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Cet album est rarissime. Oublié, presque. Simon Finn. Vous n'avez jamais entendu parler de lui ? C'est normal. Simon Finn, né en 1951 en Angleterre (dans le comté du Surrey), a réalisé son premier album en 1970, et son deuxième album en...2005. Il a par la suite apparemment sorti encore deux autres albums, voire trois, tout du long des années 2000, ayant donc bien rattrapé le temps après 35 ans de silence total.. Je ne sais pas ce que vaut son deuxième album (Magic Moments), ni ses suivants, mais son premier opus, son seul opus pendant des années, et qui s'appelle Pass The Distance (et que je VEUX avoir en vinyle, même si ce n'est que la réédition 2008, m'en fous, mais je le VEUX sous ce format, je ne l'ai qu'en MP3), est, lui, totalemnt enivrant et grandiose. A sa sortie il ne marchera pas, et sera rapidement très difficile à trouver. A ce jour, la réédition vinyle de 2008 est déjà dure à trouver, et jamais à bon prix (minimum 40 €), et quant au pressage original, il n'y en à aucun exemplaire à vendre, aussi bien sur Discogs que PriceMinister (pour ce dernier site, il n'y à même pas la réédition 2008 à vendre pour le moment...), il doit être aussi difficile à trouver qu'une bonne idée de Laurent Wauquiez, si telle chose est envisageable... Passons. Un jour, qui sait, j'aurai le vinyle, mais même si l'espoir fait vivre, trop d'espoir peut rendre fou. Au moins, j'ai le P3, car même le CD (de 2004) est vraiment pas évident à trouver, surtout à bon prix !

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Pass The Distance est sorti sous une pochette colorée, un peu criarde, pas spécialement réussie (elle me fait un peu penser aux anciens spots publicitaires des écrans de pub des séances cinéma, le petit mineur et sa pioche, je ne sais pas si les plus anciens s'en rappellent), et totalement dans l'esprit de son époque, deux personnages évoluant sur une grande et longue (elle semble interminable) route jaune, entourée de verdure, sous un ciel bleu. Simon Finn est un artiste folk, cet album est, donc, un disque de folk. Pas de folk-rock, mais de folk, parfois teinté de psychédélisme, souvent très sombre, dépressif même (tous les morceaux, il y en à 10, sont de Finn), et un des morceaux, le grandiose Jerusalem qui achève la face A, est d'une intensité telle qu'il fout littéralement les jetons. Je n'avais jamais entendu ça à l'époque, je n'ai, à l'heure actuelle, plus jamais entendu ça. Simon Finn interprète ce long morceau (le plus long de l'album, 6,45 minutes ; l'album dure 39 minutes, au fait ; mais en ce qui concerne la durée des morceaux, deux autres sont presque aussi longs, juste une minute de moins) avec une force de conviction totale, sa voix monte progressivement dans l'intensité, et devient littéralement insoutenable dans son final, Finn ne chante plus, il gueule, braille, je ne sais pas ce qu'il chante mais on a l'impression très forte que c'est personnel, une catharsis absolue, on a envie d'arrêter le morceau pour le laisser seul tant il semble se vider de ses maux, et ça fait non pas obscène, mais quelque peu intrusif de l'écouter. Puissant, et sublime, Jerusalem, avec ses claviers aériens (un orgue), parle en fait de la religion, on s'en doute au vu du titre. Voici quelques lignes du texte, glanées sur la Toile : Did He imagine at that moment/Two hundred million hypocrites would praise His name ?/And were He nowto come down/Those hypocriteswould crucify Him again. Ambiance. Je le dis, je le répète, je n'ai jamais rien entendu d'aussi incroyable que Jerusalem, ni sur un disque d'avant 1970, ni d'après. Bon Dieu, même les délires vocaux insensés de John Lydon sur le The Flowers Of Romance de Public Image Limited ne sont rien à côté du final cathartique de cette chanson unique, sommet d'un album immense. Cette chanson est un cri. Qui reste planté dans votre cerveau au bout d'une seule écoute. Qui résonne comme dans une immense cathédrale. 

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Le reste de l'album est sublime, The Courtyard, Patrice, Hiawatha, Fades (Pass The Distance) sont de magnifiques chansons, Simon Finn les interprète avec force, talent, génie même, et il n'avait que 19 ans à l'époque. Rien d'aussi étrange et fort que Jerusalem sur le reste de l'album, cependant, mais rien, absolument rien de ne serait-ce que moyen sur Pass The Distance. Que cet album ne soit pas plus connu est à la fois une injure et un réconfort. C'est paradoxal, d'ailleurs. On a envie de faire découvrir ce disque à tout le monde, de le distribuer gratuitement dans la rue et les stations de métro, mais d'un autre côté, le plaisir d'écouter ce disque est encore plus fort quand on sait à quel point il est méconnu, peu de monde le possède (enfin, attention, il y à quand même des milliers de gens qui ont du l'écouter, vu qu'il est disponible en téléchargement légal un peu partout, et vendu pas très cher), peu de monde est au courant de son existence, et donc l'écouter fait des 40 minutes qui passent à écouter ces chansons quelque chose d'unique, d'intense, de peu commun. Aborder ce disque au cours d'une discussion entre amis sur la folk music peut faire de vous un spécialiste auprès de ceux pour qui ce courant musical, c'est Dylan, Donovan et Nick Drake. Pour ceux pour qui Nick Drake serait le summum de l'artiste folk maudit et à faire découvrir (désolé de vous décevoir, mais si c'est vrai que Nick Drake est génial, ça fait des années que tout le monde ou presque le connaît maintenant), la découverte de cet album de Simon Finn, son seul et unique album pendant 35 ans, sera peut-être un traumatisme. Il en faut, parfois, et celui-ci sera salutaire. Jerusalem à lui-seul est suffisamment prenant (j'avoue : la première fois que j'ai entendu ce morceau, j'ai pleuré, c'était trop intense, ça faisait trop mal) et immense pour assurer une place de choix à Finn dans le coeur des amateurs de folk. Mais putain, qu'est-ce que je VEUX ce disque en vinyle, les gars, vous pouvez pas savoir à quel point...

FACE A

Very Close Friend

The Courtyard

What A Day

Fades (Pass The Distance)

Jerusalem

FACE B

Where's Your Master Gone

Laughing 'Til Tomorrow

Hiawatha

Patrice

Big White Car