51fN+UTdB0L

Ceci est le troisième et, pour le moment, dernier article concernant Billy Joel sur Rock Fever. Il n'est cependant pas exclu qu'un jour ou l'autre, je me décide à aborder d'autres de ses albums, tels The Nylon Curtain ou Turnstiles, mais les trois albums que je viens d'aborder (The Stranger et 52nd Street récemment, ce Glass Houses en ce moment même) sont de loin mes préférés, presque les seuls (on peut virer le 'presque', d'ailleurs !) que j'écoute fréquemment et que j'adore, de cet artiste définitivement pop/rock. Une pop à tendance lounge/jazzy parfois, de la musique vraiment calme, pas rock pour un sou, enfin, à quelques exceptions près, à quelques chansons mouvementées près. Et à un ou deux albums près, comme ce Glass Houses de 1980 qui me branche tellement que, comme les deux autres albums abordés récemment, je me le suis payé en glorieux vinyle d'époque. Bien plus court que les deux autres (il ne dure que 36 minutes, les autres en faisaient respectivement 45 et 40), Glass Houses est relativement atypique dans la discographie du piano man new-yorkais, en cela qu'il est plus un vrai disque de rock qu'un disque pop. La majeure partie des 10 titres sont en effet assez enlevés. Troisième collaboration avecle producteur Phil Ramone, Glass Houses est sorti sous une pochette assez rock, elle aussi, du moins pour le recto, on y voit un Billy Joel en blouson de cuir et jean, brandissant une pierre qu'il s'apprête à lancer contre la façade d'une maison en verre (apparemment sa propre maison, à Oyster Bay, dans l'Etat de New York), comme le sale petit délinquant punk qu'il semble être (la coupe de douilles en moins) sur la pochette, justement. Au verso, Billy apparaît, classe, l'air un peu distant/ennuyé (son expression usuelle), au centre d'un effet vitre brisée au milieu. A l'intérieur, la sous-pochette propose les paroles d'un côté, et une photo des musiciens jouant sur l'album, certains d'entre eux étant des fidèles : le batteur Liberty DeVitto, le saxophoniste Richie Cannata, le bassiste Doug Stegmeyer), et d'autres non, ou quasiment pas (le guitariste rythmique Russell Javors, le guitariste principal David Brown).

0_0_productGfx_8bdb13aff639f9aa8892dc1ac896c76c

Plutôt rock donc, cet album marchera super bien, et remportera plusieurs prix : l'American Music Award de l'album Pop/rock et le Grammy Award de la meilleure performance masculine rock de l'année. Il se classera 1er au Billboard (USA), 9ème en Angleterre, finira la course annuelle 4ème aux USA, et pas moins de 5 singles sortiront en l'espace de 6 ou 7 mois sur le cours de l'année 1980. C'est bien simple, chacune des 5 chansons de la face A sortira en single (je parle des faces A de singles) ! L'album s'ouvre sur un bruit de verre brisé, et enchaîne pas mal des moments les plus rock de Billy Joel (restons relatifs, Joel ne braille pas à la Axl Rose ici, il n'y à pas non plus de gros solo de guitare destroy, ça reste somme toute assez pop ; mais comparé aux ambiances jazzy de The Stranger, notamment, ça détonne), et ça démarre assez fort avec You May Be Right et surtout Sometimes A Fantasy, cette dernière étant à l'heure actuelle toujours une des plus fameuses du chanteur/songwriter (tout, ici, est de sa main, paroles et musique), qui sortira en single et marchera plutôt bien. C'est du rock à la Joel, c'est du rock commercial et populaire, mais ça fait du bien de l'entendre se démèner comme ça. It's Still Rock'n'Roll To Me (putain, le piano man qui insère le terme rock'n'roll dans un titre d'une de ses chansons ? la vache !) est court mais efficace, All For Leyna est un chef d'oeuvre trop méconnu... La face B, elle, offre notamment une curiosité, C'Etait Toi (You Were The One), interprétée en partie dans la langue de Molière, et je dois dire que la prononciation de Joel est quasiment parfaite, un accent ricain, évidemment, mais c'est très bien prononcé, on sent que soit il connaît la langue, soit il a fait des efforts pour ne pas fucker la traduction (c'est au sens littéral ce qu'il chante aussi en anglais dans la chanson) et l'interprétation. C'est une chanson plus calme que le reste, mais pas moins bonne. En revanche, Close To The Borderline et Sleeping With The Television On, deux courtes chansons (aucune des chansons de l'album, d'ailleurs, ne dépasse 4,15 minutes), assez sympathiques, sont malgré tout les moins abouties de Glass Houses.

298776b

Pour finir, voici un disque qui, s'il est moins grandiose que The Stranger et 52nd Street (il faut l'avouer), n'en demeure pas moins vraiment réussi, et est de surcroît plus immédiatement appréciable que The Stranger (un immense album qui se révèle encore plus au bout de quelques écoutes). Glass Houses, disque rock et, pour Billy Joel, punk (ce qui se rapproche le plus de ça pour lui, mais encore une fois, faut vraiment rester relatif, si vous faites vous battre en duel cet album et le (I'm) Stranded des Saints ou le premier Damned, l'album de Billy Joel se fait pulvériser une fois la sonnette de début de combat retentie), c'est un disque immédiat, rempli de chansons nerveuses et directes, certaines sont des classiques et d'autres sont assez obscures dans son répertoire, mais toutes s'apprécient totalement pour ce qu'elles sont : des chansons de rock FM bien calibrées, de la pop/rock un peu (mais pas trop) teigneuse, ce qui change un peu par rapport aux précédents albums du bonhomme, pour réussis et même immenses (pour certains d'entre eux) qu'ils sont. Bref, ce que je voulais dire en autant de mots, c'est : si vous aimez Billy Joel, vous devriez aimer ; si vous n'aimez pas trop, tentez le coup, ça pourrait vous plaire ; si vous ne connaissez pas, pourquoi ne pas démarrer par cet album et les deux précédents, pas forcément dans l'ordre chronologique ?

FACE A

You May Be Right

Sometimes A Fantasy

 Don't Ask Me Why

It's Still Rock'n'Roll To Me

All For Leyna

FACE B

I Don't Want To Be Alone

Sleping With The Television On

C'Etait Toi (You Were The One)

Close To The Borderline

Through The Long Night