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Si vous suivez ce blog depuis un moment, vous savez sans doute que j'adore les Black Keys, ce groupe de rock originaire de l'Ohio (Akron) et constitué du chanteur/guitariste Dan Auerbach et du batteur Patrick Carney. D'abord assez rustiques (albums enregistrés à l'arrache dans un garage, un réduit ou une usine désaffectée, sans grands moyens), les albums du groupe se sont rapidement enrichis de sonorités soul/funk, grâce à l'aide d'un producteur remarquable, Danger Mouse, qui fait quasiment partie des Clés Noires depuis Attack & Release en 2008. Suivront Brothers (2010), El Camino (2011), Turn Blue (2014), albums grandioses. Auberbach se lancera en solo (Keep It Hid) en 2009, profitant d'une parenthèse dans la vie du groupe. L'album sera assez réussi, et très minimaliste, comme les premirs opus du groupe. Rien à voir avec ce disque-ci, venant de sortir il y à un peu plus d'une semaine, et que l'on peut considérer comme la deuxième incartade solo de Dan Auerbach, qui en profite ici pour se cacher derrière un autre groupe, un side-project comme on dit : The Arcs. Ici, pas de minimalisme musical à la White Stripes. Cet album des Arcs, sous sa pochette très inspirée par les années 70 (jusqu'au poster glissé dans le vinyle, reproduit aussi dans le livret CD, une photo bien sympa montrant deux jeunes femmes nues allongées, casque audio sur les oreilles et vinyle de l'album à proximité, souriantes, en train d'écouter le disque), ce premier album des Arcs s'appelle Yours, Dreamily, et il est donc sorti sous plusieurs formats. C'est le vinyle que j'ai choisi, il n'y à de toute façon aucune différence entre les formats (même nombre de morceaux, soit 14, pour la même durée, soit 46 minutes).

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The Arcs est, comment dire, un side-project sur lequel Auerbach laisse aller toutes ses influences musicales black, l'album étant, tout comme Turn Blue des Black Keys, assez imprégné de soul et de funk. Chantant et jouant de la guitare, Auerbach est ici entouré de Leon Michaels (claviers), Nick Movshon (basse), Richard Swift et Homer Steinweiss (batterie, tous deux), des musiciens peu connus mais qui, croyez-moi, assurent bien. Enregistré en différents endroits (Sound Factory à Los Angeles, Diamond Mine Studio à New York, Easy Eye Sound à Nashville, Electric Lady à New York), Yours, Dreamily, (la virgule finale est bien dans le titre, le nom de l'album fait un peu formule de politesse) sonne parfois comme du Black Keys (logique, la moitié du groupe est là), mais le plus souvent, comme quelque chose d'autre, du garage-rock soul et psychédélique qui pourrait très bien dater des années 70. C'est sans doute pour ça, essentiellement, que j'ai tenu à me payer le disque en vinyle plutôt qu'en CD (dans le vinyle se trouve un carton avec un code de téléchargement MP3 gratuit de l'intégralité de l'album, livret digital inclus), histoire de renforcer le côté vintage de l'ensemble (bon, en même temps, comme je me suis aussi payé les deux derniers Black Keys sous ce format...mais, eux, en plus du CD...). Musicalement, que dire, sinon, des 46 minutes de l'album ?

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C'est difficile de faire ressortir des chansons de l'ensemble, ces 14 titres (enfin, 13 plus une courte intro en ouverture d'album) étant, au premier abord, assez similaires. Ce n'est pas un reproche, en fait, l'album sonne vraiment très homogène, comme un tout, et je dois dire que je n'ai pas vérifié, durant l'écoute, quel morceau j'écoutais, est-ce que c'était Pistol Made Of Bones ou Everything You Do (You Do For You), peu importe. Par la suite, une fois l'album écouté plusieurs fois et une fois que je l'aurais bien en tête, je saurais vraiment reconnaître les chansons (ça m'a fait ça aussi avec Brothers des Black Keys, au début : faut dire que 15 titres, il faut apprendre à les connaître, les différencier). Je peux juste dire que le single promotionnel, Outta My Mind, est une tuerie, et que Cold Companion, qui achève la première face, et The Arc, qui ouvre la suivante, sont remarquables. Mais en fait, Yours, Dreamily, est remarquable du début à la fin, une production éclatante et vintage en même temps, une interprétation convaincante, on sent que Dan Auerbach s'est fait plaisir sur cette parenthèse dans la carrière de son groupe. C'est plus convaincant que le projet BlackRoc (un mélange de rock et de hip-hop, que les Keys firent il y à quelques années), ou que le Keep It Hid d'Auerbach, même si ce dernier album était vraiment pas mal quand même. Bref, si vous aimez les Black Keys, si vous aimez la musique psyché et/ou soul funk des années 7, Yours, Dreamily, vous attend. Faites-lui bon accueil et bonne presse, car un deuxième album de ce groupe serait vraiment une bonne chose, enfin selon moi, il ne faudrait pas que ça reste un side-project isolé !

FACE A

Once We Begin (Intro)

Outta My Mind

Put A Flower In Your Pocket

Pistol Made Of Bones

Everything You Do (You Do For You)

Stay In My Corner

Cold Companion

FACE B

The Arc

Nature's Child

Velvet Ditch

Chains Of Love

Come & Go

Rosie (Ooh La La)

Searching The Blue