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Bon, ben c'est reparti pour un peu de Ringo, il m'en reste à aborder. Et pas les meilleurs, vous pouvez me croire (enfin, si, on a quand même le super bon Y Not de 2010, mais avant d'en arriver à lui, il y en à un ou deux de vraiment pas terribles). Ringo est revenu à la musique en 1992 (après 9 ans de silence radio de ce côté-là) avec un Time Takes Time plutôt bon et convaincant, pas immense, mais vraiment sympathique, puis un Vertical Man franchement remarquable (quasiment son meilleur album) en 1998. Cet album de 1998 sera le premier de sa collaboration avec le producteur et musicien Mark Hudson, collaboration qui durera quasiment 10 ans. 1999 : le grand effondrement, avec I Wanna Be Santa Claus, un disque de chansons de Nowel (rebaptisé The Christmas Collection depuis sa réédition de 2003), une vraie purge. Ringo a souvent aimé faire le grand écart musical, un super album suivi d'une merde. Hélas pour lui comme pour nous, la suite de sa collaboration avec Hudson ne sera pas des plus réussies, même si le nadir a été atteint avec l'album de chansons de Noël quand même. Autrement dit, l'album suivant de Ringo, celui-ci, sorti en 2003 et intitulé Ringorama (ou Ringo Rama, c'est selon), est meilleur, mais c'est tout de même un sacré mauvais opus de l'ex-Beatles. Il s'agit encore une fois d'une collaboration avec Hudson et son groupe les Roundheads (un groupe que l'on ne comparera jamais de manière positive avec les Beatles ou les Stones, vous pouvez me croire ; ils sont bons, mais vraiment pas des pointures, ils font du rock correct mais sans grande envergure), Hudson qui non seulement coproduit (avec Ringo) l'album et en co-signe (avec Ringo plus d'autres membres du groupe) tous les morceaux, mais se paie le luxe d'apparaître au dos de pochette aux côtés de Ringo ; et il a aussi signé l'illustration de pochette. 

Ringo Rama (4)

Et parlons-en un peu (mais vraiment un peu !) de cette pochette : Ringo a souvent eu la main lourde avec ses visuels d'albums. On se souvient douloureusement de Ringo The 4th, de Stop And Smell The Roses... Celle de Ringo Rama est juste épouvantable, ce dessin sur fond de carrelage façon mosaïque de salle de bains... L'intérieur du mince livret (qui ne contient pas les paroles) est constitué d'une autre mosaïque, de photos celle-là, et on y voit Ringo entouré des Roundheads et de Hudson (au look de vieux motard barbu hippie sur le retour), plus les quelques invités de luxe ayant participé à l'enregistrement de l'album. Car Ringo a quasiment toujours été entouré de pointures pour faire ses disques. Ici, il y en à peu, mais excusez du peu, il s'agit de Willie Nelson (participation vocale sur Write One For Me), Van Dyke Parks (qui a collaboré avec les Beach Boys sur leur projet avorté Smile) à l'accordéon, de David Gilmour à la guitare sur I Think Therefore I Rock'n'Roll ou d'Eric Clapton sur Never Without You, chanson dédiée à George Harrison, mort en 2001. Cette chanson touchante et tendre est bien la seule de l'album (qui en contient 13, plus un titre bonus placé en fin de piste du dernier morceau, donc, en réalité, 14 titres) à valoir le coup. D'ailleurs, c'est la seule de l'album qui se retrouvera en 2007 sur le best-of Photograph (sur lequel la période 1981/2005 sera limitée à la portion congrue par rapport à la période 1971/1976 ; et les années 1977, 1978 et 1983, royalement absentes). En même temps, j'imagine mal une autre chanson de Ringo Rama sur le best-of. Aucune autre ne passe le cap des deux écoutes avant de devenir insipide.

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C'est un fait, ce disque regorge de chansons jetables. L'album est bien produit (Hudson a notoirement collaboré avec Aerosmith, pour ne citer qu'eux), le groupe qui accompagne Ringo (qui joue bien et chante comme à son habitude) est très correct sans que ça soient non plus des épées, mais le problème, ce sont les chansons. L'hommage à Harrison excepté, les chansons sont plates comme des soles écrasées par une enclume, sans saveur, sans génie, sans originalité, rien. Eye To Eye, Write A Song For Me ou bien encore Love First, Ask Questions Later sont typiquement le genre de trucs que l'on va écouter avec un petit sourire aux lèvres la première fois, mais dont on ne se souviendra jamais de la mélodie après. On notera que I Really Love Her, le morceau bonus (assez court) situé en final de l'album a été enregistré par Ringo seul, qui joue de tout (batterie, basse, guitares), ce qui est très certainement unique dans sa discographie. Le morceau n'en est pas moins inintéressant, au final. Ringo Rama est donc un disque raté, une petite cinquantaine de minutes sans goût, ce n'est pas réellement à chier comme Bad Boy ou I Wanna Be Santa Claus (ou Ringo 2012, en voilà un disque raté !), mais c'est vraiment le genre d'album que l'on écoutera une ou deux fois, mais qui prendra le plus souvent la poussière sur son étagère, coincé entre le très épouvantable disque de Noël de 1999 et un Choose Love (2005) amplement plus réussi. On notera que l'album sera commercialisé avec un DVD bonus intitulé Ringo Rama Land, consistant très certainement (je ne l'ai jamais visionné, du moins, pas encore) du making-of de l'album et de quelques interviews ou clips. Dernière chose à dire : inutile de préciser qu'à sa sortie, Ringo Rama ne se vendra pas vraiment. Ce troisième volet de la collaboration entre Ringo et Hudson montre vraiment les limites de cette collaboration, qui devient clairement une mainmise de Hudson sur Ringo (il lui impose ses musiciens, il cosigne toutes les chansons...).

Eye To Eye

Missouri Loves Company

Instant Amnesia

Memphis In Your Mind

Never Without You

Imagine Me There

I Think Therefore I Rock'n'Roll

Trippin' On My Own Tears

Write One For Me

What Love Wants To Be

Love First, Ask Questions Later

Eizabeth Reigns

English Garden/I Really Love Her