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Sous cette belle pochette signée Roger Dean (auteur notamment des splendides pochettes d'albums de Yes : Fragile, Close To The Edge...), voici que se pointe le quatrième album de Gentle Giant, groupe de rock progressif anglais des années 70. Un groupe assez peu représentatif du prog-rock que le Gentil Géant, quand on y pense, car là où les autres groupes du genre (Yes, Emerson, Lake & Palmer, Genesis, Camel, Van Der Graaf Generator et bien entendu King Crimson) avaient l'habitude de livrer des albums avec de longs morcaux de 10 ou 20 minutes, parfois même des morceaux tellement longs qu'ils occupaient une face entière ou même plus d'une face entière (Karn Evil 9 d'Emerson, Lake & Palmer), et que ces mêmes groupes faisaient, parfois, des doubles albums, Gentle Giant, eux, se restreignaient à des albums simples et à des chansons, le plus souvent, courtes, moins de 10 minutes. Par contre, ils ont parfois fait des trucs assez expérimentaux (Acquiring The Taste, Interview). Pas sur ce disque, en revanche, car ce quatrième opus du groupe, Octopus, ne dure que 34 petites minutes, et ses 8 titres font tous moins de 6 minutes (le plus long atteint presque cette durée, mais il est bien le seul, et de loin, les autres faisant, en gros, 4 minutes). Admettez que pour du rock progressif, surtout en cette année 1973 riche en disques bien chargés dans le genre (Brain Salad Surgery, Tales From Topographic Oceans...), une telle sobriété ne peut qu'étonner !

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Toujours au sujet de la belle pochette représentant une gigantesque pieuvre, apprenez que l'édition américaine de l'album (publiée sur Columbia Records au lieu de Vertigo) en proposait une autre, de pochette, celle de la photo ce-dessus, une pochette tout aussi dans le ton que l'originale quant au titre de l'album, mais elle est nettement moins belle, n'est-ce pas ? L'album s'appelle donc Octopus, mais n'allez pas croire que c'est un disque conceptuel sur une pieuvre, la mer ou les mythes marins. Octopus n'est pas un album conceptuel du tout du tout du tout. Si l'album s'appelle ainsi, c'est parce qu'il est...constitué de huit morceaux (octo opus en latin) ! Le titre a été simplifié en virant un 'o', et le visuel de la pochette est venu tout seul. Voilà. Un peu trompeur, un peu frustrant, mais rassurez-vous, l'album est absolument génial dans son genre, c'est même le sommet du groupe. On y trouve notamment, et en ouverture d'ailleurs, un nouveau morceau en allusion aux romans de Rabelais (après The Nativity Of Pantagruel sur Acquiring The Taste), en l'occurrence The Advent Of Panurge. Encore une fois, quoi de plus logique que de parler de Rabelais quand on porte un nom de groupe aussi éloquent ? River (le morceau le plus long) est une pure merveille, ainsi que Knots et Raconteur, Troubadour. Tous les morceaux ne parlent pas forcément de thèmes chers à l'univers du rock progressif : The Boys In The Band est une ode aux roadies de Gentle Giant !

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Un disque vraiment bluffant, certes très court, trop court (quand on pense que la majorité des morceaux, ici, durent 4 minutes ou un peu moins, on se dit que certains d'entre eux n'auraient pas été moins bons avec une durée plus étendue...enfin, c'est comme ça...), mais qui ne renferme que de grands moments de rock progressif à l'ancienne. La production (signée du groupe, et non plus de Tony Visconti) est un petit peu datée, surtout que le transfert en CD a été fait très simplement, sans grande remastérisation avec bonus-tracks et livret épais rempli de photos et de texte. C'est du sobre, du classique. Certes, le son a pris de l'âge, mais quand la musique est bonne (bonne, bonne), franchement, on prend du plaisir, et si vous aimez le rock progressif, Octopus est un vrai essentiel du genre, à écouter absolument !

FACE A

The Advent Of Panurge

Raconteur, Troubadour

A Cry For Everyone

Knots

FACE B

The Boys In The Band

Dog's Life

Think Of Me With Kindness

River