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Après un Face The Music (1975) vraiment bon mais que certains jugeront en demi-teinte, Electric Light Orchestra va tout faire péter, en 1976, avec son sixième album en autant d'années (et septième album tout court, en comptant un live en 1974 ; mais je ne compte pas les deux best-ofs sortis entre temps, dont un au nom sympa : Olé ELO) : A New World Record. Intronisant par le biais de la pochette de l'album son nouveau logo (inspiré par celui de la General Electric), logo qui, sur la pochette, est par ailleurs (je parle du vinyle) en gaufré (et les étoiles au verso aussi), c'est à dire en petit relief, ELO va, avec ce disque, connaître un succès monumental, probablement le plus important de sa carrière. 36 minutes (pour 9 titres), après un Face The Music aussi long, ce n'est encore une fois pas un album des plus généreux (mais attendez encore un an, et ELO nous offrira double ration, un double album anthologique, j'en reparle bientôt). Mais c'est, en revanche, un album généreux en ce qui concerne les singles (quatre !) et les classiques (cinq !). Niveau line-up, aucun changement de personnel par rapport au précédent album, ce qui en soit est une bonne chose, ELO se stabilise quelque peu. L'album a été enregistré encore une fois aux studios Musicland de Munich. A sa sortie, le succès sera, comme je l'ai dit, immense, l'album sera disque de platine et un vrai robinet à hits.

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Pensez donc, un album qui s'ouvre sur Tightrope (qui n'est pas un des hits-singles, ceci dit) et se poursuit sur Telephone Line, le jubilatoire et référentiel Rockaria ! et offre, ensuite, des trucs aussi hallucinants que Livin' Thing (élu, en 2006, par le magazine Q, plaisir coupable N°1 en terme de chanson pop), Do Ya (une chanson écrite bien des années plus tôt, pour l'ancien groupe de Jeff Lynne, The Move) et So Fine (avec des harmonies vocales sensationnelles), un tel album ne peut pas passer inaperçu dans les charts. Définitivement, Electric Light Orchestra s'impose ici, 1976 est une des années les plus importantes de ce groupe pop fortement sous influence  des Beatles (mais aussi des Beach Boys, voir Above The Clouds). S'achevant sur un délicat et sublime Shangri-La, propulsé par quatre tubes pop absolument dantesques, A New World Record n'a qu'un défaut, celui de ne durer, comme son précédent qui parvenait presque à son niveau, que 36 petites minutes. Pas mal de synthétiseurs ici (tenus par Lynne et Richard Tandy essentiellement), ce qui évidemment modernise pas mal le son du groupe, qui finira par sonner proto-disco parfois (Discovery, 1979).

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La tournée mondiale de l'album marchera très fort, et le groupe entrera à nouveau en studio peu après, pour accoucher du successeur de cet album de folie : Out Of The Blue, double album absolument quintessentiel, 17 titres renvoyant les 9 de A New World Record cueillir des fleurs dans un champ (et pourtant, ils sont immenses, les 9 titres de cet album). J'en reparlerai très bientôt ici, bien entendu, je dirai juste à son sujet que cet album, quand je l'ai écouté pour la première fois (en CD), m'a tellement tué que je me le suis payé en vinyle (d'époque) très peu de temps après, ce qui est au final assez rare pour être signalé. Pour en revenir à A New World Record, ce disque est donc culte, mythique aussi bien pour sa pochette qui représente pour la première fois le logo du groupe, un logo très culte et connu,  qui reviendra dès lors souvent sur leurs pochettes (rien que celle de Out Of The Blue représente un gros vaisseau spatial aux formes et couleurs du logo) que pour ses morceaux qui, de Rockaria ! à Shangri-La en passant par Mission (A World Record) et Livin' Thing, assurent totalement. Et cette production, certes un peu chargée parfois (la carte de visite du groupe), mais si jouissive... Un immense album. Quand on pense que le suivant est encore plus réussi...

FACE A

Tightrope

Telephone Line

Rockaria !

Mission (A World Record)

FACE B

So Fine

Livin' Thing

Above The Clouds

Do Ya

Shangri-La