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Voici un des albums les plus...confidentiels, je vais dire, de Deep Purple. Enfin, je trouve. C'est aussi un album historique, quelque part, car c'est le dernier album studio de la formation MkII, la fameuse formation Blackmore/Gillan/Glover/Lord/Paice, celle ayant livré ces albums incroyables dans la première moitié des 70's (et ayant aussi livré les nettement moins glorieux Perfect Strangers et The House Of Blue Light, en 1984 et 1987). C'est aussi un disque quasiment miraculeux, bien qu'il soit loin d'être réussi à fond. Je ne le classe pas dans les ratages, contrairement au précédent que j'ai abordé, récemment (Slaves And Masters), car ça n'en est pas un, de ratage, mais The Battle Rages On... est tout de même, je l'avoue, un Deep Purple mineur. Je l'aime bien, beaucoup même, et sa chanson-titre est même une de mes grandes préférées du hard-rock (et pas seulement du groupe), mais ce n'est pas un grand disque, juste un bon petit cru, honorable mais secondaire, qui délivre la marchandise durant presque 50 minutes. Bien calibré, car il y à tout juste 10 titres. La pochette, en revanche, est une des plus étonnantes de l'histoire du groupe, ces deux dragons qui s'affrontent autour du logo du groupe (revisité), D et P entrelacés, sur fond beige clair. Une pochette qui fait très rock progressif des années 70, qui n'aurait pas dépareillé chez Yes ou Emerson, Lake & Palmer...

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En 1992, après la tournée de Slaves And Masters, Joe Lynn Turner est viré, et Ian Gillan reprend sa place de chanteur (il ne partira dès lors plus du groupe). La tâche la plus ardue pour lui semble être de reprendre les morceaux écrits durant les plus récentes sessions, écrites spécialement pour Turner. Juste avant son retour, il faillit être remplacé par un certain Mike DiMeo, qui enregistrera quelques démos avec le groupe avant de finalement, partir, ne faisant pas l'affaire. Gillan dût donc reprendre des morceaux écrits à la base pour d'autres voix. Ca n'a pas dû être facile-facile. La tournée promotionnelle non plus n'a pas été facile, Blackmore étant parti, définitivement, durant celle-ci, et sera remplacé par Joe Satriani jusqu'à la fin de celle-ci. Mais retour à l'album. Il a été enregistré entre l'Allemagne, la Floride et les studios Bearsville, situés dans l'Etat de New York, et est sorti en 1993. Comme je l'ai dit, la chanson-titre, qui ouvre le bal, est une tuerie sur laquelle Ian Gillan est en totale super méga forme, un truc qui envoie sévère, surtout en intro d'album. La première fois que j'ai écouté l'album, encore bien échaudé par le marasme hard FM pourritos de Slaves And Masters, j'étais circonspect, me demandant si je n'avais pas acheté ce disque (heureusement, pas cher) trop vite, si je n'allais pas être déçu, encore une fois, par le Pourpre, dont aucun album de l'après Come Taste The Band ne m'avait branché. Cette première chanson m'a cueilli encore plus fort qu'un saisonnier récoltant des cerises. Sérieux. Malheureusement, si aucune chanson de The Battle Rages On... n'est mauvaise, aucune, Anya exceptée, ne fait la farce durant les 50 minutes de l'album comme The Battle Rages On le fait.

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La probablement rarissime édition vinyle de l'album (pas une photo perso)

Bon, l'album offre quand même de bons trucs : A Twist In The Tale, Ramshackle Man, Lick It Up (pas une reprise de Kiss, ah ah) ou Solitaire, mais je ne vois donc que deux immenses chansons ici, la chanson-titre et Anya, le reste est d'un niveau plus que correct, bien interprété, et la production de Thom Panunzio et Roger Glover est efficace et vieillit bien. Par rapport aux trois précédents opus, c'est clair, The Battle Rages On... est nettement plus maîtrisé et réussi, malgré sa gestation compliquée (retour d'un chanteur après les essais d'un autre), mais il faut aussi dire que l'album suivant, Purpendicular (1996) sera nettement, mais alors nettement plus réussi encore, le meilleur du groupe depuis Come Taste The Band, soit depuis 20 ans, mais j'y reviendrai bientôt quand j'aborderai le disque. Pour en finir avec cette 14ème livraison studio du groupe, c'est donc honorable, très écoutable, du hard-rock à l'ancienne, on prend plaisir à réécouter la voix de Ian Gillan. C'est la fin d'une époque, aussi, avec le départ définitif de Ritchie Blackmore pendant la tournée. Après un ultima opus de Rainbow en 1995 (assez foiré), il fondera, avec sa femme Candice Night, en 1996, Blackmore's Night, un duo de folk/rock médiévalo-progressif à tendance vaguement hard par moments, avec qui il livrera d'assez bons moments, mais quand même assez éloignés de Deep Purple, dont on imagine qu'il ne veut plus trop (entendre) parler désormais... Sacré con, va !

FACE A

The Battle Rages On

Lick It Up

Anya

Talk About Love

Time To Kill

FACE B

Ramshackle Man

A Twist In The Tale

Nasty Piece Of Work

Solitaire

One Man's Meat