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On continue avec les Beatles : j'ai un certain retard à rattraper concernant les albums non abordés sur le blog, et ceux des Beatles que je n'ai pas encore abordés en font bien entendu partie. Concernant ce mythique groupe, tous les disques que j'aborderai sont des compilations, ceci dit, d'un intérêt musical secondaire, voire tertiaire, voire même, pour celui que j'aborde aujourd'hui, quaternaire. Mais quand même, ce sont les Beatles, donc ce que l'on trouve sur cette compilation est, comme toujours, remarquable, immense. Celle-ci date de 1982 et s'appelle Reel Music, ce qui signifie 'musique de bobine' en gros. Pourquoi un tel titre ? La vision de la (très moche, mais c'est mon avis sur la question) pochette de l'album donne un gros indice : une salle de cinéma devant laquelle se pressent plusieurs versions, à plusieurs époques, du groupe, et les titres de leurs films sur la marquise de façade. Reel Music, c'est une compilation regroupant les chansons issues de leurs films. Pas toutes leurs chansons, car cette compilation est simple et ne dure qu'une petite quarantaine de minutes (et ne contient que 14 titres). Il aurait fallu deux disques bien remplis, sillons serrés à muerte, pour tout faire tenir, et encore. Non, cette compilation fait une sélection de 14 titres, comme je l'ai dit, le meilleur des chansons écrites pour les films des Beatles. Ceci dit, il y à quand même des absents.

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Verso de pochette

Ca ne surprendra personne, mais cette compilation, une des dernières qu'EMI/Parlophone/Capitol (Capitol pour les USA) sortira avant que les Beatles survivants et leurs ayant-droits ne fassent cesser le massacre, n'a jamais été officiellement éditée en CD (à voir des images sur le Web, une édition pirate existerait...), au même titre que Rock'n'Roll Music (1976), Love Songs (1977), Rarities (1979, aujourd'hui complètement représentée via les Past Masters, qui contiennent 100% des raretés présentes sur Rarities) et The Beatles Ballads (1980). Reel Music est une des ultimes, si ce n'est l'ultime, livraison beatlesienne de ce genre. Après les rock'n'rolls qui butent, après les chansons d'amour, après les raretés, après les ballades (qui faisaient un gros double emploi avec les chansons d'amour), voici les chansons de films. On comprend sans peine pourquoi cette compilation n'a jamais été, et ne sera jamais, éditée en CD. Etant donné qu'on a été jusqu'à sortir en CD, séparément qui plus est (mais aussi en coffret), l'ensemble des albums américains Capitol du groupe, y compris les versions ricaines de Rubber Soul et Revolver (quelques morceaux en moins par rapport aux versions anglaises originales), on comprend bien que si Reel Music avait du être édité en CD, putain, ça serait déjà fait depuis belle lurette. Cette compilation très sympathique à écouter, et commercialisée, à l'époque, avec un chouette petit livret ("The Beatles Souvenir Program", il était intitulé) de 12 pages, richement illustré, et comprenant 5 longs textes sur chacun des 5 films du groupe, cette compilation n'en demeure pas moins d'une flagrante inutilité. On atteint ici, en quelque sorte, les limites de l'opération machine-à-fric qu'EMI/Parlophone/Capitol avaient entrepris dès la fin du label Apple Records en 1975. Tout Beatlemaniaque normalement constitué se doit de posséder ce disque parce que tout Beatlemaniaque normalement constitué est un veau qui achète tout ce qui à trait à son groupe favori, de la énième compilation aux serviettes en papier customisées, en passant par les DVD, Blu-Ray, livres et autres figurines. Mais si vous n'êtes pas fan, passez votre chemin, surtout qu'il vous faudrait, pour acquérir ce disque, dépenser une somme d'argent plus ou moins conséquente (dans les 15/25 € l'exemplaire, vinyle évidemment, tout dépend de l'état, du pressage et du fait qu'il y ait, ou pas, le livret dedans) et, autre condition, posséder une platine vinyle, évidemment). 

