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Pour ce retour à l'activité sur le blog (pour combien de temps, je ne sais pas ; c'est plutôt épisodique, désormais !), place à un objet de collection que je n'avais toujours pas abordé ici depuis le temps. C'est un coffret de 4 CDs sorti en 1990, et depuis longtemps hors-commerce (excepté, évidemment Internet et les conventions et brocantes, où vous avez des chances plus ou moins élevées - pour les brocantes,  c'est très faible - de le trouver), car remplacé depuis le temps par d'autres coffrets plus fournis et, disons, "respectables" que lui : Lennon. Oui, on va reparler de John Lennon ici, avec ce coffret qui, bien que ne s'étant pas classé dans les charts à l'époque (du moins, aux USA), a été une belle vente. Ce coffret de carton rigide contient 4 CDs aux boîtiers à l'ancienne, avec un livret proposant les paroles des chansons présentes dans le coffret. Des chansons, en tout, ici, il y en à 73. 20 sur les premier et deuxième disques, 19 sur le troisième, 14 sur le dernier. C'est une sorte d'anthologie, ou plutôt, d'intégrale, mais sans en être une, en même temps : il manque des morceaux sur chaque album de Beatle John, son premier (de 1970) excepté. Le coffret est sorti sous un visuel emblématique, une photo assez connue de Lennon en plein Lost Weekend (et si vous ne savez pas ou plus ce qu'est le Lost Weekend pour Lennon, c'est la période de 1973/1974 pendant laquelle Lennon vivra séparé de Yoko - d'un commun accord entre les deux - et à Los Angeles, afin de permettre à leur couple, alors en crise, de souffler un peu. Pendant cette période d'errance à L.A, Lennon multipliera les frasques et sera comme une âme en peine, et son retour à New York - ou était resté Yoko -, en 1974, marquera la fin de cette période assez difficile, mais ayant accouché de chefs d'oeuvre). Chaque CD est orné d'une photo similaire (un gros Lennon en lettres majuscules sur le côté, livret minimaliste) représentant à peu près la période concernée par le disque : Lennon chevelu-barbu de l'ère 1969/1970 ; Lennon aux cheveux courts, imberbe, de l'ère 1971/1972 ; Lennon en plein Lost Weekend (autre photo) ; et Lennon avec son fils Sean - né en 1975 - durant la période de retrait du monde musical (1975/1979). Le livret propose d'autres photos, bien évidemment, mais mis à part les paroles, aucun texte, ce qui est vraiment dommage. Après tout, à deux mois près, le coffret est sorti au moment de l'anniversaire des 10 ans de la mort de Lennon (en décembre 1980 ; et à quelques jours près, de l'anniversaire de Lennon, qui aurait eu 50 ans en 1990 et est né en octobre, mois de sortie du coffret).

