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On a beau être en été, la montagne est à l'honneur, en ce moment, sur Rock Fever : voici que se pointe le quatrième (et avant-dernier) article concernant ce remarquable grupe de hard-rock 70's américain, Mountain. L'album abordé aujourd'hui n'est cependant pas leur quatrième, mais leur cinquième, et date de 1974. Il s'appelle Twin Peaks, est double (du moins, en vinyle, il l'était : il ne dure en effet que 68 minutes, tout tient facilement sur un seul CD), et est un live capté à Osaka, Japon, en août 1973. C'est le troisième album d'affilée à proposer du matériel live, après Flowers Of Evil (1971) dont toute la face B était live, et The Road Goes Ever On (un court live de 1972, que je n'ai pas abordé, je le ferai sans doute un jour). C'est donc, aussi, le deuxième live intégral d'affilée du groupe de Felix Pappalardi (basse, chant, production) et Leslie West (chant, guitare), le dernier opus totalement studio du groupe date déjà de 1970, et il faudra encore attendre un an, soit 1975, pour qu'ils en refasse un (qui sera le dernier ; entre temps, le groupe se sera séparé, puis reformé). Sur ce live, la moitié du groupe (Corky Laing - batteur - et Steve Knight - claviers) n'est plus là, remplacés respectivement par Allan Schwartzberg et Bob Mann (qui, en plus des claviers - orgue -, joue de la guitare rythmique). Pour cette raison, certains pensent que ce live ne propose pas vraiment du Mountain, vu que seule la moitié du groupe de base est là. Oui, mais il s'agit du chanteur/guitariste et du chanteur/bassiste, des deux pointures du groupe, alors, si, c'est bien Mountain !

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Twin Peaks (encore une allusion à la montagne, il s'agit aussi d'un nom définissant : des collines de San Francisco ; deux montagnes jumelles dans le Colorado ; idem dans le Nevada ; idem dans l'Utah, et dans d'autres Etats des USA encore ; une ville du Wyoming ; un chaîne de restaurants de Dallas ; un groupe de rock de Chicago ; une fameuse série TV et son adaptation cinéma, toutes deux signées David Lynch) est donc un double live, assez court car durant moins de 70 minutes, mais croyez-moi quand je vous dis qu'il n'y à rien à jeter ici. On y trouve 10 titres, enfin 9 plutôt (sur la version CD), car l'un d'entre eux est tellement long qu'il est, en vinyle, dispatché sur deux faces (tout a été réuni en CD, ce morceau, Nantucket Sleighride, situé en cinquième position et donc au centre, dure 31 minutes en tout et pour tout). Malgré cette durée harassante (chacune des deux parties du morceau, sur l'édition vinyle, dure entre 15 et 16 minutes : faces B et C), le morceau est tout simplement prodigieux, une version bluffante, riche en solos divers, en duel de guitare (West/Mann), en improvisations... On ne s'ennuie pas un instant, ce que l'on ne peut pas dire, franchement, des 40 minutes (en deux fois 20 minutes, évidemment) du Refried Boogie de Canned Heat, sur leur double album Living The Blues (1968), lequel était à moitié studio et à moitié live (le disque live uniquement constitué de ce long morceau). A noter qu'à la base, sur l'album du même nom, Nantucket Sleighride dure un peu moins de 6 minutes...

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Une des éditions CD, édition budget proposant l'album en pack avec le suivant, Avalanche

Le reste du live propose dees extraits de chaque album du groupe : Climbing ! est représenté via Never In My Life, Silver Paper, Mississippi Queen et le sublimissime Theme From An Imaginary Western de Jack Bruce, Nantucket Sleighride par son morceau-titre ici, donc, bien étendu, Flowers Of Evil par Crossroader. On a aussi Roll Over Beethoven, reprise efficace de Chuck Berry, que l'on trouvait aussi sur la longue (25 minutes) Dream Sequence live de Flowers Of Evil ; on a aussi un solo de guitare sans titre, qui est vraiment excellent (à noter que vers la fin, Leslie West joue quelques notes de Jingle Bells, hymne de Noël, ce qui est rigolo car le live a été enregistré le 30 août 1973, soit en plein été, et pas en fin d'année), et Blood Of The Sun, issu du premier album solo de West, album intitulé Mountain, et sur lequel jouait déjà Felix Pappalardi. C'est suite à cet album que le groupe sera crée, sous le nom de l'album, pour l'anecdote. Dans l'ensemble, ce double live est tuant, une performance assez incendiaire de la part de la Montagne. On pourra juste regretter des liens parfois abrupts entre les morceaux (entre Never In My Life et Theme From An Imaginary Western, on entend les applaudissements cesser brutalement afin de laisser la place au deuxième titre, un peu comme si, et c'est même sûrement le cas, les deux morceaux n'avaient pas été joués à la suite au cours du concert), quant à la qualité audio, rien à dire, c'est du très bon boulot pour l'époque (Pappalardi, qui fut producteur en plus de musicien car il a notamment produit Cream, est derrière les  manettes, comme pour les autres albums du groupe), bien sûr ce n'est pas comparable avec un live plus récent, mais pour 1974, c'est largement plus que respectable. Dans l'ensemble, donc, avec sa légion de versions tuantes des classiques du groupe et notamment un Nantucket Sleighride anthologique et monstrueux d'une demi-heure, avec sa pochette magnifique et en raccord avec les autres du groupe (Nantucket Sleighride, Climbing !), ce Twin Peaks est une petite buterie dans le genre, hautement recommandé.

FACE A

Nevr In My Life

Theme From An Imaginary Western

Blood Of The Sun

Guitar Solo

FACE B

Nantucket Sleighride (Part 1)

FACE C

Nantucket Sleighride (Part 2)

FACE D

Crossroader

Mississippi Queen

Silver Paper

Roll Over Beethoven