K5

Pour ce dernier article sur Kansas, je termine en beauté (je n'ai pas trop envie de me pencher sur ce qu'ils ont fait ensuite : je connais un peu, je n'aime pas vraiment, voire pas du tout), mais en même temps, ayant tout abordé d'eux de leur premir opus éponyme (1974) à ce cinquième opus de 1977, il faut dire qu'ils n'ont eu de cesse de s'améliorer d'album en album durant cette période que l'on peut vraiment qualifier d'Âge d'Or du groupe originaire du...Kansas (définitivement, ça tombe plutôt bien, vu leur nom ; ou plutôt, ils ont bien fait de choisir ce nom !). Ce cinquième album studio, et cinquième album tout court (peu après, ils sortiront enfin leur premier live, un doubledust i, Two For The Show en 1978), date donc de 1977, il est sorti sous une des plus belles pochettes de l'histoire du rock progressif (dont Kansas est un des rares représentants américains) et du rock tout court, montrant, dans un médaillon, un bateau à voiles sur le point de plonger au bord d'un abîme, le bout de la Terre tel qu'on croyait qu'elle était au Moyen-Âge : plate, et avec des extrémités au-delà desquelles il n'y avait évidemment plus rien, le point de non-retour. L'album s'appelle Point Of Know Return, ce qui est un jeu de mots (comme le titre du précédent album, Leftoverture, en était aussi un) intraduisible en français, mais bien compréhensible (No/Know).

K2

Publicité d'époque pour l'album

En 44 minutes (et 10 titres relativement courts : le plus long, Hopelessly Human, dure certes 7,15 minutes, et Closet Chronicles dure 6,35 minutes, mais le reste est quand même vraiment court, dans les 4 minutes de moyenne, et même un peu moins), Point Of Know Return, aux morceaux signés Steve Walsh (claviers, chant) et Kerry Livgren (guitares, claviers) en majorité, est indéniablement le sommet du groupe. On y trouve la chanson la plus connue du groupe, une ballade acoustique signée Livgren (sa femme, l'entendant bidouiller, sur sa guitare, la mélodie du morceau, l'encouragera à écrire des paroles, ce qu'il fera donc), une pure splendeur, Dust In The Wind, qui détonne par rapport au reste de l'album, et même de la production de Kansas. Livgren n'était pas certain que les autres membres du groupe acceptent une telle chanson sur l'album, mais cela fut fait sans aucune difficulté. On y trouve aussi le morceau-titre, qui ouvre le bal, pure splendeur elle aussi, ainsi que Portrait (He Knew), Spark Of The Tempest et Paradox.

K1

Verso de pochette vinyle

Tout du long de cet album (produit par Jeff Glixman, sans le groupe cette fois-ci en coproduction, et enregistré, comme toujours, au studio In The Country de Bogalusa, à Los Angeles ; mais aussi au Woodland Sound Studio de Nashville, Tennessee), on prend un plaisir total, Point Of Know Return est vraiment le sommet du groupe de Topeka. Le groupe de Walsh et Livgren a vraiment réussi, d'album en album, à faire de mieux en mieux, et ce cinquième album, quelque part, porte un titre des plus logiques et prémonitoires, car ils ne parviendront hélas jamais plus à faire aussi bien, à surpasser cet album mythique de 1977 qui est vraiment devenu leur point de non-retour. C'est probablement pour ça que je préfère m'arrêter là avec Kansas, sur ce coup d'éclat ahurissant de maîtrise, ces 10 chansons remarquables, cet album magnifique de sa pochette à ses chansons. Un des jalons du rock progressif, même si Kansas, au final, ce n'est pas que ça (un peu folk, un peu boogie, un peu hard) !

FACE A

Point Of Know Return

Paradox

The Spider

Portrait (He Knew)

Closet Chronicles

FACE B

Lightning's Hand

Dust In The Wind

Spark Of The Tempest

Nobody's Home

Hopelessly Human