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Le premier disque propose donc les débuts en solo de Lennon, et s'ouvre sur le sempiternel, répétitif, vaguement longuet (presque 5 minutes !) mais quand même franchement cultissime Give Peace A Chance. Après, on a la quasi-totalité, excepté Give Peace A Chance qui est déjà proposé en version studio, et Cold Turkey aussi en version studio, de la face A du Live Peace In Toronto 1969, laquelle face A est constituée de Lennon et de son groupe, le Plastic Ono Band (dans sa première version, avec Klaus Voormann et Eric Clapton), qui offraient ici, notamment, Dizzy Miss Lizzy, Blue Suede Shoes ou Yer Blues. La face B de ce live à la pochette représentant un ciel légèrement ennuagé proposait deux titres interprétés par Yoko, qui manquent évidemment ici, cette anthologie étant consacrée à Lennon, pas à sa femme... D'ailleurs, aucune chanson de Yoko, de quelque album de Lennon que ce soit (il y en à trois qui en proposent, chaque fan le sait : Some Time In New York City, Double Fantasy et le posthume Milk And Honey), n'est présente ici, pour la même raison. Les anti-Yoko ne crieront pas au scandale. Personne, en fait, n'a du crier au scandale, que ce soit en 1990 ou après ! Après cette sélection de la quasi-totalité (4 titres sur 6) du live, on a Instant Karma ! (We All Shine On), le fameux single-express de 1970 (écrit en une journée, enregistré le lendemain, pressé le surlendemain, dans les bacs le sur-surlendemain !), morceau admirable malgré sa production faiblarde (rapport à son enregistrement express, évidemment, Lennon n'a pas fignolé le morceau, il l'a enregistré vite fait pour le sortir vite fait et ça s'entend), et on a, ensuite, le seul album de Lennon que ce coffret propose en intégralité et dans l'ordre : les 39 minutes de John Lennon/Plastic Ono Band (1970), chef d'oeuvre absolu réputé inécoutable à l'époque en raison de sa production abrasive (pourtant signée Spector) et de son aspect très psychanalytique, Lennon y crachant tout ce qu'il ressent, amour, haine, mépris, colère, tristesse... Du cri du coeur de Mother (inspirée par la pratique du "cri primal" de Janov, que Lennon a essayé à l'époque) à la douleur infinie des 50 secondes de My Mummy's Dead, en passant par Working Class Hero et Love, que du lourd, que du splendide, 11 morceaux anthologiques. Power To The People (un single à succès, répétitif mais efficace) suit, ainsi, qu'en final de ce premier disque, un titre capté live, Well... (Baby Please Don't Go), que l'on trouvait sur le disque live de Some Time In New York City (1972, mais le morceau fut capté en 1970).

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Give Peace A Chance/Blue Suede Shoes (Live)/Money (That's What I Want) (Live)/Dizzy Miss Lizzy (Live)/Yer Blues (Live)/Cold Turkey/Instant Karma ! (We All Shine On)/Mother/Hold On (John)/I Found Out/Working Class Hero/Isolation/Remember/Love/Well Well Well/Look At Me/God/My Mummy's Dead/Power To The People/Well... (Baby Please Don't Go) (Live)

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Le deuxième disque commence logiquement avec le deuxième album, Imagine (1971), que l'on retrouve ici dans l'ordre et dans sa quasi-intégralité. Il manque en effet un morceau à l'ensemble, en l'occurrence les 6 minutes de I Don't Wanna Be A Soldier Mama, I Don't Wanna Die, pas le meilleur morceau de l'album on est d'accord, mais son saxophone habité (du grand King Curtis) et la froide voix de Lennon rendaient le tout très écoutable malgré cela, et le morceau est selon moi meilleur que It's So Hard ou que le gentillet Oh Yoko !, présents ici, eux. Le reste est donc bel et bien présent, on a donc les classiques absolus Imagine, Jealous Guy, Gimme Some Truth et Oh My Love, ainsi que la virulente diatribe anti-McCartney How Do You Sleep ? que Lennon dira par la suite amèrement regretter. Il est vrai que la charge était très forte ! Happy X-Mas (War Is Over), le single à succès de 1971 enregistré avec des enfants d'une école de Harlem (tout un symbole), suit derrière, rien à dire, c'est magnifique. A noter que ce single était à l'époque sorti sur un 45-tours vert... et je le possède ! Pour l'anecdote... On passe ensuite au mal-aimé Some Time In New York City, double album (un disque studio de 10 titres, un disque live de 6 titres qui était offert avec, bref l'album était vendu au prix d'un simple, sympa) de 1972, un disque que j'avoue aimer de plus en plus à chaque écoute malgré ses défauts, et qui est crédité à John et Yoko, vu qu'on a des chansons de l'un et de l'autre. Comme je l'ai dit plus haut, le coffret ne contient rien de chanté par Yoko, donc on ne trouvera pas ici We're All Water et Sisters, O Sisters (aucun regret, hein ?), ni, et là c'est vraiment regrettable tant cette chanson est sublime, Born In A Prison. Le très joli Angela non plus. En fait, des 10 titres de l'album studio, on n'en a ici que... 3 ! Parlez d'un écrémage... Il s'agit de Woman Is The Nigger Of The World (sorti en single, un bide retentissant, comme l'album), chanson féministe que j'adore malgré sa production (signée Spector) chargée comme une mule ; il s'agit aussi du très chuckberryien (RIP mec, au fait...) New York City, et de l'acoustique et moyen John Sinclair, au refrain irritant (gotta répété 15 fois, à vous faire croire que le disque est rayé !). Pour être honnête, j'aurais préféré avoir The Luck Of The Irish à la place  de ce dernier morceau, et ce, malgré les interventions irritantes de Yoko dans les bridges. Mais on ne m'a pas demandé mon avis à l'époque, et si on l'avait fait, comme je n'avais que 8 ans en 1990, il n'aurait pas été des plus utiles... Puis on a deux extraits du Live In New York City sorti de manière posthume en 1986 (un live assez décevant, capté au Madison Square Garden en 1972) : Come Together et Hound Dog, deux rocks bien énervés qui passent cependant bien. Et à propos de passer...passons. On passe, d'ailleurs, logiquement à Mind Games (1973), premier album produit tout seul comme un grand par Lennon. C'est avec  cette sélection de l'album que se terminera le deuxième disque. Si on inclus Nutopian International Anthem (3 secondes silencieuses !!), l'album offre 12 titres. 11 chansons, en fait, donc. On en trouve, ici, seulement 5. Un bel écrémage là aussi, même si, heureusement, la sélection est correcte : Mind Games, Aisumasen (I'm Sorry), One Day (At A Time), Intuition et Out The Blue. Vraiment une honte de ne pas avoir le très rock Meat City et le sublime You Are Here. Mais on s'y fait. Only People et Bring On The Lucie (Freeda Peeple) ne manquent pas trop, elles.

