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On ne les attendait plus. Depuis plusieurs années, Deep Purple publie, à intervalles irréguliers, des albums dans l'ensemble bien formatés et des plus écoutables, mais là, ça faisait quatre ans, depuis le remarquable Now What ?! de 2013, et on était sans nouvelles des Anglais. Vers la fin d'année 2016, la nouvelle filtre : 2017 sera l'année de sortie du 20ème album studio du groupe. Il sort en effet le 7 avril 2017, sous une très belle pochette représentant un brise-glace ayant tracé, dans une mer de glace, le long de son parcours, le symbole de l'infini, fameux huit couché. Mais ce symbole, qui est aussi le nom de l'album (InFinite) possède, comme le titre de l'album, un double sens : on y distingue un d et un p, en minuscules, initiales du groupe. Et le F majuscule dans le titre de l'album signifie peut-être qu'on est ici en présence du dernier, de l'ultime album de Deep Purple. InFinite. Soit, en latin, si on fait un espace à l'endroit adéquat, in finite, 'en final'. L'intérieur de pochette montre le groupe gravé dans un gigantesque iceberg, allusion plus qu'évidente à la pochette très mégalo de leur In Rock de 1970, parodie du Mont Rushmore. Le groupe est ici constitué du chanteur historique du groupe, Ian Gillan, de leur batteur historique Ian Paice, de leur bassiste historique Roger Glover, et de deux membres plus récents, mais n'en étant tout de même pas du tout à leur coup d'essai deepien : Steve Morse (guitares, présent depuis 1994) et Don Airey (claviers, présent depuis 2002). Produit, comme le précédent opus, par Bob Ezrin (The Wall, Berlin, The Division Bell, Billion Dollar Babies, Dure Limite...), l'album est plutôt court, 45 minutes pour 10 titres.

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Glover, Gillan, Airey, Paice, Morse

Malgré cela, l'édition vinyle est double (et propose aussi un DVD d'une heure et demi, sur l'album, intitulé "From Here To Infinite", DVD probablement présent aussi dans l'édition CD, que je ne possède pas), mais les deux disques sont au format 45-tours. Je le précise, car ça ne l'est pas sur la pochette, rien ne dit que c'est à la vitesse 45-tours, et la première fois que j'ai mis le disque, j'ai trouvé le son un peu bizarre, lent, étiré, avant de changer la vitesse et...oh, miracle, le son est normal ! C'est cependant un petit coup de gueule que je veux pousser ici, car rien n'obligeait le groupe à sortir ce disque court en double maxi-45-tours, mis à part sans aucun doute la volonté d'avoir un son des plus parfaits. Mais comme les vinyles, maintenant, sont gravés numériquement, le son aurait été excellent en simple 33 tours. Non, c'était probablement pour le vendre plus cher, et si c'est l'unique vraie raison, c'est méprisable (pour leur ...Like Clockwork de 2013, les Queens Of The Stone Age ont fait pareil, et il y à d'autres exemples). Bon, on retourne à l'album ? Apparemment, ça serait leur dernier album, et d'ailleurs, leur tournée promotionnelle s'appelle "The Long Goodbye Tour", tout un programme. InFinite n'est pas leur meilleur album, autant le dire. Je ne le trouve pas aussi réussi que Now What ?! et il sonne même un peu forcé par moments. Morse se démerde comme un chef dans son rôle de gratteux, qu'il tient depuis 24 ans, mais Airey essaie vraiment trop de jouer comme le regretté Jon Lord dont il avait pris la place. 

Deep-Purple-inFinite-press-pictures-copyright-earMUSIC-credit-Jim-Rakete-3

A fond dans le concept visuel grand nord, les mecs !

L'album contient de très bonnes chansons : The Surprising, Time For Bedlam, On Top Of The World et All I Got Is You assurent vraiment. Une reprise du Roadhouse Blues des Doors, en final, envoie bien le bois durant 6 minutes (le morceau le plus long, avec The Surprising qui fait la même durée, et Birds Of Prey qui dure 15 secondes de moins), mais on ne peut vraiment pas qualifier le Pourpre Profond d'originalité pour le coup, ils ne sont pas les premiers à reprendre ce classique des Doors (avant eux, Status Quo et Blue Öyster Cult, notamment, l'ont fait ; le BÖC l'a même fait live avec le guitariste des Portes, Robbie Krieger, en invité de luxe !). Et puis, placer une reprise sur un album aussi court et aussi, finalement, peu original, ça fait un peu idiot, je trouve, comme si le groupe n'avait pas réussi à aligner 10 chansons inédites (surtout que l'édition collector contient quelques bonus-tracks et parmi eux, un inédit du nom de Paradise Bar). Musicalement, c'est du hard-rock sans surprises donc, rien de honteux, aucune chanson n'est mauvaise, mais ne cherchez pas le futur classique à la Smoke On The Water ou Burn ici, il n'y en à pas. Ian Gillan chante aussi bien, la batterie de Paice est toujours aussi percutante, ainsi que la basse de Glover, la production d'Ezrin est du pur Ezrin hard-rock, ça sonne bien. On prend du plaisir à écouter l'album, mais on ne sursaute jamais d'excitation non plus. En gros, vite écouté, vite mis de côté, InFinite est du niveau de Bananas, Rapture Of The Deep ou Abandon, des albums corrects mais sans surprise. Si c'est bel et bien leur dernier opus, c'est un peu dommage, car ils n'auront, dans ce cas, pas vraiment réussi leur sortie... Mais, encore une fois, rien de honteux non plus, les fans apprécieront.

FACE A

Time For Bedlam

Hip Boots

All I Got Is You

FACE B

One Night In Vegas

Get Me Outta Here

The Surprising

FACE C

Johnny's Band

On Top Of The World

FACE D

Birds Of Prey

Roadhouse Blues