For Unlawful Carnal Knowledge

On continue avec Van Halen ! Car en effet, il serait dommage de s'arrêter en si bon chemin. Depuis l'arrivée de Sammy Hagar en 1986, le formation Californienne s'était transformée en usine à billets verts. Chaque album terminait N°1 au Billboard 200, " 5150 " et " OU812 " ont été respectivement 6x et 4x platine aux USA, grâce à un virage musical offrant des titres très mainstream. Résultat des courses ? Un groupe pépère qui effectue ses tournées tranquille chez lui, en terre conquise, sans daigner s'éloigner de l'Amérique du Nord pour venir jouer en Europe. Et bien en 1991, le quatuor s'auto-tamponne le cul et revient à un Hard Rock pur et dur, et même fameux ! En ce sens, " For Unlawful Carnal Knowledge " (ou, en l'appelant par ses initiales : " F.U.C.K ") est tout simplement le meilleur album de l'ère Hagar, et le meilleur du groupe depuis " Fair Warning " sorti en 1981, soit en 10 ans! Personnellement, n'ayant jamais vraiment accroché à " 5150 " ni à certaines scories encore présentes sur " OU812 ", je ne pouvais que me réjouir d'un retour aux sources, un retour au bon vieux Hard qui tabasse, en écoutant cet album. Et pour marquer le coup, quoi de mieux qu'un retour de Ted Templeman à la production ? Celui-là même qui avait déjà produit les 6 premiers albums de Van Halen, et le seul capable de retranscrire sur disque toute l'intensité que dégage le groupe.

" F.U.C.K " donc (pour aller plus vite), sort le 18 juin 1991 et dure 52 minutes pour 11 titres, ce qui le rend plus long que ces prédécesseurs, mais cette durée sera à nouveau battue. Une pochette à nouveau sobre, et décidément, c'est mieux comme ça (vous voulez qu'on reparle de la pochette de " 5150 " ?) La production, comme je le disais, est excellente. Le seul bémol, c'est ce son de batterie où la reverb est un poil abusée, mais c'est tout. Musicalement, le groupe se fait plus mature, la fun attitude de l'ère David Lee Roth n'est définitivement plus de mise. Désormais, tout est plus mélodique, Sammy Hagar fait des merveilles avec sa voix éraillée, il est aussi bon que Diamond Dave, quoiqu'en disent les puristes, tout en étant radicalement différent.

Au menu, que du solide, pas de place pour la soupe ici. D'ailleurs le synthé a déserté l'album. On trouve seulement du piano sur la power ballade "Right Now", un morceau magnifique qui est aussi le tube principal de l'album, pour le reste, c'est 100% guitare. ... En fait non : l'intro du premier titre, "Poundcake", est joué à la perceuse. Vous avez bien lu. Le père Eddie a du trouver amusant d'utiliser une perceuse près des micros de sa guitare, et voilà le résultat. Le reste du morceau est un mid-tempo heavy qui est une parfaite entrée en matière pour annoncer la couleur de l'album. Des titres de Hard classiques ("Runaround", "The Dream Is Over"), mais qui envoient du pâté, comme "In N' Out" avec son intro exceptionnelle, "Judgement Day" et son riff qui fait mouche, ou encore le refrain magique de "Top Of the World" qui termine l'album avec la participation de Steve Lukather sur les chœurs et qui est, certes, un titre un peu calibré, mais néanmoins excellent, et n'ayant rien du tout en commun avec l'insupportable "Feels So Good" de l'album précédent. Il me rappelle plutôt "Dance the Night Away" sur l'excellent " II ".

Je fais mumuse avec ma perceuse, huhu

"Je fais mumuse avec ma perceuse, huhu"

Certains titres se démarquent un petit peu du lot : "Spanked" est un titre mid-tempo funky un peu bizarroïde, avec une ambiance qui sort assez du registre habituel du groupe, mais très réussi. "Man On a Mission" quant à lui, encore mid-temp (la quasi moitiée de l'album l'est, en fait) carrément groovy, et se veut joyeux et dansant. Des défauts, il y en a : la fin à rallonge de "In N' Out", ou bien "Pleasure Dome" qui, même s'il se démarque avec son ambiance noire et son rythme particulier, me gonfle un peu avec sa rythmique inutilement complexe. Quant à "316", appelé ainsi par rapport au fils d'Eddie, né le 16 Mars '91,  c'est un instrumental sympathique mais en rien innovant, d'autant que ce morceau date de bien avant (Eddie le joue au début de son solo dans le "Live Without a Net" de 1986 à New Haven). Mais franchement, au niveau des défauts, c'est à peu près tout ce que je trouve.

Van Halen nous livre donc une galette jouissive, pêchue, qui se déguste avec plaisir du début à la fin. C'est important de le signaler car ce n'était pas arrivé depuis longtemps, la très grande partie des albums du groupe étant très inégaux. Ici pas de chichis, Van Halen trace, point final. C'est toujours dans cet état d'esprit "A fond, à fond" que le groupe est le meilleur. Et c'est malheureusement le dernier album conçu dans cette optique, ce qui fait de ce " F.U.C.K " le dernier grand disque du groupe, car ici on peut effectivement parler de grand disque, qui prouve que, même si l'inspiration ne suit pas toujours à la chaîne sur les différents albums, Van Halen n'a rien perdu de son savoir-faire. Chapeau bas, messieurs.

 

 - Liste des titres -

Poundcake

Judgement Day

Spanked

Runaround

Pleasure Dome

In N' Out

Man On A Mission

The Dream Is Over

Right Now

316

Top Of the World