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Imagine/Crippled Inside/Jealous Guy/It's So Hard/Gimme Some Truth/Oh My Love/How Do You Sleep ?/How ?/Oh Yoko !/Happy X-Mas (War Is Over)/Woman Is The Nigger Of The World/New York City/John Sinclair/Come Together (Live)/Hound Dog (Live)/Mind Games/Aisumasen (I'm Sorry)/One Day (At A Time)/Intuition/Out The Blue

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En plein Lost Weekend, Lennon accouche, en 1974, de Walls & Bridges, enregistré pendant les chaotiques sessions (1973/1974) de Rock'n'Roll, album commencé avant mais sorti après, en 1975. Chef d'oeuvre absolu à la production (de Lennon) très américaine, l'album offrait 12 titres, et on en trouve, ici, 9. On sent déjà que celui ou ceux qui a (ou qui ont) oeuvré à la sélection de titres du coffret a ou ont estimé que l'album était un des essentiels de Beatle John. Les titres manquants sont le très rock (et pour tout dire sans grosse surprise) What You Got, l'instrumental Beef Jerky (que j'adore, ceci dit) et la minute rigolote, enregistrée avec son fils Julian à la batterie, de Ya Ya. Dommage pour Beef Jerky, sinon pas trop de regrets. Le reste de ce disque sublime à la pochette (vinyle) très ludique avec ses volets rabattants est donc là. Etonnant, Whatever Gets You Thru The Night ouvre le bal, placé juste avant Going Down On Love (sur l'album, c'est l'inverse). Sinon, l'ordre est encore une fois respecté. Rock'n'Roll suit ensuite. Des 13 titres de cet album de reprises qui sera le dernier de Lennon avant 1980, on n'en trouve, ici, que 6n plus un morceau issu des sessions, Angel Baby (que l'on trouvera en 1986 sur le disque d'inédits posthume Menlove Ave., qui est assez anodin). Bien entendu, Stand By Me et Ain't That A Shame sont là, de même que Just Because. Dommage en revanche pour le Medley : Rip It Up/Ready Teddy et You Can't Catch Me. Mais dans l'ensemble, bien que rigoureuse et peu généreuse, la sélection est correcte. Après, en final du troisième CD, on a la vraie surprise de ce coffiot 4 disques : les trois morceaux enregistrés en novembre 1974 au cours d'un concert new-yorkais (au Madison Square Garden) d'Elton John, qui virent Lennon monter sur scène et chanter avec Sir Reginald, suite à un pari qu'il loupera au sujet de Whatever Gets You Thru The Night ( Elton, qui a cosigné le morceau, assurera que la chanson cartonnera ; Lennon, peu convaincu, pariera avec lui que si c'est le cas, il la chanteront ensemble à un concert d'Elton, dont acte ici !). Ces trois morceaux sortiront en 1981 sur un EP (que je possède). Sauf erreur de ma part, c'était la première fois qu'on les avait, ici, en 1990, en CD. Ces trois titres sont donc Whatever Gets You Thru The Night, Lucy In The Sky With Diamonds (qu'Elton chantera en solo, de même que One Day (At A Time), autre chanson de Lennon, par la suite) et I Saw Her Standing There. Du grand art.

