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Cet album des Beach Boys est particulier. Pas parce qu'il ne dure que 25 minutes (pour 12 titres dont le plus long dure nettement moins de 4 minutes et le plus court, 38 secondes seulement), car nombreux sont les albums des Biche Bois à faire cette durée des plus rikiki (une grande partie de leurs premiers albums, de l'avant Pet Sounds, font dans les 26/28 minutes), même si, pour l'époque de sa sortie (1968), une telle durée commençait déjà sérieusement à faire foutage de gueule. Mais c'est aussi un des plus particuliers car non seulement il connaîtra un bide retentissant (un des albums du groupe ayant le moins bien marché), mais est, musicalement, des plus étranges. Il s'appelle Friends et date, donc, de 1968, et est sorti sous une très colorée pochette bien dans son époque, une pochette qui semble nous crier dessus, à grands coups de décibels : psychédélique ! LSD ! Trips ! Flower Power ! En effet, la pochette fait très gobage de buvard. Musicalement, c'est tout autre, on est en présence d'un disque riche en harmonies vocales dignes du meilleur du groupe. Niveau textes, certains titres sentent, eux, bon les expériences de l'époque (Mike Love, chanteur officiel du groupe vu qu'il ne joue d'aucun instrument en bon connard qu'il est, découvrait alors la méditation transcendantale, et regardez le titre du dernier morceau de l'album pour vous marrer un bon coup ; ça y est, vous avez lu ? On se marre bien, hein ?). 

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Considéré par Brian Wilson comme son album préféré, Friends est le quatorzième opus studio des Garçons de la Plage qui, à l'époque, se sortaient difficilement des traumatisantes et avortées sessions d'enregistrement de leur Smile, qui devait sortir en 1967 comme réponse au Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles (qui firent l'album avec Pet Sounds en tête) mais ne sortira qu'en 2004 sous une version refaite par Brian Wilson en solo (et en 2011 pour un coffret des sessions d'époque). La raison de cet échec ? Brian Wilson a commencé à avoir de gros problèmes de santé mentale, parano, délires en tous genres, etc, et au bout du compte, tout a planté. Les morceaux écrits pour Smile sortiront en single (Good Vibrations), et sur d'autres albums (Smiley Smile, 20/20, Surf's Up). Afin de se ressaisir après l'échec de Smile, le groupe a tout de suite préparé d'autres albums, donc : Smiley Smile a servi de premier 'dépotoir' pour les morceaux de Smile, puis Wild Honey de premier album de chansons à part de celles de Smile. Friends vient juste derrière et lui aussi ne contient rien de Smile. Il fut un t errible bide commercial à sa sortie, et le premier album du groupe sur lequel Dennis Wilson (batterie) s'est autant impliqué dans l'écriture et la composition : il est crédité ou cocrédité pour quatre titres, deux avec le groupe et deux en solo, Little Bird et Be Still. Deux très bons morceaux, probablement deux des meilleurs de l'album, mais une chose à dire au sujet de Friends est que sa courte durée (25 minutes) et bien entendu la courte durée de ses morceaux (la moitié ne durent pas 2 minutes, et les deux chansons de Dennis que je viens de citer en font partie) le rend difficilement chroniquable.

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On l'écoute facilement, l'album étant court. Il est aussi agréable à l'écoute, aucune chanson ne détonne (mis à part peut-être Transcendental Meditation, le final, un peu lourd et Meant For You parce qu'il ne dure que 38 secondes et que rien que pour ça, on s'en souvient, surtout que c'est le premier morceau de l'album), aucune n'est mauvaise, mais si on excepte l'excellentissime morceau-titre, aucun n'a l'envergure d'une chanson de Pet Sounds ou de Surf's Up. Au début des années 70, il fut envisagé de refaire l'album, oui, de le réenregistrer. En fait, c'est un ami de Brian Wilson (qui suçait déjà de la glace comme un pro à l'époque) qui parvint à le convaincre de le faire, mais après quelques chansons refaites, on mit fin au projet, qui était assez invraisemblable. Ca n'aurait peut-être pas aidé l'album à redorer son blason, même si, désormais, il est nettement, mais alors nettement mieux apprécié qu'autrefois. A l'époque de la sortie de Friends, les Biche Bois étaient dans le creux de la vague (vu le nom du groupe et leur lien avec le surf, ce jeu de mots est volontaire), ayant, à l'époque, notoirement annulé un concert parce que, sur les 16 000 places disponibles dans la salle (le Singer Bowl de New York), seulement 800 personnes étaient venues... Bien que rempli de fadaises hippies/méditation transcendentale/fume, c'est du belge, cet album de 1968 est un assez bon cru dans l'ensemble. Friends, When A Man Needs A Woman, Be Still, Little Bird sont vraiment de belles chansons. Un peu foutage de gueule (la durée), mais tout de même un assez bon album. 

FACE A

Meant For You

Friends

Wake The World

Be Here In The Mornin'

When A Man Needs A Woman

Passing By

FACE B

Anna Lee, The Healer

Little Bird

Be Still

Busy Doin' Nothin'

Diamond Head

Transcendental Meditation