Shaka-Ponk

Encore une fois dans la plus totale actualité, le ClashDo'. Cet album est en effet sorti en novembre dernier, il y à moins d'un mois ! Le nouvel album de Shaka Ponk, groupe français d'électro-rock à tendance furax et metal. Je sais que ce groupe est du genre à diviser, mais  c'est à peu près le cas de tous les groupes, non ? (Je pense qu'il doit exister, dans le monde, des gens qui détestent viscéralement les Beatles, mais j'ai peur de savoir combien, et personnellement, je n'en ai jamais rencontré). Shaka Ponk a eu un début de carrière assez original (deux albums qui n'ont pas vraiment cartonné, mais sont très sympathiques : Loco Con Da Frenchy Talkin' en 2006 et Bad Porn Movie Trax en 2009) avant de vraiment exploser à la face du monde en 2011 avec leur troisième album, The Geeks And The Jerkin' Socks, premier de leur albums avec la chanteuse anglo-égyptienne Samaha Sam. Elle a su apporter une petite touche funky et sexy en plus (seule fille au milieu d'un parterre de cinq mâles un peu tarés et au physique improbable) et le succès est totalement arrivé avec ce disque et ses quelques tubes : I'm Picky, My Name Is Stain, Sex Ball, Let's Bang, sans oublier Palabra Mi Amor, composé et interprété avec Bertrand Cantat. Le groupe fait la première partie des Guns'n'Roses à Bercy en 2012. Frah, le chanteur, se blesse légèrement à la jambe sur scène, toujours en 2012, et ça entraîne un arrêt temporaire des concerts. Le groupe compose une foule de chansons qui sortiront en 2014, en deux albums distancés de huit mois : The White Pixel Ape et The Black Pixel Ape. Deux albums indissociables (pochettes, artwork, titres et titres des chansons en raccord) et très réussis, même si j'ai un peu de mal avec le second, qui m'a laissé sur ma faim. Entre l'album de 2011 et ceux de 2014, un live sortira, Monkeys In Bercy, court (un seul disque...l'album est loin de proposer  tout le concert en CD, contrairement au DVD) mais efficace dans son genre.

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On attendait le retour des singes hurlants (un singe en images de synthèses est, depuis toujours, la mascotte du groupe, et un membre virtuel : Goz), et ça sera le cas en 2017 via un EP (ApeTizer, titre rigolo en jeu de mots : 'ape' en anglais signifie 'singe', 'tizer' est une manière comme une autre d'écrire 'teaser' en franglais, et le tout donne 'appetizer', que l'on comprend sans avoir besoin de le traduire) comprenant 5 titres, dont deux titres se retrouveront sur l'album, qu'ils annoncent en février pour une sortie en novembre. Le 17. L'album s'appelle The Evol', ce qui est un jeu de mots sur 'love' (regardez les labels des faces B et D du vinyle, où le titre de l'album est écrit à l'envers !) et un raccourci du mot 'évolution'. Sorti en double vinyle ainsi, évidemment, qu'en CD (le CD est un livre-disque), l'album est accompagné d'un livret racontant une histoire, en français, intitulée "La Métamorphose", illustrée, et dont le sujet est à rapprocher de l'ambiance et des thèmes des chansons de l'album. Un album qui dure 58 minutes, offre 13 titres, et, franchement, énormément peu de déchets dans l'ensemble. C'est un fait : la face B, Wrong Side excepté (une tuerie), est le ventre mou de l'album. Non pas que les chansons qui s'y trouvent soient mauvaises (aucune ne l'est), mais On Fire est bourrin sans originalité, Summer Camp est une ballade quasi-acoustique très belle, mais on n'écoute pas le Ponk pour ça, et Wataman est frénétique et délirant comme du Ponk habituel, mais n'est pas ce que le groupe a fait de mieux dans ce registre. 

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Mais le reste, oh putain ! The Evol' est incontestablement, à mes yeux et mes oreilles (il m'a fallu deux écoutes pour le savoir, et une troisième pour en avoir la totale confirmation) le meilleur album du groupe. Eux qui avaient surpris en bien avec The Geeks & The Jerkin' Socks et The White Pixel Ape, et légèrement frustré avec The Black Pixel Ape, reviennent en furie ici. Mis à part trois morceaux (qui, en tout, ne totalisent que 10 minutes sur les 58 ; retirez-les et l'album reste d'une durée des plus efficaces et respectables) un peu anodins donc, l'album est une ribambelle de futurs classiques : Gung Ho (sorti en avant-première de l'album), Bunker, Wrong Side, Mysterious Ways pourraient être de vrais tubes si leurs ambiances très metal à donf (guitares saturées et hurlantes, basses vrombissantes) ne risqueraient de faire peur aux programmateurs des radios. Fear Ya est une furie hurlante et électro qui a été mon premier coup de coeur sur l'album. Killing Hallelujah, au refrain ressemblant à s'y méprendre (c'est volontaire, vu le titre des deux morceaux) à celui du Sing Hallelujah de Dr. Alban, est un final monstrueux, Rusty Fonky est mémorable... Et que dire du gigantesque Slam & Slam'Ed, qui fait intervenir, en final, dans un spoken-word hilarant et décalé (mais vu le bonhomme, c'est tout à fait logique), Edouard Baer, oui, Edouard Baer, qui fait une apparition amicale et remarquée ? The Evol' est un album très éclectique (c'était déjà le cas de The White Pixel Ape), parfois brutal, parfois plus mélodique, toujours ahurissant de maîtrise. J'ai personnellement adoré, et il tourne en boucle sur ma platine. A noter, en final, que le vinyle de l'album (que j'ai acheté un euro de plus que le CD !) propose non pas un code de téléchargement gratuit de la version MP3 de l'album (comme souvent), mais carrément le CD de l'album dans une pochette plastique souple. Pour un euro de plus que le CD (du moins, dans l'hypermarché Leclerc où je l'ai acheté), vous avez l'album en vinyle ET en CD ! Que demande le peuple ?

FACE A

Gung Ho

Fear Ya

Faking Love

Bunker

FACE B

On Fire

Summer Camp

Wrong Side

Wataman

FACE C

Slam & Slam'Ed

Rusty Fonky

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FACE D

Mysterious Ways

Killing Hallelujah