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Attention, je ne vais pas être objectif : il s'agit d'un de mes coups de coeur de quand j'étais gosse. Pas si gosse que ça, cependant : j'ai du découvrir cette chanteuse à l'âge de 11/12 ans, à l'époque de la sortie, en 1994, de son best-of The Very Best Of, qui marchera très très fort. Pat Benatar, de son vrai nom Patricia Mae Andrzejewski (je ne sais pas d'où lui vient le nom de scène de Benatar, mais c'était une bonne idée, ne serait-ce que pour éviter que les annonceurs radio et TV ne massacrent son patronyme en le prononçant de traviole), mezzo-soprano de rock/hard-rock, est une chanteuse américaine qui, dans les années 80, a connu un succès monumental par le biais de chansons tubesques, d'albums efficaces. Avec son look bien dans son époque, sorte de Jeanne Mas en plus sophistiquée et rock, glamour et dure en même temps, elle a en quelque sorte, aux côtés de Chrissie Hynde (Pretenders) et Deborah Harry (Blondie), régné sur le rock féminin anglophone. Nous, de notre côté, à la même époque, on avait la Mas, mais aussi Julie Pietri, Peter & Sloane, Lio... Arrêtez, je vais gerber. Pat Benatar, donc, quand j'avais 11/12 ans, j'adorais, et je continue de vraiment adorer ses gros tubes de l'époque 1979/1985 (après 1985 et un Seven The Hard Way correct mais sentant déjà l'essoufflement, ça deviendra moins réussi dans l'ensemble, malgré un Gravity's Rainbow sympa en 1993), dont deux sont par ailleurs présents sur cet album sorti en 1981, son troisième : Precious Time.

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Ne vous fiez pas à la pochette qui montre la Pat assise dans un escalier, à la Jeanne Mas. Je sais, ça ne fait pas très rock, tout ça. Musicalement, entourée de musiciens (dont son ex, le guitariste et claviériste occasionnel Neil Giraldo, avec qui elle bossera encore de looongues années) très efficaces, Pat, qui ne joue d'aucun instrument si ce n'est sa voix, offre un album certes court (35 minutes, 9 titres), mais mouvementé et énergique. Les autres musiciens sont le bassiste Roger Capps, le batteur Myron Grombacher et le guitariste rythmique Scott St. Clair Sheets. Alan Pasqua (piano), Keith Olsen (tambourin) et divers cuivristes (Tom Scott, Larry Williams) participent, le temps d'un morceau généralement, à l'album, lequel est produit par Keith Olsen et Neil Giraldo. 9 morceaux, donc, et deux reprises : Just Like Me, de Paul Revere & The Raiders, et surtout Helter Skelter, de Vous-savez-qui. Une reprise assez nerveuse, presque aussi destroy que l'originale de 1968. Presque. Quant aux tubes, il s'agit des deux premières chansons de l'album, Promises In The Dark et Fire And Ice. La première est une pure tuerie sur laquelle Benatar nous offre le meilleur condensé de ses capacités vocales, le morceau démarrant calmement, doucement, Benatar murmure presque ses paroles, elle monte crescendo dans la puissance, et finit par gueuler, et à chanter comme une pure hard-rockeuse, on l'imagine micro en pogne, grimace sur le visage, avec son guitariste à ses côtés, délivrant un solo de guitare vraiment remarquable (je dois le préciser). Fire And Ice, elle, est plus directe, c'est du rock pur et dur. On évitera de s'attarder sur les paroles (Fire and ice, you come on like a flame/Then you turn cold shoulder/Fire and ice, I wanna give you my love/You'll just take a little piece of my heart/Please tear it apart), pour le moins basiques. Ca tombe bien, ce genre d'album n'est pas à écouter pour la beauté de sa prose lyriciste.

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Le reste de l'album est très bon, Precious Time et It's A Tuff Life (très reggae dans l'âme !) assurent bien, on évitera juste de trop s'attarder sur Hard To Believe qui n'est vraiment pas bonne. Mais Precious Time, sans être le meilleur album de la belle selon moi (Get Nervous, le suivant, en 1982, et Tropico en 1984, sont nettement supérieurs, et les deux précédents opus, In The Heat Of The Night et Crimes Of Passion, qui renfermaient des tubes tels que le sublime We Live For Love, le hargneux Hell Is For Children et le quasi-punk Heartbreaker, sont également très bien foutus), est vraiment un très correct album de rock, ou plutôt de hard-FM, bien calibré, bien dans son époque, avec tout ce qu'il faut là où il faut : morceau inaugural qui défonce bien en intro, deuxième morceau tout aussi nerveux, conclusion efficace, quelques petits passages à blanc au centre histoire de faire retomber un peu la tension... Un très bon petit album !

FACE A

Promises In The Dark

Fire And Ice

Just Like Me

Precious Time

FACE B

It's A Tuff Life

Take It Anyway You Want It

Evil Genius

Hard To Believe

Helter Skelter