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J'aime Neil Young, j'adore Neil Young même, mais franchement, il y à des fois, il ferait mieux de se casser la gueule dans une cage d'ascenseur vide au 15ème étage d'un immeuble plutôt que de sortir certains albums. Ou disons plutôt, pour le cas qui nous intéresse ici, certains projets. En 2015, le Loner a sorti un album intitulé The Monsanto Years, un disque (non chroniqué ici, je le ferai sans doute un jour car j'ai du retard à rattraper, notamment concernant Neil Young) enregistré avec un groupe du nom de The Promise Of The Real, constitué notamment de Lukas et Micah Nelson, fistons de Willie Nelson le red-headed stranger, vous savez bien, Stardust, Shotgun Willie... L'album était ma foi très bien, assez engagé (pour le moins, même, on peut dire !!!), était accompagné d'un DVD que je n'ai pas vu (s'il est aussi passionnant que certains DVD accompagnateurs de certains albums du Loner, ça ne promet pas grand chose) et d'une pochette donnant le tournis, car imprimée à l'endroit comme à l'envers. Un an après The Monsanto Years, Neil publie un double album (pas de DVD, cette fois, que deux CD) intitulé Earth. Cet album donc. Egalement enregistré avec The Promise Of The Real, il s'agit d'un live enregistré en divers endroits durant la tournée de l'album de 2015. Enfin, live... il a été retouché en studio, Neil ne s'en cache d'ailleurs pas, des choristes ont posé des voix en studio, et surtout, surtout, et c'est là que le bât blesse le plus concernant Earth, Neil a fait rajouter des effets sonores tout du long de l'album, au début, à la fin, et entre les morceaux, et parfois même pendant les morceaux. Et ces effets sonores sont...animaliers.

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Oui, vous avez bien lu, animaliers. Bruits de basse-cour, de chiens, d'insectes, des vrombissements, caquètements, grognements qui polluent littéralement le concert et donnent l'impression que le show a été enregistré à Thoiry ou au Salon de l'Agriculture. Pourquoi ce tel déferlement de bruits d'animaux ? Neil s'en défend en clamant que ce live est une ode à la Nature (de fait, le concert s'ouvre sur le classique Mother Earth), et je n'ai rien à dire sur ce point, c'est tout à l'honneur du Loner de faire ça, mais dans ce cas, les bruits animaliers ne servent à rien si on en abuse. En mettre un peu en intro, OK, et pourquoi pas à la fin aussi, OK, mais pas partout, putain. Entre chaque morceau, et comme je l'ai dit, parfois pendant même le morceau, on est parasités par ces effets sonores des plus horripilants. J'ai failli stopper l'écoute à plusieurs reprises, mais j'ai tenu le coup tout du long des quasiment 100 minutes du concert. Concert qui, de plus, s'achève sur une version épouvantablement longue de Love And Only Love. Ce morceau, issu de Ragged Glory (1990), fait 10 minutes dans sa version studio. Neil ayant tendance à en rajouter, le morceau a souvent duré bien plus longtemps en live, mais là, il a fait fort, on a 28 minutes de ce morceau ! Le premier quart d'heure, OK, rien à dire, mais ensuite, ça se traîîîne en longueuuuuuurrrrrrr, c'est épuisant. Trop long, mec. Le live, sinon, offre des morceaux rarement entendus en lives, justement, comme Vampire Blues, Human Highway ou Western Hero, bien joués (le premier disque est de loin le meilleur des deux), et on a des extraits de The Monsanto Years (le morceau-titre, Wolf Moon, People Want To Hear About Love, Big Box). Seed Justice est un morceau inédit. Quant à Hippie Dream, il est issu de Landing On Water (1986), un des pires albums du Loner. Mais c'est une chanson plutôt correcte.

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On a aussi After The Gold Rush, My Country Home et Mother Earth, donc, sur ce double live dans l'ensemble épuisant malgré que le Loner et son groupe soient en grande forme. Mais entre une version horriblement longue de Love And Only Love et ces bruits d'animaux qui parasitent littéralement l'ensemble, ce Earth, malgré qu'il parte d'une excellente intention, est raté. De même que sa pochette, sobre mais foirée, une constante, hélas, dans la discographie du Canadien. Sans parler de son dernier album en date (Peace Trail, sorti ultra récemment, je ne l'ai pas encore écouté, il ne me semble d'ailleurs pas terrible), dont la pochette est constituée d'un fond de couleur de style kraft sur lequel est écrit le titre de l'album en manuscrit, les albums de Neil sont le plus souvent, à de rares exceptions comme On The Beach, Time Fades Away ou Everyvody Knows This Is Nowhere, sortis sous des pochettes absolument hideuses. Citons Silver & Gold, Broken Arrow, Zuma, Harvest, Prairie Wind, Landing On Water, This Note's For You, Chrome Dreams II... Je ne parle pas du niveau musical de ces albums (Zuma, Harvest, Chrome Dreams II sont remarquables), mais de leur contenant, du visuel. A croire que a) Neil Young ne s'intéresse pas au visuel pour ses albums, ou que b) il ait des goûts de chiottes en la matière. Pour Earth, encore une fois, il ne fait pas exception. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Et quand, en plus, le contenu ne suit pas, ça fait un disque de plus à écouter une fois et à remiser sur l'étagère, où il risquera fort de prendre toute la poussière que ses illustres aînés Time Fades Away (réédité en vinyle récemment, et enfin disponible en téléchargement payant, mais toujours pas en CD...), Weld ou la plupart des Archive Series, pour ne parler que des albums live de Neil Young, n'auront jamais l'occasion de prendre.

CD 1

Mother Earth

Seed Justice

My Country Home

The Monsanto Years

Western Hero

Vampire Blues

Hippie Dream

After The Gold Rush

Human Highway

CD 2

Big Box

People Want To Hear About Love

Wolf Moon

Love And Only Love