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Avec ce disque, sauf erreur de ma part, tous les albums de Gérard Manset sont (enfin) abordés. Certains le seront probablement en seconde chronique, l'album blanc de 1972 l'a été très récemment d'ailleurs, et je le ferai probablement (une réécriture) pour 2870, voire même Matrice, mais pour le moment, ouf, ça y est, la discographie complète de Manset est là. Et cet album, sorti en 2006, deux ans après Le Langage Oublié donc, est son dix-huitième album, et il s'appelle Obok. Pochette étrange (comme souvent avec Manset : quiconque a un jour vu la pochette de Lumières, avec cette photo déchirée d'un enfant de choeur sur fond jaune pisse, ou bien la pochette de 2870 avec ce masque d'escrime sur fond de mégalopole, ne l'oublie pas) et titre d'album qui l'est encore plus. Court (une bonne quarantaine de minutes, pour 9 titres), Obok est, comme toujours, écrit, composé, produit, arrangé par Manset, qui a enregistré l'album au studio de la Grande Armée (Paris) et est ici accompagné (je les cite, car une fois sur deux, les crédits de musiciens ne sont pas précisés sur les pochettes ou livrets des albums de Manset) de Vic Emerson aux claviers, Mike Lester, Paul Breslin et Patrice Marzin aux guitares, Didier Batard à la basse, Raphaël Seguénier à la batterie et Vincent Chavagnac au saxophone. Aussi bien Batard, Emerson, Lester, Breslin et Marzin sont, on pourrait dire, de grands habitués des albums de Manset. 

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Au moment de sa sortie, l'album a été proposé dans une édition collector limitée (compte tenu qu'on parle de Manset, ça fait bizarre de dire 'édition collector limitée', mais pourtant, si) proposant un livret très différent de celui de l'édition classique (lequel livret classique contient les paroles). Ce livret collector proposait des explications sur les neuf chansons de l'album. Neuf 'alternatives' comme expliqué dans le livret collector (que je n'ai pas, que je n'ai même jamais feuilleté). Une édition collector avec juste un livret spécial en guise de particularité, c'est un peu mince, mais on parle de Manset, fallait pas s'attendre à un DVD bonus sur la genèse de l'album ou à un CD de bonus-tracks. Manset reste Manset, et à sa sortie, Obok a été édité avec le fameux Copy Controlled qui empêche (ou en tout cas, limite considérablement) la copie et/ou le transfert numérique de l'album. Sacré Gégé, va... Bon, Obok. Neuf chansons, donc, parsèment ce disque au titre étrange (aussi celui d'une des chansons) qui, bien qu'il ne s'agisse pas de la seule explication à son sujet, est l'anagramme de 'book'. Au moment de la sortie de l'album des rumeurs apparemment très fondées parleront d'un hypothétique concert de Manset, lui qui n'en a jamais donné un seul de sa vie (juste quelques rares passages TV, en vraisemblable play-back), mais au final, après avoir répété en huis-clos, Manset changera d'avis, on peut regretter, ou pas, cette décision. Avoir un live de Manset (plus fort encore : un DVD live de Manset !) serait assez incroyable, mais le bonhomme y perdrait considérablement en part de mystère. Déjà que la sortie CD, certes limitée mais tout de même (que je suis content de l'avoir acheté à temps !) de son album blanc de 1972 qui ne fut réédité qu'une fois, en 1978 (là aussi, je l'ai !) avant de passer aux oubliettes, prétendument perdu (matrices détruites), a fait un peu changer les choses...

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Bon, Obok. Autant le dire, et je vais être d'autant plus court que la fin de l'article se rapproche à grands pas (je l'entends débouler), mais l'album n'est pas le meilleur de Manset, même s'il offre quelques titres ahurissants. Les quatre premiers et le dernier, en fait. Je ne veux pas dire que Ne Les Réveillez Pas, Chaînes (le morceau le plus 'rock' d'un album au final assez triste, hanté par la mort, baigné de doux pianos et de saxophones discrets), Pacte Avec Mon Sang (assez reggae dans l'âme, ce qui n'est pas un cas isolé dans la discographie de Manset) et Veux-Tu ? ne soient pas de bonnes chansons, car mis à part Marin' Bar, je ne vois pas de mauvaise chanson de Manset, sérieux. Mais La Voie Royale (qui achève le disque) est une merveille totale, et l'enchaînement des quatre premiers titres laisse complètement sonné, et donne la fause impression d'avoir affaire à un chef d'oeuvre absolu du niveau de Royaume De Siam. L'Enfant Soldat (qui parle de ce dont vous vous imaginez bien ; les paroles des chansons de Manset sont parfois peu explicites, mais cette chanson est sans problème de ce côté-là), Jardin Des Délices, Fauvette (chanson réaliste, incroyable, sur une jeune paumée) et Obok sont des classiques mansetiens à ranger à côté de Il Voyage En Solitaire, Lumières, Prisonniers De L'Inutile et Jeanne. Obok est un album un peu coincé entre les deux merveilles totales, quasiment parfaites, que sont Le Langage Oublié et Manitoba Ne Répond Plus (2008). Un très bon cru, mais un petit peu secondaire quand même, un des Manset que je réécoute le moins souvent malgré que 5 de ses 9 chansons soient d'un niveau exceptionnel. Ca n'en rend le disque que plus inégal, au fond...

L'Enfant Soldat

Jardin Des Délices

Fauvette

Obok

Ne Les Réveillez Pas

Chaînes

Pacte Avec Mon Sang

Veux-Tu ?

La Voie Royale