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Une chaise électrique en plein centre d'une gigantesque salle de métal, surplombée par trois immenses lettres E, L et O, un décor un peu à la Giger mais pas trop. De l'autre côté de la pochette, une vitre avec, le visage collé dessus, pressés les uns sur les autres pour regarder la probable exécution, sept personnages, les sept membres d'Electric Light Orchestra (ou ELO), tous avec un regard rougi (et une vilaine teinte jaunâtre/verdâtre, glauquissime). Voilà pour la pochette, assez tape-à-l'oeil, du sixième album (et cinquième studio) du groupe, un opus sorti en 1975, j'ai nommé : Face The Music. Cinquième album studio en autant d'années (le premier opus date de 1971, et en 1974, le groupe sortira deux disques, dont un live), il fait suite à Eldorado, qui fut un remarquable succès, le premier vrai gros succès commercial du groupe de Jeff Lynne (chant, guitare,  composition, production, lunettes noires et chevelure bouclée) malgré qu'il fut un disque au final assez complexe (album conceptuel, et un concept difficile à saisir au premier abord). Inutile donc de dire qu'avec ce Face The Music, Electric Light Orchestra était attendu au tournant. L'album n'est pas le plus généreux du groupe, il n'offre que 8 morceaux, pour un total de 36 minutes. Oui mais voilà : je suis bien en peine de citer une mauvaise chanson ici... Le personnel n'a pour ainsi dire pas changé par rapport à Eldorado : Jeff Lynne, Richard Tandy (claviers), Bev Bevan (batterie), Mik Kaminski (violon), Hugh McDowell (violoncelle) sont toujours là, mais deux membres ont été remplacés : Melvyn Gale remplace Mike Edwards au violoncelle, et Kelly Groucutt (malgré son prénom, c'est un homme, pas une femme) remplace Mike de Albuquerque à la basse. C'est Lynne qui produit l'album, comme de coutume.

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L'album semble avoir été pondu à la va-vite, en un mois ou deux, tout était dans la boîte (le disque fut enregistré à Munich, ex-RFA, aux studios Musicland, là même où furent enregistrés Presence de Led Zeppelin et It's Only Rock'n'Roll des Stones, et une partie de leur Black And Blue, aussi ; pour ne citer que ces albums et groupes), et à sa sortie, il marchera assez fort, le succès d'Eldorado et de ses quelques singles à succès ayant bien aidé. En terme de singles à succès, Face The Music y aura aussi droit, par le biais de Strange Magic et d'Evil Woman. La première est une chanson assez calme, douce, tandis que la deuxième est un rock endiablé et dansant à la Showdown (1973), porté par un rythme haletant. Aucune des deux n'est ma préférée de l'album, cependant, qui est One Summer Dream, morceau final, aérien, onirique, qui laisse rêveur comme son titre l'indique. Un morceau qui, une fois achevé, une fois l'album achevé donc, donne fortement envie de remettre le couvert et de faire redémarrer le disque sur son premier titre, le très efficace instrumental Fire On High. Et que dire des autres morceaux, de ce Down Home Town un peu country dans l'âme, de Waterfall, Poker, Nightrider ? Ca y est, j'ai tout cité de l'album, j'avais prévenu  plus haut que trouver une mauvaise chanson serait, ici, difficile, et définitivement, c'est le cas.

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Le plus drôle avec Face The Music, c'est que cet album ma foi incroyablement réussi n'est pourtant pas un des sommets d'ELO, il est, selon pas mal de fans, coincé entre deux chefs d'oeuvres (Eldorado et A New World Record), et le groupe, bien que livrant ici une série de chansons imparables, n'y est pas vraiment au sommet de sa forme. Jeff Lynne et sa petite bande ont mis un petit peu le holà sur les arrangements symphoniques : les cordes, bien que très présentes ici (on parle d'Electric Light Orchestra, après tout : les cordes sont, pour ce groupe, aussi essentielles que les cuivres le sont pour Chicago), prennent moins d'espace que d'ordinaire, l'album est plus pop que progressif/symphonique. Ca redémarrera l'année suivante avec A New World Record et sa légion de tubes, un album totalement réussi. Face The Music est également très réussi, mais à côté, il paraîtrait presque mineur et moyen, vous dire le niveau du prochain album ! Et encore, je préfère ne pas encore commencer à parler de Out Of The Blue, double album de 70 minutes qui paraîtra en 1977, et à côté duquel tous les autres grands opus d'ELO sembleraient presque minables...

FACE A

Fire On High

Waterfall

Evil Woman

Nightrider

FACE B

Poker

Strange Magic

Down Home Town

One Summer Dream