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Depuis son retour en 1992, Ringo a publié un album tous les deux-trois ans à peu près (excepté l'écart de six ans entre Time Takes Time en 1992 et Vertical Man en 1998 et un an entre ce dernier et I Wanna Be Santa Claus en 1999). En fait, c'est le cas depuis Ringo Rama en 2003. Il y à eu ensuite Choose Love en 2005, Liverpool 8 en 2008 (et un best-of en 2007 !)... et, en 2010, Ringo nous offrit un nouvel album, comme pour confirmer ce désormais sempiternel écart. Ce nouvel album (qui ne l'est plus, car depuis, deux autres ont suivi) sortira sous une pochete comptant parmi les plus paresseuses de la discographie de lex-Beatles, mais aussi paresseuse qu'elle est (une photo noir & blanc de Ringo, debout, habillé de noir, souriant, lunettes noires, sur fond blanc d'un côté de la pochette recto, et un fond entièrement noir avec le titre en simples lettres blanches de l'autre côté, une pochette qui me fait beaucoup penser à celle du Isolation de Toto sorti en 1984), la pochette de cet album de 2010 n'est pas horrible pour autant. L'album marque le début d'une nouvelle ère pour Ringo, qui a cessé sa collaboration avec le producteur Mark Hudson (qui a bossé sur les albums de Ringo de 1998 à 2008, même si Liverpool 8, le dernier album de leur collaboration, n'avait pas été fait en totalité avec Hudson) et a autoproduit l'album en collaboration avec un certain Bruce Sugar. L'album fourmille de guests savoureux, de vraies pointures, et notamment Dave Stewart (Eurythmics), déjà aux fourneaux sur la moitié de Liverpool 8, et Joe Walsh (Eagles), qui lui avait fait l'album Old Wave en 1983. Quant au titre de ce nouvel album, je ne l'ai toujours pas cité, c'est Y Not (se prononce 'why not') et il est une probable allusion à ce que Ringo aurait répondu à des gens lui demandant s'il comptait un jour s'essayer à l'autoproduction d'un album (ce n'est probablement pas l'explication du titre de l'album en réalité, mais ça me permet de finir plus aisément ce premier paragraphe).

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Verso de pochette (ici boîtier CD) : sans doute le portail de la propriété de Ringo, vu les étoiles !

10 titres sont au programme de cet album court (36 minutes ; son plus court depuis Old Wave qui faisait à peu près la même durée) mais, autant le dire tout de suite en intro à ce deuxième paragraphe, vraiment réussi. Y Not est indéniablement un des meilleurs albums de Ringo Starr, à ranger dans le Top 3 de l'ex-batteur aux côtés de Ringo (1973) en tant que n°1 et de Vertical Man en tant que N°2. Dernier du podium, ce Y Not qui vraiment ne démérite pas du tout. Et comme je l'ai dit plus haut (allez vérifier si vous ne me croyez pas ; c'est bon, vous avez vérifié, je peux y retourner ? Merci), l'album a été enregistré avec plein de guests de haute volée, comme, donc, Joe Walsh (guitare, basse, choeurs, co-écriture du premier morceau), Dave Stewart (guitare, co-écriture de 2 morceaux), Edgar Winter (saxophone), Benmont Tench des Heartbreakers de Tom Petty (claviers), Joss Stone (elle chante en duo avec Ringo sur le dernier morceau qu'ils ont écrit ensemble, le très amusant et efficace Who's Your Daddy), Van Dyke Parks (qui avait notoirement collaboré avec les Biche Bois en 1967 pour leur projet avorté et maudit Smile ; ici, co-écriture d'un morceau), Don Was (basse ; producteur des Rolling Stones depuis les années 90), Ben Harper (choeurs sur un titre)... et Sir Paul d'Allerton, j'ai nommé Paul McCartney, à la basse sur Peace Dream et au deuxième chant sur Walk With You. Oyé, ça fait du monde, hein ? Même si certains, comme Harper, Joss Stone et Macca, ne sont là qu'épisodiquement, sur un ou deux titres. Peu de rejets sur cet album qui a bien pris ; en fait, je ne vois même aucune mauvaise chanson sur Y Not, celle qui me branche le moins est Can't Do It Wrong mais ce n'est pas pour autant une mauvaise chanson, elle est juste un peu anodine, et encore.

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Le morceau-titre, avec son ambiance un peu indianisante, est excellent. The Other Side Of Liverpool et Fill In The Blanks assurent. Everyone Wins et Peace Dream sont d'agréables petites chansons bien légères et optimistes comme Ringo a souvent l'habitude d'en usiner, et qui sont toujours agréables à écouter. La production est juste remarquable, elle ne détonne pas avec celle des précédents opus (notons que Steve Dudas, un des Roundheads, le groupe de Mark Hudson, qui était de la partie des albums de Ringo de 1998 à 2008, est encore là, ce qui prouve que si Ringo a cessé sa collaboration avec Hudson, il a quand même fortement apprécié de bosser avec ses musiciens), qui étaient vraiment bien produits eux aussi. Mais Y Not, après plusieurs albums soit ratés, soit un peu moyens, est une vraie bouffée d'oxygène, le meilleur album de Ringo en 12 ans, et quand j'ai établi mon petit classement Top 3 plus haut, j'ai vraiment failli le mettre en seconde position, et sans doute qu'un jour, il y sera, d'ailleurs ! J'ai tellement adoré ce disque que je me le suis payé en vinyle (bon, en même temps, je suis collectionneur, et je me suis aussi pris l'album suivant de Ringo en vinyle, et pourtant, il n'est vraiment pas terrible, cet album suivant, mais j'en reparle bientôt). On notera pour finir un livret CD des plus minables (l'illustration ci-dessus est issue de l'édition vinyle, mais en CD, dans le livret dépliant, c'est identique, au format CD), pas de paroles, le strict minimum. Dommage. En même temps, depuis 2003, c'est un peu la norme, avec Ringo... Heureusement, musicalement parlant, Y Not est excellentissime. Nettement meilleur que ce que sa pochette un peu fainéante peut laisser envisager (maais vous connaissez le dicton on ne juge pas un livre sur sa couverture, les mecs) !

Fill In The Blanks

Peace Dream

The Other Side Of Liverpool

Walk With You

Time

Everyone Wins

Mystery Of The Night

Can't Do It Wrong

Y Not

Who's Your Daddy