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On l'attendait comme le Messie (ou son demi-frère) depuis pas mal d'années, le voici enfin arrivé en 2017 (pas récemment, hein, mais en juin ; j'ai pas été très réactif, pour le coup) : le nouvel album solo de Roger Waters. Quand même, ça faisait depuis, attendez, heu, 1992 putain, 1992, qu'il n'y avait pas eu de nouvel album solo (et studio) de Waters. Cobain était encore en vie, putain ! Noir Désir défouraillait Tostaky ! Tonton était encore Président ! J'avais 10 ans ! Tu te rends compte, toi, t'étais peut-être même pas encore né, vérifie auprès de tes vieux  ! Enfin, bref. Waters, ex-bassiste/chanteur/lider maximo de Pink Floyd jusqu'à ce qu'il se fasse lourder en 1983 après un The Final Cut certes remarquable mais trop anti-floydien, Waters, a lancé sa carrière solo en 1984 avec The Pros And Cons Of Hitch-Hiking, un album dont il avait imaginé la trame en 1978/1979 en même temps que celle de The Wall, proposant les deux projets à ses comparses du Floyd qui choisiront un mur au lieu de ses avantages et inconvénients de faire du stop. L'album était très bien (il l'est toujours), mais on a du mal à entrer dedans quand même. En 1987, la même année que l'album du retour du Floyd (A Momentary Lapse Of Reason, que Waters critiquera, alors que son propre album ne marchera pas aussi bien ; mais force est de constater que cet opus floydien est leur moins bon), Waters publie Radio K.A.O.S., un disque aujourd'hui daté (production) mais renfermant quelques bons moments, je l'aime beaucoup, et je sais, ça fait pas crédible, mais c'est pourtant vrai.

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En 1989/1990, Waters refait le spectacle The Wall en live, un album live sortira en 1990. Puis, en 1992, Amused To Death, grandiose album, certes un peu long (72 minutes, ce genre), mais vraiment bluffant et à ce jour, son sommet absolu. En 2000, un double live anthologique, In The Flesh, sort. Et en 2015, une autre version live de son spectacle The Wall. Ce que personne ou presque ne savait, c'est qu'à partir de 2010, et jusqu'en 2017, Waters (qui participera, en 2008, la reformation unique du groupe pour le Live 8) préparera et enregistrera, lentement mais sûrement, son quatrième opus studio solo, lequel, sous le nom de Is This The Life We Really Want ? et une pochette des plus hideuses (un texte caviardé de marqueur noir, mis à part les différents mots du titre de l'album, au fil des lignes), sortira donc en juin 2017, en CD et vinyle. Ne possédant l'album que sous ce deuxième format (la photo ce-dessous montre la version vinyle, ce n'est pas une photo perso), j'indique le tracklisting du vinyle, qui de toute façon, hormis la précision du changement de face (il est double en vinyle, ce qui est un peu exagéré car l'album ne dure que 54 minutes en tout), est identique au CD : 12 titres en tout, de la même durée et dans le même ordre. Trois morceaux, tous remarquables, seront publiés en avant-première : Smell The Roses, Déjà Vu et The Last Refugee. Wait For Her sortira, lui, après l'album. Enregistré avec notamment Jonathan Wilson (Gentle Spirit, Fanfare, albums grandioses de folk-rock psychédélique), Nigel Godrich (producteur historique de Radiohead...et de cet album) et Joey Waronker, cet album n'est pas le sommet de Waters qui reste Amused To Death, mais  c'est malgré tout un remarquable opus, bien watersien, qu'il faut écouter plusieurs fois pour bien s'en imprégner.

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Is This The Life We Really Want ? est un disque qui, comme le précédent, est assez engagé, politiquement parlant. Dans Déjà Vu, Waters critique de manière très acerbe la manière dont évolue notre monde (rien que le titre de l'album, qui est aussi celui d'un des morceaux, est sans équivoque, de toute façon), et se dit que s'il avait été Dieu, il aurait fait un meilleur boulot que l'actuel démiurge impalpable. The Last Refugee parle des migrants, de leur détresse, des dangers qu'ils encourent. Poignant. Ne citant jamais l'actuel Président des Zuhéssa (vous savez bien, ce connard blondinet qui va très probablement tous nous faire tuer à force de provocations inutiles et dangereuses avec ceux avec qui il ne faut pas déconner), mais l'ayant toutefois apparemment bien dans son viseur et avec le doigt opérant une bonne pression sur la gâchette, Waters livre ici un disque incroyable, très cinématographique (comme à son habitude, des bruitages, mais aussi des allusions, musicales, au Floyd, il n'a pas pu s'en empêcher, et personne ne viendra lui gueuler dessus pour ça, en tout cas, pas moi), un album à lire et à écouter en même temps, heureusement que les paroles (Part Of Me Died, Smell The Roses, notamment, en ont de grandioses) sont imprimées sur les sous-pochettes et/où le livret CD. Is This The Life We Really Want ? est donc un incroyable album, inespéré de la part de celui dont on attendait, avec un espoir de plus en plus mince, depuis 25 ans, le nouvel album studio. Hurlant ou murmurant, lyrique ou rock, engagé ou mélancolique, Waters est ici en grande forme, et ça fait du bien par où ça passe ! J'ose le dire : même si le dernier cru solo de David Gilmour (guitariste/chanteur/deuxième leader de Pink Floyd, je le rappelle), Rattle That Lock en 2015, était excellent, ce nouvel opus de Waters lui est supérieur, si, si !

FACE A

When We Were Young

Déjà Vu

The Last Refugee

FACE B

Picture That

Broken Bones

FACE C

Is This The Life We Really Want ?

Bird In A Gale

The Most Beautiful Girl

FACE D

Smell The Roses

Wait For Her

Oceans Apart

Part Of Me Died