) n'est pas à 100% avérée. Le guitar hero californien de l'acid-rock aurait été remplacé sur un titre ou deux (vraisemblablement, Bananas est sans lui), et sa guitare aurait été parfois sous-mixée. Bref, pendant des années, ce fut la question : est-ce un live avec Cipollina, et dans ce cas, pourquoi ce traitement, ou bien est-ce mensonger, en partie ou totalement ? Manoeuvre nous explique même qu'en 1975, il a envoyé une critique acerbe de l'album, qui fut publiée, dans Rock'n'Folk (il y était, à l'époque, pigiste), magazine dont il sera rédacteur en chef par la suite jusqu'à récemment, ayant pris sa retraite. 

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Intérieur de pochette

Dans sa chronique, le jeune Philou gueulait sur le fait que Cipollina n'était pas vraiment audible dans tout le fatras rock de l'album, que c'était un foutage de gueule, qu'il faudrait être con pour acheter le disque, etc... Dans Collector, Manoeuvre explique que non seulement il a acheté le skeud, mais il l'a conservé, et l'a racheté en CD, car à la rigueur, dit-il, peu importe si Maximum Darkness est un live mensonger ou juste un peu maladroit quant au traitement appliqué à la présence de son invité de marque : dans tous les cas, musicalement, il bourre quelque chose de bien ! Et effectivement, Maximum Darkness est un sacré bon paquet de rock en live, qui envoie le bois de 7171 - 551 à Bananas en passant par Codine. On estime apparemment que, oui, Cipollina est bien sur les 4/5 de l'album au final, que ce live n'est pas mensonger, mais il y à toujours une controverse, parmi les connaisseurs (et ce live, comme le groupe, n'est vraiment pas des plus connus, donc cette controverse reste, au final, discrète), au sujet de Maximum Darkness, et entre ça et sa pochette pas des plus réussie, on peut dire que ça n'a pas aidé à la vente. Mais si vous aimez le rock un peu énergique (et si Man est un groupe de rock progressif, ce life est plus rock que prog, je le dis pour ceux qui n'aiment pas ce courant musical faisant clairement partie des plus controversés, surtout de nos jours) et les albums live, alors sincèrement, pourquoi se priver ? Le CD de l'album (qui inclus deux bonus-tracks live captés à un autre concert, excellents) est souvent vendu cher, dans les 20 €, et un pressage vinyle de l'album sera vendu plus cher encore, on s'en doute. Mais on le trouve en téléchargement légal à moins de 10 €. Vu la qualité de l'album, tant musicale que simplement audio (le son est très bon) et la rareté du truc, pourquoi se priver de son écoute, quel que soit le format ? Bref, je conseille. En revanche, je le dis aussi : je pense que ma découverte de Man s'arrêtera là, je n'ai pas spécialement l'intention d'écouter tous leurs albums, même si les deux que j'ai écoutés d'eux sont au pire très bons, au mieux (ici) vraiment renversants !

FACE A

7171 - 551

Codine

Babe I'm Gonna Leave You

FACE B

Many Are Called, But Few Get Up

Bananas