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Pour cette dernière chronique sur le Thon Chaud (non, décidément, ce nom de groupe, je ne m'y ferai jamais, jamais, jamais), place au septième album du groupe, un disque sorti en 1976 (aussi enregistré au cours de cette année, aux Wally Heider Studios de San Francisco ; l'album est produit par Harry Maslin) : Hoppkorv. Je dois avouer qu'à la base, je n'avais pas spécialement envie de savoir ce que ce titre d'album signifiait, mais en regardant sur Wikipedia (page anglaise), j'ai pu lire qu'apparemment, ce mot signifierait, en suédois, hot dog sautillant, ou chien chaud qui saute. Putain, j'en peux plus, de ce groupe, moi. Pourquoi du suédois, en plus, surtout que si l'un des membres du groupe (Jorma Kaukonen, guitariste et chanteur, et ancien, comme l'autre membre fondateur du groupe Jack Casady - bassiste et chanteur -, membre de Jefferson Airplane) est Américain d'origine étrangère, ses origines sont finnoises, et pas suédoises ? Et je ne parle même pas de la pochette de l'album, en 3D bicolore de merde, et je suis sûr que le vinyle ne proposait pas de lunettes spéciales, en plus... Je ne sais pas ce qui est le pire, dans cet artwork de pochette : l'effet 3D qui file mal aux yeux, le quadrillage en arrière-plan, ou l'ensemble ?

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En 36 minutes, Hoppkorv est dans la droite continuité de The Phosphorescent Rat, America's Choice et Yellow Fever  (quand on lit les titres de ces albums, on se demande vraiment si ce groupe ne serait pas parodique, à la Bonzo Dog Doo Dah Band ; la réponse est non): on est ici plus en présence de rock assez rythmé, quasiment du hard-rock, que du blues-rock des débuts de Hot Tuna. Autant le dire, Hoppkorv est à chier pour le contenant (titre, pochette), mais vraiment réussi, et même plus que ça, pour le contenu : les 10 morceaux, essentiellement des reprises (de Buddy Holly, Muddy Waters, Chuck Berry) contre quatre morceaux signés Kaukonen (les deux premiers et les deux derniers de l'album), sont vraiment excellents, et le groupe (le batteur est Bob Steeler, et on a la participation du claviériste Nick Buck, qui signe un morceau, le dernier de la face A, ainsi que d'un autre guitariste sur un titre, John Sherman, plus Karen Tobin aux choeurs) est en forme. Hoppkorv est un des meilleurs albums de Hot Tuna, il suffit d'écouter Santa Claus Retreat, It's So Easy ou I Can't Be Satisfied pour s'en convaincre.

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Mais comme je l'ai déjà dit au fil de mes quelques chroniques (et celle-ci est définitivement l'ultime les concernant) sur Hot Tuna, aucun de leurs albums, même les remarquables Burgers, The Phophorescent Rat et Hoppkorv, n'est immense et immanquable. Celui-ci, donc, ne déroge pas à la règle : ce groupe, aujourd'hui assz peu connu, a certes usiné de très bons albums, mais rien de prodigieux, c'est du bon blues-rock à l'ancienne, fidèle à ce qu'on en attend, bien joué, bien produit, bien chanté, on prnd du plaisir à écouter les albums, mais ça ne vaut pas non plus des centaines d'écoutes. Mine de rien, je dois quand même dire que cet Hoppkorv est un des meillurs opus du Thon Chaud, un des plus recommandés, en dépit de sa pochette face à laquelle on préfèrerait sans doute être aveugle. Mais face à cet album, personne n'aimerait être sourd, en tout cas !

FACE A

Santa Claus Retreat

Watch The North Wind Rise

It's So Easy

Bowlegged Woman, Knock-Kneed Man

Drivin' Around

FACE B

I Wish You Would

I Can't Be Satisfied

Talkin' 'Bout You

Extrication Love Song

Song From The Stainless Cymbal