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Whatever Gets You Thru The Night/Going Down On Love/Old Dirt Road/Bless You/Scared/#9 Dream/Surprise Surprise (Sweet Bird Of Paradox)/Steel And Glass/Nobody Loves You (When You're Down And Out)/Stand By Me/Ain't That A Shame/Do You Want To Dance/Sweet Little Sixteen/Slippin' And Slidin'/Angel Baby/Just Because/Whatever Gets You Thru The Night (Live)/Lucy In The Sky With Diamonds (Live)/I Saw Her Standing There (Live)

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Le dernier disque, plus court, contient ce que Lennon a sorti par la suite, sur Double Fantasy (1980, sorti quelques 3 semaines avant son assassinat) et Milk And Honey (1984, constitué de chansons enregistrées pendant les mêmes sessions que Double Fantasy). Ces deux albums sont constitués en moitié de chansons interprétées (et écrites) par Lennon et de chansons interprétées (et écrites) par Yoko, en alternance. 14 titres (7 de chaque) sur le premier album, et 12 titres (6 de chaque) sur le second. Compte tenu que ce coffret ne comprend aucune chanson chantée par Yoko, ça veut dire, donc, qu'on a les 7 titres lennoniens de Double Fantasy et les 6 titres lennoniens de Milk And Honey, soit 13 titres en tout (certains fans de Lennon avaient certainement, à l'époque, fait leur propre cassette, puis CD par la suite, de ces chansons, en virant sans état d'âme les titres de Yoko Ono, dont certains sont pourtant immenses : Beautiful Boys, Your Hands, You're The One, Give Me Something, Kiss Kiss Kiss, Every Man Has A Woman Who Loves Him). Ce dernier disque du coffret, quelque part, le fait pour eux. Pourtant, ce quatrième CD n'offre pas 13 titres, mais 14. Quel est l'intrus ? Une version interprétée par John du Every Man Has A Woman Who Loves Him de Yoko, justement, enregistrée durant les mêmes sessions, et qui sortira en single en 1984, pour promouvoir une compilation de reprises de chansons de Yoko par d'autres artistes (ce n'est pas une blague ; Lennon envisageait depuis longtemps de faire un tel disque, et il n'en aura jamais eu l'occasion). Le single, en 1984, sera un bide, malgré qu'il s'agissait de Lennon et qu'en 1984, il était déjà une vache sacrée. Une très belle reprise, par ailleurs, qui constitue l'autre surprise de ce coffret avec les trois titres live du final du précédent disque. Je ne sais pas si on trouve cette version lennonienne de cette chanson de Yoko ailleurs que sur ce coffret désormais hors-commerce, un coffret généreux mais pas parfait, fausse intégrale au design raté et grossier, mais que tout Beatlemaniaque averti se doit de posséder chez lui, ne serait-ce que par souci de complétisme. Et puis, même si tout n'y est pas, même s'il manque des chansons, il n'en demeure pas moins que Lennon est toujours génial à écouter, et qu'on prend un vrai plaisir à chaque fois.

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(Just Like) Starting Over/Cleanup Time/I'm Losing You/Beautiful Boy (Darling Boy)/Watching The Wheels/Woman/Dear Yoko/I'm Stepping Out/I Don't Wanna Face It/Nobody Told Me/Borrowed Time/(Forgive Me) My Little Flower Princess/Every Man Has A Woman To Loves Him/Grow Old With Me