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Honnêtement, sincèrement, en 2005, au moment de la sortie de cet album, on n'espérait plus rien de Ringo Starr. Ses deux précédents opus avaient été de telles déceptions (et c'est peu dire) qu'il aurait pu nous refaire le Double Blanc à lui tout seul en jouant de tous les instruments qu'on n'en aurait eu rien à foutre. Donc, la sortie en 2005 de Choose Love n'a pas eu lieu avec tambour et trompettes. Quatrième production de Mark Hudson (qui coproduit avec Ringo) depuis 1998, cet album contient, comme il est indiqué fièrement au dos du boîtier, 44 minutes et 36 secondes d'amour, durée de l'album. On y trouve 12 titres oscillant entre 3 et 4 minutes chacun. L'album est moyennement généreux, moins que le précédent, Ringo Rama (2003), et c'est dommage car la première chose à dire au sujet de Choose Love est qu'il est largement supérieur aux deux précédents opus de l'ex-batteur des Fabs. Les mauvaises langues diront que ce n'était vraiment pas difficile. Oui, c'est vrai, mais, bon, ça fait quand même du bien. Comme à son habitude, Ringo (entouré du groupe de Hudson, les peu connus Roundheads) a fait venir plusieurs stars. C'est ainsi que Don't Hang Up est interprétée en duo avec Chrissie Hynde, chanteuse des Pretenders. C'est ainsi que le légendaire et regretté Billy Preston, le pote de toujours, joue de ses claviers sur Oh My Lord. Et la femme de Ringo depuis 1983, Barbara Bach, pose des voix de choeurs sur The Turnaround (elle fait la 'voix diabolique', dixit les crédits du livret). 

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On ne peut pas dire du mal de quelqu'un qu'on aime, cette phrase, une citation de Ray Charles, est imprimée sur le verso du livret CD et semble résumer tout ce que l'on pense de Ringo Starr en général. Même si j'ai personnellement dit du mal de certains de ses albums (voir les deux précédents articles sur Ringo, sur ce blog), au fond de moi, j'adore ce mec parce que c'est un Beatles et que les Beatles, attention, ça se respecte et s'aime à mort. On ne peut pas attendre de Ringo la même chose qu'on attendait de Lennon et Harrison, et qu'on attend de McCartney. Cette phrase sur le livret semble quand même un peu poussive, l'air de dire OK, ce n'est pas génial ce que je fais, mais bon, vous m'aimez quand même, hein, je le sais, donc c'est pas grave. Un peu comme une excuse indirecte. Ca partait donc mal au départ : on ouvre le disque, on trouve cette phrase, on se dit sacré Ringo, il a foiré son disque et tente de minimiser les choses avec cette citation, c'est ça ? Mais non, Choose Love, dont la pochette est plutôt réussie bien que criarde, est un très bon petit album. Toujours sous la houlette (mais plus pour longtemps, leur collaboration cessera en 2007) de Mark Hudson, Ringo est en forme ici, il chante mieux que sur le précédent opus car il semble avoir retrouvé une certaine motivation, en tout cas une motivation certaine. Tout n'est pas immense ici, loin de là, mais Fading In Fading Out (que l'on retrouvera sur le best-of Photograph de 2007), Free Drinks, Oh My Lord, Don't Hang Up et Choose Love sont excellentes. 

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Ringo ne peut pas s'empêcher des références aux Beatles (sur le morceau-titre, le pas très subtil The long and winding road is more than a song/Tomorrow never knows what goes on), mais ça fait toujours sourire. Sur Postcards From Paradise, en 2015, il écrira même une chanson, la chanson-titre, avec uniquement des titres des chansons des Beatles et de sa carrière solo, ce qui fait aussi paresseux qu'amusant.Choose Love est un bon opus, donc, un album rafraîchissant après deux merdes absolues, I Wanna Be Santa Claus et Ringo Rama, même si ce dernier contenait au moins une bonne chanson, Never Without You. Ici, tout n'est pas parfait, loin de là (Hard To Be True et Me And You ne sont pas terribles), mais dans l'ensemble les 44 minutes de l'album passent vraiment bien, faisant de ce disque, même s'il ne l'égale pas, son meilleur depuis Vertical Man (1998). En fait, si vous voulez vraiment jouer la comparaison, cet album est du niveau de Time Takes Time (1992), un très bon niveau donc. Ca fait du bien de voir Ringo en forme à nouveau !

Fading In Fading Out

Give Me Back The Beat

Oh My Lord

Hard To Be True

Some People

Wrong All The Time

Don't Hang Up

Choose Love

Me And You

Satisfied

The Turnaround

Free Drinks