vertical-man-5549f0086db6a

Après un Time Takes Time plutôt très bon et enthousiasmant en 1992, on pouvait se dire ça y est, Ringo est de retour en forme. Et pourtant, il faudra attendre 6 ans pour que notre batteur préféré revienne avec un nouvel album. Et avec un nouveau producteur, Mark Hudson, avec qui il collaborera pour les années et albums suivant(e)s, jusqu'à 2008. Mark Hudson, qui amènera avec lui des musiciens (le bassiste Steve Dudas, notamment) et jouera par ailleurs de la guitare ou des claviers sur les albums de Ringo qu'il a produits. Hudson a aussi produit, notamment, Aerosmith, Ozzy Osbourne, les Scorpions et Cher, pour ne citer qu'eux. Il parviendra, durant ces 10 années, à faire de Ringo sa chose, si on peut dire, co-écrivant des chansons avec lui, participant à ses tournées, produisant et jouant sur ses albums. Pour le début de leur collaboration, Ringo et Hudso ont frappé fort : la seule chose d'un tant soit peu désagréable à dire au sujet de Vertical Man, album que Ringo a sorti en 1998, est qu'il contient une mauvaise chanson (I'll Be Fine Anywhere) et que sa pochette étoilée (une constante ou presque chez Ringo) n'est vraiment pas la meilleure de sa discographie, sans toutefois atteindre les atrocités visuelles de Ringo The 4th ou Ringorama. On notera que le verso de pochette réutilise la photo du Abbey Road des Beatles (mais uniquement pour Ringo), en la transformant en peinture. Musicalement, en revanche, malgré une chanson ratée, donc (j'insiste vraiment, elle n'est pas bonne), cet album est un des tous meilleurs de Ringo, sans doute même son deuxième meilleur album depuis le début de sa carrière, et ce n'est vraiment pas rien de le dire !

51329e4d59463bace0afdcf850fe55ff_full

Ringo retrouve ici sa charmante habitude de convier des stars à l'enregistrement de ses albums. Parfois le temps d'une seule chanson, parfois seulement aux choeurs, et parfois même à l'écriture ou la composition. Time Takes Time avait un peu frustré de ce point de vue ; Vertical Man remet les pendules à l'heure : Paul McCartney tient la basse et les choeurs sur What In The...World et pose des choeurs sur I Was Walkin' et  La De Da, George Harrison joue les solos de guitare sur I'll Be Fine Anywhere (oui, la mauvaise chanson, malgré la présence de George) et King Of Broken Hearts... On trouve aussi, aux choeurs, Ozzy Osbourne, Alanis Morrissette, Steven Tyler, Brian Wilson ; Tom Petty et Alanis Morrissette chantent avec Ringo sur Drift Away, morceau sur lequel la batterie est tenue par...Steven Tyler (si, si !). On note aussi la présence de Jeff Skunk Baxter et de Joe Walsh ; ce dernier, membre des Eagles de 1976 à la fin du groupe, avait collaboré avec Ringo en 1983 sur son Old Wave mal distribué. L'album contient 13 titres, dont 11 sont co-signés par Ringo, Hudson, Dudas et Dean Grakal. Les deux autres sont des reprises (Drift Away, une chanson de 1972 à la base, et surtout Love Me Do, signée par Vous-savez-qui, et que Ringo reprend avec beaucoup de légèreté et de bonhomie ; aucun des deux autres Beatles ne joue dessus, à noter). La durée de l'album est généreuse comparée aux précédents opus et à pas mal des suivants : Vertical Man dure en effet 50 minutes !

RINGO 1

Une mauvaise chanson, donc (son rythme sautillant rend I'll Be Fine Anywhere un peu insupportable à force d'écoutes) mais mis à part ça, une succession de super bonnes chansons pop bien produites (l'album précédent était signé de quatre producteurs différents, ce qui faisait qu'il pouvait sonner un peu hétérogène ; ce n'est pas du tout le cas ici) et bien interprétées. Ringo n'a jamais été un immense chanteur, mais ces chansons ont été écrites pour lui (et en partie par lui !), donc elles lui conviennent forcément à merveille. C'est vraiment dommage que Vertical Man n'ait pas été un gros succès et soit aujourd'hui un peu oublié, car il regorge de très très bons moments : Mindfield, Without Understanding, la chanson-titre, Drift Away, One, What In The...World, King Of Broken Hearts (seule chanson de l'album qui se trouvera sur le best-of Photograph de 2007), La De Da... Sincèrement, réellement, cet album à la pochette étoilée et bigarrée (voir l'intérieur du boîtier, l'inside tray, sous l'emplacement du disque) est une quasi-totale réussite (moins un titre qui, cependant, ne vient pas foutre en l'air la cohésion de l'album non plus), et un album tout simplement essentiel à tout fan des Beatles et ex-Beatles. Les albums suivants de Ringo ne seront pas aussi bons (je les aborderai tous), même si Y Not, en 2010, vaut vraiment le coup, et que Choose Love (2005), Liverpool 8 (2008) et Postcards From Paradise (2015) ont plus de bons moments que de mauvais. Mais Ringo ne fera jamais plus aussi bien qu'avec ce Vertical Man, son seul album capable de rivaliser avec le chef d'oeuvre Ringo de 1973 !

One

What In The...World

Mindfield

King Of Broken Hearts

Love Me Do

Vertical Man

Drift Away

I Was Walkin'

La De Da

Without Understanding

I'll Be Fine Anywhere

Puppets

I'm Yours