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C'est du triste qui vous attend aujourd'hui ; pas parce que c'est samedi, non : jamais, jamais, un week-end ne sera triste à celui ou celle qui vient de passer une semaine entière de dur labeur. Mais aujourd'hui, samedi 10 octobre, 8 heures du matin, voici que se pointe, pour la première fois sur le blog, un des albums les plus élégamment tristes, dépressifs même, qui soient : le premier album de Slowdive. Je ne sais pas si vous connaissez ce groupe anglais qui a oeuvré durant quelques courtes années, dans la décennie 90, mais si vous ne connaissez pas encore et que vous appréciez le rock un peu gothique, un peu sombre (et même assez sombre !) et très ancré sur les atmosphères aériennes, vaporeuses et tristes, à la Cocteau Twins (abordés ici récemment via leur trésor de Treasure), alors Slowdive, groupe dont le nom signifie quand même lente descente, est là pour vous, il vous attend. Il vous attend d'autant plus facilement que sur le Net, on trouve, pour un prix vraiment modique, un petit coffret cartonné renfermant leurs trois albums, car ils n'en ont sorti que trois, entr 1991 et 1995. Ce groupe n'a pas vraiment eu de bol dans la vie, car malgré son affiliation directe, et assez évidente, avec Cocteau Twins, il a été rangé, assez rapidement, dans la catégorie du rock indépendant, voire même du shoegaze, ce sous-genre de rock, un peu bruitiste, dont My Bloody Valentine (un album anthologique mais que je n'ai cependant jamais réussi à totalement adorer, Loveless) est indéniablement le groupe-phare.

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Or, Slowdive (Neil Halstead : guitare et chant ; Rachel Goswell : guitare et chant ; Christian Savill : guitare ; Nick Chaplin : basse ; Simon Scott : batterie), dont l nom vient d'un single de Siouxsie & The Banshees, n'est pas un groupe de shoegaze, malgré que je lui flanque ce tag parmi les autres, plus bas dans l'article. Just For A Day, le premier album du groupe, est un océan de tristesse, de mélancolie suprème, un album empli de mélodies éthérées, de chant (alternance entre Goswell et Halstead) aérien, rêveur et assez distant, au point que, comme pour Cocteau Twins, on ait du mal à saisir les paroles. La production (de Chris Hufford pour le label Creation) est vaporeuse elle aussi, pleine de brume, avec des guitares parfois stridentes, parfois douces, et agrémentées de claviers (joués par Neil Halstead) du plus bel effet. En 43 minutes (et 9 morceaux), Just For A Day s'ouvre sur un Spanish Air troublant, fantômatique, et se termine sur un Primal bien plus nerveux et rock, plus proche de My Bloody Valentine que de la dreampop/dreamwave de Cocteau Twins. Entre les deux, l'album est une succession de mélodies déchirantes (Waves, The Sadman, Celia's Dream, l'instrumental Erik's Song), tout au plus Catch The Breeze est un peu plus 'rock'.

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Mais dans l'ensemble, ce premier album de Slowdive est un disque d'une très profonde tristesse, et nul doute que si ce groupe avait existé du temps de Joy Division, c'est sur cet albu et non pas The Idiot d'Iggy Pop que Ian Curtis se serait pendu dans sa cuisine un soir de déprime plus profonde que d'ordinaire. Je ne saurais vous conseiller de ne pas trop écouter ce disque si vous traversez une mauvaise passe, mais si vous aimez les ambiances éthérées, les belles voix (la voix de Rachel Goswell est sublime, celle de Nil Halstead est très bonne dans le registre un peu atone) et les disques sombres, Slowdive, je le redis, est là, et vous attend. Just For A Day est un excellent premier album. Ce n'est cependant pas leur meilleur : le suivant, Souvlaki, sorti en 1993, est indéniablement le sommet du groupe, j'en reparle bientôt, car tous les trois albums (le dernier, de 1995, s'appelle Pygmalion) seront abordés ici.

mSpanish Air

Celia's Dream

Catch The Breeze

Ballad Of Sister Sue

Erik's Song

Waves

Brighter

The Sadman

Primal