1491025675_0

 

Je tiens à préciser tout d'abord que je ne possède cet album qu'en CD, donc le tracklisting plus bas ne précise pas le changement de face du vinyle. J'imagine cependant bien la chose : trois morceaux par face, le septième et dernier, Whilom, étant crédité comme bonus-track et ne doit probablement pas se trouver sur le vinyle. Sion, cet album est sorti l'an dernier et est le nouvel album d'Endless Boogie, un groupe de rock étrange et furieux, américain, dont le nom est tiré d'un des meilleurs albums (si ce n'est son meilleur) de John Lee Hooker. Mais ce n'est pas du blues, ni du blues-rock. Endless Boogie ("boogie sans fin") est un groupe de rock psychédélique, expérimental et heavy, un truc de dingues mené par  Paul 'Top Dollar' Major (c'est ainsi qu'il est crédité, en tout cas dans les minces crédits de la pochette de ce nouvel album), un groupe qui, régulièrement (genre tous les 4 ou 5 ans), nous offre un disque rempli de longs morceaux monolithiques, vibrants, remplis de grooves, de riffs, parfois de chant (guttural), et qui semblent sans fin, comme leur nom. Clairement pas le genre de musique à écouter le matin au réveil ou le soir avant d'aller se coucher, ni le matin sur le trajet du boulot (car, dans ce cas, vous n'auriez peut-être pas le temps d'écouter plus d'un seul morceau, à moins de bosser loin, très loin de chez vous).

Songs-We-Love-Endless-Boogie-Back-In-74-525746226-1493394314

Avec le T-shirt ridicule et à rayures : Paul Major. Chewbacca après une bonne grosse séance de rasage, en gros.

Ce n'est pas non plus de la musique à écouter si pour vous, le summum de l'audace musicale réside dans les albums d'Eric Clapton. Non pas que Clapton ne soit pas bien, oh que non, même si ses albums studio les plus récents ressemblent plus à des plaisanteries vaguement bluesy qu'à autre chose, mais avec Endless Boogie, c'est vraiment...bah, autre chose, tiens. Leur précédent album, Long Island, qui avait été bombardé disque du mois de Rock'n'Folk à peu près à sa sortie (car je me souviens qu'il s'est écoulé un bon mois entre sa sortie et la publication de l'article), et qui date de 2013, durait la bagatelle de 78 minutes, voire même 79 je ne sais plus, en tout cas, quasiment le maximum de capacité d'un CD, à une minute près il était double (et en vinyle, évidemment, il l'est). Pour seulement 8 titres. Dont plusieurs dépassent les 10 minutes, je crois même que deux d'entre eux atteignaient le quart d'heure. Le tout, accompagné de chant (pas toujours) assez sombre, guttural, difficile de saisir les paroles surtout qu'elles ne sont pas proposées sur les très minimalistes pochettes. Et la pochette, justement, qui était tellement bizarre (plus que celle de ce nouvel album, Vibe Killer) que je ne saurais la décrire autrement que par dépiction fantaisiste d'un Ent sur fond brouillé et brumeux. Et si vous ne savez pas ce qu'est un Ent, révisez votre Seigneur Des Anneaux. Celle de Vibe Killer aussi est étrange, minimaliste, mais tout de même moins. Et même si on le voit de dos (et vu sa tronche, c'est pas un mal), on voit quand même Paul Major dans l'intérieur de pochette qui, en CD, reproduit, au format celle du vinyle (avec une sous-pochette dans laquelle est glissé le CD).

endless-boogie-vibe-killer-lp-back-300x300

Verso de pochette

Vibe Killer, ce nouvel album, contient, lui, 7 titres (dont un bonus-track CD, Whilom, long de presque 7 minutes, en final) pour une petite cinquantaine de minutes, les morceaux vont de 11,40 minutes pour le plus étendu (Jefferson County, remarquable) à 8 minutes de moins (soit 3,40 minutes) pour le plus court, Let It Be Unknown. Pour Endless Boogie, un morceau de 3,40 minutes, c'est comme un morceau de 30 secondes pour les Ramones, c'est vraiment court ! Dans l'ensemble, les morceaux sont longs, genre entre 5 et 8 minutes en moyenne, mais il est clair qu'après l'extension intense des morceaux de Full House Head et Long Island, ça fait vraiment sobre et rikiki dans l'ensemble. Musicalement, c'est du Endless Boogie pur sucre, si vous avez écouté et aimé Long Island, vous devriez aimer, même si je trouve que Vibe Killer lui est nettement inférieur. Autant ça m'arrive (pas souvent, mais ça m'arrive !) de me réécouter Long Island, autant je n'ai écouté que deux fois ce nouveau cru, pour le moment, et n'ai pas l'intention de récidiver tout de suite. Pourtant, ce n'est ni plus accessible, ni moins accessible que les autres, c'est juste, je ne sais pas, que j'ai l'impression qu'Endless Boogie n'a pas tout lâché pour le coup. Sans doute avaient-ils trop lâché, justement, sur le très généreux, peut-être même trop généreux Long Island, qu'il est difficile d'écouter trop souvent car on a l'impression d'écouter le même (puissant) morceau, et puis les morceaux y sont si longs... Quand on écoute un titre de 11 ou 14 minutes basé sur un riff minimaliste et un rythmique basique et heavy qui tourne en boucle, et que les sept autres morceaux sont basés sur des sons similaires, on sort épuisé de la rencontre. Vibe Killer est, de ce point de vue, moins fatigant, rapport à sa durée et à celle de plusieurs de ses morceaux, mais justement, c'est pas Endless Boogie, ça, on dirait du Endless Boogie light. J'espère qu'ils reviendront à leurs penchants extrémistes (musicalement parlant, hein !) avec leur prochain album ! Il n'empêche, c'est tout de même loin d'être raté. Juste frustrant.

Vibe Killer

Let It Be Unknown

High Drag, Hard Doin'

Bishops At Large

Back In '74

Jefferson County

Bonus-track CD : 

Whilom