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Le livret

Le fond du tonneau, ici, assurément. Le pire, c'est qu'en même temps, un single (que je possède : je l'ai déjà dit, je suis un Beatlamaniaque hors de contrôle) fut commercialisé, pour promouvoir ce truc, et ce single est une des choses les plus barges jamais pondues dans l'univers des Beatles : le Movie Medley. Presque 4 minutes pendant lesquelles une sélection des chansons de films sont entremêlées, par bribes. Un medley, une des pires choses jamais imaginées... De quoi anéantir le pouvoir d'une chanson, en extraire la moelle, la secouer dans tous les sens pour la sécher... La face B de ce single monstrueux (dans le sens péjoratif du terme) était une chanson issue de la bande-son de A Hard Day's Night absente de Reel Music : I'm Happy Just To Dance With You (de Harrison), une chanson d'à peine 2 minutes, sympathique mais qui n'avait clairement pas vocation à finir comme face B de single. A la base, on avait prévu des extraits d'interviews des Beatles survivants à la place, mais ça sera refusé. Ca en aurait fait un single encore plus bizarre...

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Une des double-pages du livret

Et l'album ? Comme je l'ai dit, il regroupe le meilleur des chansons écrites pour les films des Beatles. Elles sont présentées par ordre chronologique des films et albums, ce qui n'est pas forcément l'ordre chronologique de l'écriture des chansons, même si c'est quasiment tout le temps le cas, en fait (deux exceptions, les deux chansons de Yellow Submarine). On a donc, d'abord, quatre extraits de la bande-son de A Hard Day's Night : la chanson-titre, I Should Have Known Better, Can't Buy Me Love et And I Love Her, soit les quatre meilleures chansons de la bande-son. Les trois chansons suivantes sont de Help !, forcément : la chanson-titre, You've Got To Hide Your Love Away et Ticket To Ride. Premiers regrets : l'absence de The Night Before et I Need You. On passe ensuite à Magical Mystery Tour : la chanson-titre pour achever la face A, et I Am The Walrus pour ouvrir la seconde. Autre regret : l'absence de The Fool On THe Hill, incompréhensible. Yellow Submarine, ensuite, avec la chanson-titre et All You Need Is Love (deux chansons qui, en fait, n'ont pas été écrites pour des films, mais la gestation de la bande-son du dessin animé fut quelque peu...chaotique). Dommage que Hey Bulldog ne soit pas présent. On termine enfin avec Let It Be, car l'absence totale et assez difficilement compréhensible dans le commerce de ce dernier film en a fait limite oublier son existence : Let It Be est aussi un film, documentaire, sorti à peu près en même temps que l'album, en 1970. Il n'est commercialisé ni en DVD, ni en Blu-Ray, ni en Laserdisc, n'est jamais ressorti en salles, n'a probablement jamais été diffusé à la TV chez nous, et je ne sais pas s'il a existé une VHS (probable, ceci dit). Trois chansons : la chanson-titre, Get Back (version de l'album, pas du single) et The Long And Winding Road. Reel Music est donc une des nombreuses compilations des Beatles s'achevant sur cette chanson ! Dernier regret : Across The Universe, For You Blue, Two Of Us sont belles, aussi, et manquent. Une compilation que j'aime bien écouter de temps en temps, j'aime feuilleter son livret souvenir, mais il est quand même clair et net que son intérêt est proche de zéro. De grandes chansons, certes, mais que l'on retrouvent toutes, sans exception, sur les albums officiels. Et il manque  des classiques issus, comme ces chansons, des films. La compilation aurait pu durer plus longtemps tout en étant simple. Très paresseuse, franchement anodine, sans intérêt et ne servant qu'à se faire du fric, Reel Music est donc un objet de collection pour Beatlemaniaque atteint de collectionnite aigüe, rien de plus.

FACE A

A Hard Day's Night

I Should Have Known Better

Can't Buy Me Love

And I Love Her

Help !

You've Got To Hide Your Love Away

Ticket To Ride

Magical Mystery Tour

FACE B

I Am The Walrus

Yellow Submarine

All You Need Is Love

Let It Be

Get Back

The Long And Winding Road