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Sorti en 1974, Eldorado est le quatrième album studio d'Electric Light Orchestra, et son cinquième tout court (juste avant, dans la même année, le groupe sortira un live, The Night The Light Went On In Long Beach, un excellent album malgré une qualité sonore déplorable pour le vinyle, ce qui fera que le groupe intentera un procès à sa maison de disque à cause de ça ! - ce fut bien restauré pour le CD). Son vrai titre semble en réalité être Eldorado - A Symphony, et on sent bien, avec ce titre, que le groupe a décidé de frapper fort. La bande à Jeff Lynne (chant, guitares, composition) a en effet décidé de faire un disque conceptuel, son premier, même si le concept est ici plus musical que littéraire. Enfin, grosso modo, le thème est celui d'un homme qui, comme le Walter Mitty du film du même nom, semble vivre une vie rêvée, fantasmagorique, par le biais de ses rêves, afin d'échapper à une vie réelle des plus mornes et déprimantes. Sous sa pochette proposant une photo issue du film Le Magicien D'Oz de Victor Fleming, Eldorado propose 10 titres (pour quasiment 39 minutes) imbriqués les uns dans les autres sans pause (seule pause : entre Poor Boy (The Greenwood) et Mister Kingdom, changement de face oblige). C'est le premier album d'Electric Light Orchestra pour lequel le groupe a réellement utilisé un orchestre de cordes, et non pas overdubbé à outrance les performances des musiciens classiques (Mik Kaminsky, Mike Edwards, Hugh McDowell) du groupe, ce qui était le cas des précédents albums.

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Bref, pour tout dire, avec Eldorado, Electric Light Orchestra trouve vraiment sa voie, son style, pose ses bases, s'installe. Et les premiers gros succès (si on excepte une reprise furieuse de Roll Over Beethoven sur ELO 2 et Showdown sur On The Third Day, il n'y en avait pas vraiment eu) vont arriver ici. Can't Get It Out Of My Head, chanson calme, apaisante et apaisée, et le très glam/pop Boy Blue seront de beaux succès et sortiront en singles. Plus que jamais, les influences du groupe se font ressentir : les Beatles, notamment, on parlera de Mister Kingdom comme d'une sorte de version ELO d'Across The Universe, par moments (les couplets). Illusions In G Major est un parfait exemple qu'entre classique et pop/rock, le mélange peut être réussi et agréable (ELO est en effet le genre de groupe que l'on aime ou déteste, le mélange entre pop et classique étant assez particulier, et les albums, produits par Jeff Lynne, ont tous un son assez chargé, surtout à partir de 1976, de bons gros gâteaux), Eldorado est une merveille, Laredo Tornado aussi...

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Après, je dois dire quand même que cet album n'a jamais été mon préféré du groupe. Je lui préfère nettement Out Of The Blue (double album de 1977 qui est, pour moi, le sommet du groupe, et pas uniquement parce qu'on y trouve leur méga hit Mr. Blue Sky), On The Third Day et Face The Music (l'album suivant), et je pense meme aimer Discovery (1979, pourtant assez moyen dans l'ensemble, car plusieurs morceaux franchement insipides à côté de tubes) plus que cet Eldorado qui, malgré  tout, compte pour moi parmi les plus belles réussites du groupe. Oui, je sais, c'est paradoxal. Mais rien que pour Boy Blue, Eldorado et Can't Get It Out Of My Head, cet album mérite totalement l'écoute, et est donc un des meilleurs d'Electric Light Orchestra. Le groupe de Jeff Lynne, Richard Tandy (claviers) et Bev Bevan (batterie) trouve bien ses marques ici, et on sent qu'à partir de cet album, plus rien ne pourra plus les arrêter. Ils vont en effet vivre une décennie 70 de folie, devenant un des groupes majeurs de l'époque, un des plus cultes. Qu'ils en profitent, car dès les années 80, ça commencera à devenir dur pour eux (sauf pour Lynne qui, en 1987, produira magnifiquement George Harrison avec Cloud Nine, et poursuivra sa collaboration avec l'ex-Beatles jusqu'à la mort de ce dernier en 2001) !

FACE A

Eldorado Overture

Can't Get It Out Of My Head

Boy Blue

Laredo Tornado

Poor Boy (The Greenwood)

FACE B

Mister Kingdom

Nobody's Child

Illusions In G Major

Eldorado

Eldorado Finale