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Juste deux mots : en ! fin ! Non, parce que ça faisait juste 11 ans qu'on attendait ça, les mecs : un nouvel album des Libertines. Pour les ceusses qui se demanderaient pourquoi mon pseudo est ClashDoherty, ça vient à la fois des Clash et des Libertines (Pete Doherty), vous dire à quel point ce groupe, qui n'avait jusque là sorti que deux albums (Up The Bracket en 2002, The Libertines en 2004), m'a marqué au fer rouge. Les Libertines, putain de cul ! Les Libertines ! Pete Doherty et Carl Barât (et John Hassall et Gary Powell aussi, on a trop tendance à les oublier ; à ce titre, ce troisième album est enregistré par le groupe au complet, celui des deux premiers opus, et rien que ça...), les deux frères ennemis, chien et chat, Tom & Jerry, les plus mythiques depuis les Glimmer Twins (et si vous ne savez pas ou plus qui sont les Glimmer Twins, je ne peux rien pour vous), rien que ça ! Leur premier album, en 2002, produit par le grand Mick Jones, guitariste des Clash, avait tout fait péter, 36 minutes de rock garage absolument destroy (Vertigo, Horrorshow, le morceau-titre, I Get Along !), une oeuvre déjà totalement matûre malgré le jeune âge des zigotos, déjà passablement drug-addicts et en proie aux dérives les plus invraisemblables (en manque de thune pour se payer sa dose, Doherty cambriolera l'appart' de Barât...sympa, non ? Sympa de la part de Barât de lui avoir pardonné, à la sortie de prison de Doherty, entre les deux premiers albums).

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Powell, Hassall, Doherty, Barât : la réunion

Le deuxième album (aussi produit par Mick Jones), attendu comme le loup blanc, décevra quelque peu, malgré de vraies fulgurances (Can't Stand Me Now, éloquente - le titre signifie 'tu ne peux plus me supporter maintenant' -, on sait que Doherty et Barât ont toujours eu une relation amour/haine très forte, se repoussant et s'attirant à la fois), mais dans l'ensemble, l'urgence d'Up The Bracket est passée. Après ce disque, le groupe splitte comme de gros connards, Doherty, en pleine partance droguée (pour changer), fonde les plutôt moyens Babyshambles, se lance en solo ; Barât, de son côté, fonde les Dirty Pretty Things, nettement meilleurs, et se lance en solo pur lui aussi. Doherty se lance dans...le cinéma. En 2014, coup de tonnerre : les Libertines se reforment, en concert, annonçent un nouvel album. L'album est sorti récemment, très récemment, un mois jour pour jour aujourd'hui, on est dans l'actualité, là, et il est sorti sous deux versions : le disque simple, de 12 titres et environ 45 minutes, et une version collector rajoutant 4 bonus-tracks, faisant passer le tout à presque une heure. Sans oublier le vinyle, évidemment. Ah ! oui, et un coffret réunissant CD et vinyle, plus des tas d'artefacts. La pochette est bleue, et sublime (et rouge pour la version rallongée, que j'ai), et l'album s'appelle (ainsi qu'une des chansons) Anthems For Doomed Youth, ce qui est aussi le titre d'un poème de Wilfred Owen (une autre chanson s'appelle Gunga Din, ce qui est aussi un poème, de Rudyard Kipling). Ces Emblèmes Pour Une Jeunesse Maudite, est-ce un bon album, ou un mauvais ? Sincèrement ? Ce disque enterre le deuxième album six pieds sous terre, en rajoutant une grosse plaque de béton par dessus pour éviter qu'il ne parvienne à s'enfuir. Up The Bracket reste le sommet du groupe, on y trouve vraiment une urgence totale (deuxième fois que j'utilise ce terme, mais il correspond vraiment, en même temps), mais ce troisième album, celui du revival, celui du retour après 11 ans de silence radio, est une tuerie.

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Version collector

Et ce, dès Barbarians, un morceau d'enfer, du niveau du Vertigo qui ouvrait le premier opus, rien que ça ! L'alchimie entre les voix et guitares des amis/ennemis est totale, revenue d'on ne sait où, et plus percutante que jamais. Les chansons se suivent, ne se ressemblent pas, Fame And Fortune, Iceman, Anthems For Doomed Youth, Dead For Love (quelle chanson !!), You're My Waterloo, Barbarians, The Milkman's Horse, Gunga Din s'imposent comme de grandes, grandes, GRANDES chansons. Les bonus-tracks (Love On The Dole, Bucket Shop, Lust Of The Libertines, 7 Deadly Sins) sont tellement bons qu'on se demande bien pourquoi le groupe ne les a pas directement inclus dans le produit final. Même si la version 12-titres est à elle seule ultra chaudement recommandée. Anthems For Doomed Youth (avec son livret typique des Libertines : c'est malheureusement quasi impossible de lire les paroles, écrites de manière manuscrite, et d'une belle écriture de dégueulasse) est probablement un des albums de l'année 2015 avec celui d'Iron Maiden, celui d'AaRON (oui, je sais...mais écoutez l'album avant de dire ce que vous pensez d'AaRON en général ! Moi-même, j'ai été cueilli, littéralement !) et celui de David Gilmour. Mais il tape très haut, celui des Libertines, il faut l'avouer. Un putain de super disque de rock, par un groupe mythique revenu en grande forme, avec leur fameux style à la fois destroy, speedé et décontracté, so British. Tuerie.

Barbarians

Gunga Din

Fame And Fortune

Anthems For Doomed Youth

You're My Waterloo

Belly Of The Beast

Iceman

Heart Of The Matter

Fury Of Chonburi

The Milkman's Horse

Glasgow Coma Scale Blues

Dead For Love

Bonus-tracks (version deluxe) :

Love On The Dole

Bucket Shop

Lust Of The Libertines

7 Deadly Sins