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Après un I Sing The Body Electric tout ce qu'il y à de plus monumental en 1972 (et ce, malgré que la seconde face de l'album, live - la première est studio, elle - ne soit plus si percutante désormais, compte tenu qu'un double album live enregistré à Tokyo, et proposant les versions longues des mêmes pistes live, est désormais officiellement disponible de manière internationale ; pour en savoir plus, (re)lire ma chronique récente sur l'album, j'y rentre plus dans les détails), Weather Report, fameux groupe de jazz-rock, de jazz-fusion, sort, en 1973, son troisième opus studio : Sweetnighter. Toujours constitué de Joe Zawinul (claviers), Wayne Shorter (saxophones), Miroslav Vitous (basse, contrebasse), Dom Um Romao (percussions) et Erick Gravatt (batterie), le groupe n'est pas encore à 100% aussi monumental, aussi culte que ce qu'il deviendra quelques années plus tard, vers 1976, par le biais d'albums tels que Black Market et Heavy Weather, sur lesquels jouent le bassiste Jaco Pastorius. Mais Sweetnighter, tout du long de ses presqus 45 minutes (et ce, pour seulement 6 titres), et sous sa production signée Bob Belden et sa belle pochette bleutée et ennuagée, en impose quand même pas mal.  Sorti donc en 1973, cet album sera le dernier du groupe avec le bassiste Miroslav Vitous, qui jouera certes sur un titre de l'album suivant (Mysterious Traveller, 1974), mais sera sinon remplacé par Alphonso Johnson sur ce même album, et ce dernier tiendra jusqu'à 1976 et l'arrivée de Pastorius.

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CD (dos du boîtier)

Avec Sweetnighter, Joe Zawinul commence sérieusement à prendre le contrôle de ce qui, au départ, était surtout un collectif centré autour de deux piliers (lui et Shorter) s'étant rencontrés essentiellement sur des sessions d'albums de Miles Davis (Bitches Brew). Weather Report, à la base, était centré sur les improvisations collectives, surtout en live (encore une fois, la face B de I Sing The Body Electric), mais dès Sweetnighter, et c'est flagrant surtout sur les deux plus longues pièces (13 et 12 minutes respectivement) Boogie Woogie Waltz (hallucinant) et 125th Street Congress (à peine moins grandiose, et encore, j'ai l'impression d'être salopard en disant ça), la musique du groupe, du jazz évidemment, commence à s'imprégner de plus en plus de funk et de groove. Ca sera encore plus flagrant sur Mysterious Traveller, Tale Spinnin' (1975) et Black Market (1976), mais déjà, Sweetnighter propose un Weather Report différent de la formation pourtant identique ayant livré le précédent opus. Les 6 titres de cet album sont quasiment tous (et malgré qu'ils ne soient pas aussi mythiques que Birdland sur Heavy Weather ou Gibraltar sur Black Market) des merveilles comptant parmi les plus belles réussites du groupe, et par conséquent, cet album est un de leurs meilleurs, à tous points de vue. Que dire d'Adios, Non-Stop Home ou Manolete ?

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Dos du vinyle (ici reproduction au dos d'un livret, comme indiqué en haut)

Sweetnighter est vraiment un disque sensationnel, pour finir, et désolé si je ne rentre pas plus en avant dans les détails, mais vous savez bien comme le jazz, surtout fusionnel, est difficile à décrire ; cette musique, et notamment celle de ce groupe (et aussi de Miles Davis, Coltrane...), se vit, se respire, s'avale, mais ne se décrit pas. Aucune envie de m'y risquer ça ne pourrait pas être au profit de la musique, c'est tellement monumental et indescriptible... Je ne peux que vous conseiller ardemment l'écoute de ce disque, rien que pour Boogie Woogie Waltz. Ces 13 minutes inaugurales sont en effet absolument titanesques. Mais Sweetnighter est, dans l'ensemble, un chef d'oeuvre du genre, remarquablement produit, interprété, écrit... un must !!! Dernière chose : désolé si je n'ai plus trop le temps d'écrire sur le blog depuis le début du mois ; vous savez ce que c'est, un nouveau travail...

FACE A

Boogie Woogie Waltz

Manolete

Adios

FACE B

125th Street Congress

Will

Non-Stop Home