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Les enfoirés sont de retour ! Pas les p'tits chanteurs frouzes qui se réunissent une fois par an pour un big concert filmé par TFmuche, non, les autres. Les Cailloux. Les papys. Oui, ces enfoirés-, putain de merde de renne irlandais ! Si on m'avait dit, en 2016, peu importe quand jusqu'à juillet ou août en tout cas, que les Rolling fuckin' Stones sortiraient un nouvel album studio, je ne l'aurais pas cru. Merde, leur dernier album remonte à 2005 quand même, cet incroyable A Bigger Bang qui, lui-même, remontait à huit ans après le tout sauf incroyable Bridges To Babylon, lequel, lui, remontait à...bref. 11 ans entre deux opus stoniens, voilà quasiment un record (attendez un peu ! Mais oui, c'est même un record !), et on n'y croyait plus. Bon, on ne croyait plus à un nouvel album de Renaud non plus, et pourtant... Sauf que lui n'aurait pas du. Les Galets, eux, ont bien fait. Blue And Lonesome, tel est le titre de ce nouvel opus, un opus très court (42 minutes pour 12 titres - l'édition vinyle collector est double, trois titres par face, ce qui est un peu trop ; le vinyle classique est sobre, simple disque) par rapport aux précédents. C'est le disque studio le plus court du groupe en 30 ans, le plus court depuis Dirty Work. Ils l'ont enregistré en quelques jours, à l'ancienne, en mode premier album de Led Zeppelin, quoi. La pochette de l'album a officiellement fuité quelques semaines (ou mois ? ayant précommandé le disque quasiment le jour de son apparition sur les plateformes de vente en ligne, je ne sais plus quand exactement c'était...) avant la sortie, le 2 décembre dernier, soit il y à quasiment un mois, de l'album. Une pochette hideuse, bleu et rosêatre, avec le fameux logo des Stones en immense. Donne pas envie, cette pochette. Il faudra pourtant bien passer outre, et dans un sens, elle a du sens, cette pochette : elle est bleue, il y à la mention de cette couleur dans le titre de l'album...

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...et plus important encore, ce que je n'ai pas encore dit, ce disque est entièrement constitué de blues. Pas de nouvelles chansons, mais des reprises, des vieux standards, certains quand même franchement méconnus, de beuhlouuuuze à l'ancienne, du Chicago blues. Comme Mick Jagger le dit dans les notes de pochette du livret CD (notes non reproduites dans le vinyle collector, et probablement dans le vinyle non-collector, y'à pas d'raison pour ça), aucun album du groupe ne ressemble à celui-là, pas même leur premier, qui était pourtant en majeure partie constitué de reprises de standards du genre. On peut d'ailleurs, vu l'âge des membres du groupe (les Charles Aznavour du rock !), raisonnablement penser que Blue And Lonesome sera leur dernière livraison studio. Si c'est le cas, comment mieux finir une discographie que par un disque de ce genre ? Les Stones viennent du blues, leur nom même est issu d'une chanson de Muddy Waters, et ont commencé leur plutôt impressionnant carrière par chanter du blues. En achevant leur carrière par un disque de blues, quelque part, ils referment élégamment un cercle. Logique implacable. Remarquablement produit par Don Was et les Glimmer Twins (rappelons que sous ce terme se cachent Jagger et Richards), Blue And Lonesome offre donc douze standards de blues, tels que I Can't Quit You Baby (popularisé par Led Zeppelin en son temps) pour le plus connu. Je ne vais pas rentrer dans le détail : tous sont excellents. Jagger est en forme, et use pas mal énormément d'un harmonica très efficace, Richards et Wood, en mode bluesy, assurent, la batterie de Charlie Watts est, comme toujours, excellente, Darryl Jones (éternel remplaçant non-titulaire de Bill Wyman depuis son départ en 1995) est très bon à la basse, et on a des invités : Chuck Leavell (claviers), Jim Keltner (percussions), et Clappy, Eric Clapton (je ne vous ferai pas l'affront de dire de quoi il joue). Pas tant d'invités que ça, Keltner et Clapton étant les seuls stars ici.

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Ce nouvel et peut-être (mais va savoir) dernier opus des Rolling Pierres est donc une belle réussite dans le genre, même si certains penseront peut-être le résultat paresseux et auraient préféré un album de nouvelles chansons. Euh, si c'est pour faire  des chansons du niveau de Doom & Gloom (chanson sortie il y à quelques années pour promouvoir le 3658ème best-of officiel du groupe, j'exagère à peine), il valait mieux, dans ce cas, faire des reprises de blues, hein ? A Bigger Bang assurait du haut de son heure bien tapée de musique, mais tout n'y était pas parfait, loin de là. Perso, j'ai vraiment accroché à ce nouvel opus, un back to the roots bien efficace et salvateur, sans doute un peu prémonitoire aussi, parce qu'à moins de se sortir les doigts dans les prochains mois afin de refaire un disque, cette fois-ci constitué de titres inédits, ça se pourrait bel et bien, comme je l'ai dit plus haut, que Blue And Lonesome (titre d'un des morceaux, au fait) soit le dernier opus du groupe, la fin de la boucle, une longue boucle entamée il y à plus de 50 ans. Que des types de leur âge, ayant vécu toutes sortes de dérives (drogues dures...) depuis tant d'années, soient encore tous là (sauf Brian Jones, mort en 1969, et leur pianiste et manager Ian Stewart, mort en 1986 (ou 85 ?), même Wyman qui a quitté le groupe en 1995 est encore de ce monde, et heureusement), en forme, en activité, et envoient toujours autant le bois dur sur scène (Havana Moon, leur concert gratuit donné à Cuba en 2016, sorti en CD et  DVD/blu-ray récemment, en est la preuve, même si la setlist sans surprise est une déception ; mais pas l'interprétation...), quand on pense à ça, à leur longévité, ça force le respect. Avec ce nouvel album, ils paient leur tribut au blues, sans qui ils n'existeraient pas. D'une honnêteté totale, Blue And Lonesome ne plaira pas à ceux qui n'aiment pas le blues. Mais ceux-là, dans ce cas, peuvent-ils aimer le rock ?

Just Your Fool

Commit A Crime

Blue And Lonesome

All Of Your Love

I Gotta Go

Everyboby Knows About My Good Thing

Ride 'Em On Down

Hate To See You Go

Hoo Doo Blues

Little Rain

Just Like I Treat You

I Can't Quit You Baby