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On l'attendait depuis 4 ans déjà : le nouvel album d'Etienne Daho. Hé oui, son précédent (le remarquable Les Chansons De L'Innocence Retrouvée) datait de 2013. Daho y revenait d'entre les morts ou presque : en août 2013, il avait failli y passer, victime d'une péritonite. Une des chansons de son nouvel album, qui s'appelle Blitz et est sorti le 17 novembre dernier, y fait d'ailleurs allusion : Les Flocons De L'Eté. Onzième album studio du Rennais d'Oran, Blitz a été enregistré à Londres, comme pas mal d'autres albums du bonhomme (Pop Satori, Les Chansons De L'Innocence Retrouvée, notamment, y furent faits, en partie ou en totalité), et son titre est une allusion aux bombardements nazis sur la capitale britannique pendant la Seconde Guerre Mondiale. C'est aussi une allusion au climat de la ville après le Brexit et les différents attentats terroristes qui s'y sont déroulés ces derniers mois. Quant à la pochette... Je me souviens de l'annonce du nouvel album de Daho. En regardant sur le Net, j'ai pu y découvrir la pochette, et j'ai été quelque peu interloqué (mais au final, pas surpris) par cette photo d'un Daho plus ou moins méconnaissable, visage à moitié masqué par de la fumée de cigarette qui semble, sur son visage, presque liquide. Sur fond noir, sa peau est verdâtre, comme illuminée par un néon glauque. Il est en tenue de cuir, blouson et casquette, impossible de ne pas penser à Querelle de Fassbinder (d'après un roman de Jean Genet, qu'affectionne Daho), ce film de 1982 sur un marin en goguette et découvrant, dans un port, le temps d'une escale, les plaisirs sensuels de la part des deux sexes (la chanson Cargo d'Axel Bauer y fait explicitement référence).

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De la part d'un chanteur pop sophistiqué ayant, de part le passé, multiplié les références en ce genre, et ayant notamment enregistré un album (avec Jeanne Moreau) sur Jean Genet, c'est donc assez logique, tout sauf étonnant. Mais la photo interpelle franchement de part son aspect glauque, sombre et, en même temps, très sensuel, presque malsain. Incontestablement, c'est la plus étonnante des pochettes d'albums de Daho, assez osée. Une pochette que n'aurait pas renié David Bowie ou Lou Reed, deux des idoles de Daho. Une autre de ses idoles est Syd Barrett (en 1986, sur son Pop Satori, il reprenait Late Night du Diamant Fou), auquel il rend un hommage via la chanson Chambre 29, une des plus belles de ce nouvel album que je me suis procuré en vinyle (malgré la durée peu étendue - une cinquantaine de minutes - il sagit d'un double vinyle) rien que pour l'objet et la pochette, plus belle sous ce format qu'en vulgaire CD. Revenons à l'album. Enregistré avec Mako (qui avait déjà collaboré avec Daho sur notamment Réévolution en 2003), l'album offre une chanson en hommage à Jeanne, soeur de Daho, décédée l'année précédente (Le Jardin) ; une chanson qui semble parler des premières expériences sensuelles d'un jeune Daho (Hôtel Des Infidèles), à moins qu'elle ne parle de rendez-vous secrets de résistants durant la Seconde Guerre Mondiale ; on y trouve aussi des chansons purement psychédéliques, et assez sombres (Les Filles Du Canyon, Deep End en duo avec Jade Vincent, Les Baisers Rouges) et une tuerie totale de presque 7 minutes, Après Le Blitz, monument d'électropop qui monte en puissance tout du long et offre à l'album un final (vient ensuite le sublime Nocturne) incroyable.

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Blitz est un des albums les plus sombres du chanteur, je veux parler de l'ambiance générale et des mélodies, très électropop et psychédéliques, proches de celles d'Eden et de Réévolution. La voix n'a pas changé (et est cent fois plus audible que les caricaturistes veulent bien laisser croire, prends ça dans la tronche Gerra, et va écouter Biolay, un chanteur qui, lui, est difficilemant audible, sans parler de - gasp, j'ai mal aux doigts rien que d'écrire son nom - Christine And The Queens), les textes sont, comme toujours, parfaits, les thèmes chers à Daho (sensualité, sexe, ambiances sombres) sont là, la production est absolument géniale et les chansons sont là, comme autant de futurs classiques que le Rennais va se faire un plaisir de matraquer en live : rien que pour Les Filles Du Canyon (et son intro géniale), Le Jardin, Après Le Blitz, Deep End et Les Cordages De La Nuit (des titres de chansons bien daholiens, on notera), ce Blitz est un essentiel de 2017 et de Daho, un de ses plus grands albums, supérieur même au précédent, selon moi !  Je pense même que c'est son meilleur depuis un certain Paris Ailleurs (1991)...ce qui ne retire rien à ceux faits dans l'intervalle (bon, j'aime pas Eden, mais seulement celui-ci), mais en dit long sur la réussite de Blitz !

FACE A

Les Filles Du Canyon

Chambre 29

La Jardin

FACE B

Les Baisers Rouges

Les Cordages De La Nuit

Les Flocons De L'Eté

FACE C

Voodoo Voodoo

L'Etincelle

The Deep End

FACE D

Hôtel Des Infidèles

Après Le Blitz

Nocturne