Arcade-Fire-Everything-Now-Night-002

Je ne saurais être plus dans l'actualité : cet album sort demain 28 juillet, et nous sommes le 27 juillet à l'heure où cet article est publié, et voici donc, tadada dzim boum, le nouvel album d'Arcade Fire. Un groupe canadien (enfin, deux de ses membres, Win Butler et son frangin Will, sont américains) qui, depuis son premier album en 2004, le quintessentiel Funeral qui fera dire à tout le monde, David Bowie y compris, qu'il faudra surveiller ce groupe pour les années à venir, depuis son premier album donc, n'a rien raté, strictement rien. Petit rappel : Funeral, en 2004, un disque dont le seul (petit) défaut réside dans une production relativement moyenne par rapport aux futurs autres albums. Un disque majeur, sinon, une réussite totale de rock alternatif cérébral au titre certes mortifère (l'album a été appelé ainsi car plusieurs membres du groupe eurent à souffrir de pertes dans leurs familles à l'époque), avec des classiques à la pelle (In The Backseat, Rebellion (Lies), les différentes parties de Neighborhood...). Trois ans plus tard, le groupe de Win Butler et Régine Chassagne sort Neon Bible, au titre en allusion à un roman de John Kennedy Toole (mais c'est le seul lien avec le roman), un album enregistré dans une église désaffectée du Canada, avec un orgue d'église notamment, un album qui nécessite quelques écoutes, mais qui s'impose comme une autre totale réussite (Intervention scotche à chaque écoute, No Cars Go, Windowsill, Black Waves/Bad Vibrations ou Neon Bible sont de pures splendeurs). Encore trois ans plus tard : The Suburbs, une authentique claque, 16 morceaux et presque autant de chefs d'oeuvre (Ready To Start, Sprawl II : Mountains Beyond Mountains, We Used To Wait, le morceau-titre...), une bonne heure de musique qui ne lasse jamais, un monument d'emo-rock (car apparemment, Arcade Fire, ça serait de l'emo...) qui vous retourne les tripes et vous met souvent la larme à l'oeil. Et encore trois ans plus tard (réglés comme des horloges !), Reflektor, un double album monumental qui mélange emo, rock alternatif et dance, aux sonorités électro et très 80's parfois, et même un peu latino parfois (Here Comes The Night Time et son rythme samba), un autre chef d'oeuvre qui laisse pantois. 

everything-now

Un album tous les trois ans, tout ceci pouvait laisser présager un album courant 2016. Las, le nouvel album ne sortira que ce 28 juillet 2017, donc. Un disque qui revient au timing des deux premiers opus : il ne dure en effet que 47 minutes, durée de Neon Bible (Funeral durait une minute de plus), pour 13 titres dont certains sont très courts. Quand j'ai appris que ce nouvel album, baptisé Everything Now, allait sortir, je me suis rué de le précommander en CD et vinyle, et j'ai reçu le tout aujourd'hui, un jour avant sa sortie officielle ! Je ne l'ai donc écouté qu'une seule fois pour le moment, certes, mais comme je sens que je vais le réécouter souvent (et dès ce soir) tant j'ai été emballé, mon avis risque fort de ne pas changer d'un iota entre aujourd'hui et le 33 mars 2056. Comment définir cet album dont quelques morceaux (le morceau-titre, Signs Of Life, Creature Comfort, Electric Blue) furent disponibles en téléchargement quelques semaines avant ? Si vous adorez Arcade Fire, vous allez adorer l'album, commercialisé sous une superbe pochette (en deux versions : jour et nuit. J'ai la version nocturne, visuel plus haut) avec les paroles sur un mince feuillet recto verso en forme de prospectus de supermarché. Si vous n'aimez pas ce groupe, cet album ne va probablement pas vous faire changer d'avis, alors vous connaissez la sortie, c'est fléché. L'album est un peu du style de Reflektor (en moins recherché, moins complexe : après tout, il n'est que simple album, même s'il contient le même nombre de morceaux que Reflektor), c'est à dire à la fois rock, électro et dansant, avec des sonorités modernes et parfois, vaguement 80's. Après une très courte (moins d'une minute) introduction, le morceau-titre déboule et autant le dire tout de suite, c'est une des pièces maîtresses de l'album.  Autant le dire tout de suite aussi, les autres grands morceaux de l'album sont sur la deuxième partie : l'enchaînement Good God Damn/Put Your Money On Me/We Don't Deserve Love va...vous...foutre...à...genoux...les gars (et les filles). Je préfère ne pas trop les détailler, vous laisser la surprise, mais sachez que la ligne de basse de Put Your Money On Me va revenir vous hanter à la nuit tombée tellement elle est puissante, elle vous rooooooongera le cerveau jusqu'à ce que vous l'écoutiez en boucle....

af_everything_now_00

N'allez pas croire, parce que je viens de dire que le meilleur de l'album est en intro et en clôture, que le reste de l'album n'est pas bon. Oh putain que putain de non ! Signs Of Life et Creature Comfort (ce morceau, précisément, est même IMMENSE) sont de pures petites merveilles, et si les deux intermèdes (1,40 minute chacun) Infinite Content et Infinite_Content ne servent pas à grand chose au demeurant et au premier abord, ils ne sont pas de mauvais morceaux. Il faudra que je me penchez sur les paroles pour essayer de choper le concept, car mettre un rappel du morceau-titre en final plus un avant-gout du même morceau en intro (on notera que le dernier morceau de l'album se finit brutalement, et que la suite du morceau est...dans le premier morceau de l'album ; autrement dit, l'album est en boucle !), plus ces deux intermèdes, laisse forcément présumer que cet album est conceptuel, je ne me gêne d'ailleurs pas pour mettre le tag 'concept' en bas d'article. Tous les albums du groupe sont conceptuels, pourquoi pas celui-ci, plus dansant et accessible que les autres, mais clairement pas moins bon, malgré ce que quelques critiques (anglophones, sur Rate Your Music) assassines ont pu en dire. Everything Now est un régal de rock plus ou moins électro, la production est à tomber par terre sur des lames de rasoir et à en redemander en pleurant d'excitation, les morceaux sont superbes (Creature Comfort, Put Your Money On Me), aucun n'est moins fort que le reste même s'il est vrai que la triplette finale (enfin, juste avant le rappel du morceau-titre) et le morceau-titre sont inoubliables. Définitivement, Arcade Fire est un grand, GRAND, GRAND groupe !

 Voilà-voilà.

FACE A

Everything_Now (Continued)

Everything Now

Signs Of Life

Creature Comfort

Peter Pan

Chemistry

Infinite Content

Infinite_Content

FACE B

Electric Blue

Good God Damn

Put Your Money On Me

We Don't Deserve Love

Everything Now (Continued)