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On avait quitté Ringo Starr en 1983, en plutôt médiocre état, après un Old Wave dans l'ensemble correct mais n'ayant vraiment pas eu de bol (de gros soucis de distribution de la part de son label de l'époque, Boardwalk Records, firent que l'album ne sortira, à l'époque, que dans deux pays : l'Allemagne et le Canada), et qui est aujourd'hui à peu près aussi facile à trouver qu'un crocodile amical et végétarien. L'album fut édité en CD dans les années 90 (en 1994 si je ne m'abuse) mais cette édition CD est également très difficile à trouver, et jamais à bas prix (idem pour le vinyle, un objet de collection et à l'heure actuelle le seul album des Beatles/ex-Beatles qui me manque, je parle des albums studio originaux pas des albums en général, parce que sinon, il y à pas mal de compilations que je n'ai pas, évidemment). Old Wave et son bide commercial (en grande partie à cause de sa distribution chaotique) marquera la fin de la carrière de Ringo pendant une sacrée longue période. Il ne reviendra, en effet, avec un nouvel album, qu'en 1992 ! Entre temps, Ringo aura sorti un best-of (de sa période 1976/1983) en 1989, et la même année, créera son groupe scénique, le All-Starr Band, sorte de réunion de vieilles gloires du rock et de la pop autour de Ringo pour des concerts à la Tournée Âge Tendre avant l'heure. De multiples albums live (de qualité hautement variable, mais généralement corrects) sortiront de 1989 à maintenant.

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Mais il faudra attendre 1992, donc, pour que Ringo revienne, et ça sera avec cet album qui, ô miracle, possède une belle pochette (je dis ça, car globalement, les pochettes d'albums de Ringo sont, comment dire, euh...beurk). Plutôt court (une quarantaine de minutes, à peine, pour 10 titres), cet album a été produit par quatre producteurs différents (selon les chansons), et non des moindres : Don Was (futur producteur attitré des  Rolling Stones), Jeff Lynne (leader d'Electric Light Orchestra, producteur de George  Harrison de 1987 à la mort de ce dernier en 2001, et membre du supergroupe de Harrison les Traveling Wilburys, qu'il a produit aussi), Peter Asher et Phil Ramone (producteur notamment de Billy Joel, mais ayant aussi produit Paul McCartney). L'album s'appelle Time Takes Time. A sa sortie, cet album, par la force d'un single franchement épatant et qui marchera plutôt bien (Weight Of The World), l'album donc se vendra assez bien aussi, sans toutefois atteindre les millions d'exemplaires de l'album Ringo de 1973 (un album tellement monumental que Ringo ne parviendra jamais à l'égaler, encore moins à le surpasser). Parmi les musiciens ayant assisté Ringo sur ce disque, on trouve Benmont Tench (claviériste des Heartbreakers de Tom Petty), Jim Horn (saxophone), Jeff Lynne, Waddy Wachtel (guitare), Jeff Skunk Baxter (guitare). Par rapport aux mégastars 70's genre les anciens Beatles, Marc Bolan, Dr John, Elton John ou les membres du Band, Ringo ne s'est franchement pas entouré de grosses pointures cette fois-ci (mais attendez l'album suivant !).

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Mais ses musiciens sont vraiment excellents, et dans l'ensemble, cet album possède un son très pop/rock 90's, bien produit (malgré la surabondance de producteurs, et tous de styles différents) et que l'on écoutera encore et encore avec un plaisir total et non feint. Weight Of The World et Don't Go Where The Road Don't Go (un titre assez con, au passage) sont deux excellentes chansons que Ringo interprètera souvent en live avec son All-Starr Band, et dans l'ensemble, Time Takes Time (aussi un titre à la con : "le temps prend du temps"...) regorge de ce genre de chansons : Golden Blunders, What Goes Around, Runaways, Don't Know A Thing About Love... Ce n'est pas le meilleur album de Ringo Starr, Ringo (1973) lui étant nettement supérieur, et je trouve aussi que l'album suivant (que j'aborderai ici prochainement, Vertical Man, sorti en 1998) est lui aussi nettement meilleur que Time Takes Time ; ce n'est pas non plus le meilleur album de 1992 (année, notamment, de The Southern Harmony And Musical Companion des Black Crowes ; du premier Rage Against The Machine éponyme ; du Dirt d'Alice In  Chains ; Automatic For The People de REM ; Harvest Moon de Neil Young ; autant d'albums qui ne sont certes pas du même style que celui de Ringo pour la plupart (impossible de comparer RATM et Ringo...), mais lui sont supérieurs quand même. 1992 n'est cependant pas une grande année comme l'était 1991 et le sera 1995. Dans l'ensemble, Time Takes Time est un très bon et très honnête album de pop-rock. Venant de McCartney, on serait en droit de crier au foutage de gueule, de dire que ce n'est pas du grand art et que le bonhomme a fait mieux ; mais venant de Ringo, qui n'a jamais été un grand chanteur et dont la carrière solo est des plus aléatoires (deux-trois très bons albums, deux excellents albums, et le reste est entre le moyen et le totalement raté), un disque tel que celui-ci ne peut pas décevoir. Au final, c'est un des albums les plus rafraîchissants de sa carrière solo et, à l'époque, son meilleur depuis 1974 et Goodnight Vienna ! N'en attendez pas un chef d'oeuvre, mais si vous aimez bien Ringo (et comment détester Ringo, ceci dit ?) et que vous êtes curieux(se) de nature, laissez vous tentez, c'est un album sympathique comme tout. 

Weight Of The World

Don't Know A Thing About Love

Don't Go Where The Road Don't Go

Golden Blunders

All In The Name Of Love

After All These Years

I Don't Believe You

Runaways

In A Heartbeat

What Goes Around