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Sorti en 1971, Nantucket Sleighride était le deuxième album du groupe de hard-blues-rock américain Mountain. Sorti en 1971, Flowers Of Evil est leur troisième. Pour ce troisième album, le groupe de Leslie West et Felix Pappalardi n'a pas choisi la facilité : ce disque fait, en effet, partie des hybrides, au même titre que le Ot'n'Sweaty de Cactus ou les doubles Ummagumma (Pink Floyd), Moonflower (Santana) et Wheels Of Fire (Cream), ce dernier album fut par ailleurs produit par Pappalardi, qui joue sur certains titres. Tous ces albums (et il en existe d'autres) sont à la fois live et studio, proposant soit une face de chaque style (l'album de Cactus), soit un disque de chaque (les autres cités, sauf le Santana, qui offre du live et du studio sur chacune de ses 4 faces). Ce genre d'album, surtout quand il est simple, est toujours un peu casse-gueule. Soit on sort un disque live, soit on sort un disque studio, mais faire le mélange des deux, c'est frustrant, surtout pour la partie live. C'est toujours regrettable de ne pas avoir beaucoup de morceaux live, surtout quand ils sont bons et bien enregistrés. Prenons un autre exemple d'album à la fois live et studio, et simple qui plus est (et produit par Pappalardi) : Goodbye (1969) de Cream, leur dernier album. Déjà, il ne dure que 30 minutes, pour 6 titres. Les trois premiers (toute la face A et le premier morceau de la B) sont live, pour une vingtaine de minutes (les 10 minutes restantes sont donc studio), et vu la qualité ahurissante de ces trois morceaux live, on aurait aimé plus de matériel de la sorte. C'est donc dans quelque chose assez risqué que Mountain se lance avec son troisième album. Flowers Of Evil, qui dure une cinquantaine de minutes, est un album simple, il a donc une face studio et une face live.

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C'est cette dernière (et par ailleurs, la deuxième) qui est la plus longue ici, rien que Dream Sequence dure la moitié de l'album, et on a aussi un Mississippi Queen de 4 minutes juste après, soit 29 minutes en tout de live enregistré en 1971 au Fillmore East de New York. Si Mississippi Queen (issu de Climbing !) est ici dans une version bien musclée, ce n'est rien à côté de la Dream Sequence qui inclut, sur presque 25 minutes, un solo de guitare tuant de Leslie West, une rendition efficace du Roll Over Beethoven de Chuck Berry, et diverses improvisations. Malgré la durée imposante du morceau (et ce n'est rien par rapport aux 31 minutes de Nantucket Sleighride sur le live Twin Peaks !), on ne s'ennuie pas un seul instant ici, ce qui est quand même assez fortiche. La face A, elle, avec 5 titres, est totalement studio, et est des plus réussies, avec notamment un Crossroader démentiel et 7 minutes d'un Pride And Passion absolument grandiose. On peut juste reprocher une production (de Pappalardi) plutôt bonne, mais sentant très fort les années 70, et qui n'a pas forcément super bien été retranscrite en CD. Ca s'écoute bien, mais on sent aussi bien que ça date d'il y à plus de 40 ans (la partie live est très bien enregistrée pour l'époque, je le précise). Ce n'est pas non plus l'album de Mountain ayant la moins bonnee qualité sonore, je trouve qu'Avalanche (1975) sonne le moins bien parmi leurs albums, sans être d'une qualité sonore boueuse non plus.

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Sous une pochette paresseuse et pas terrible, Flowers Of Evil est donc un disque généreux (50 minutes) et réussi, les titres live sont ahurissants, et les morceaux inédits enregistrés en studio valent totalement le coup. On aurait juste aimé un peu plus de titres live, et un peu plus de morceaux inédits, c'est donc toujours le problème avec les albums hybrides de la sorte, surtout quand ils sont seulement simples. Heureusement pour nous, les deux albums suivants du groupe seront live (un simple en 1972, que je n'aborderai pas, et un double en 1974, que j'aborderai très très prochainement). Compte tenu que c'est surtout sur scène que Mountain s'avérait être une vraie bête féroce, c'est peu dire que leurs albums live sont recommandés aux fans du genre. Mais cet album à moitié live et à moitié studio aussi est recommandé, car comme je l'ai dit auparavant sur d'autres chroniques les concernant, rien de ce que Mountain a fait dans les années 70 (de toute façon, ils n'ont rien fait après 1975) n'est négligeable, bien au contraire !

FACE A

Flowers Of Evil

King's Chorale

One Last Cold Kiss

Crossroader

Pride And Passion

FACE B

Dream Sequence :

a) Guitar Solo

b) Roll Over Beethoven

c) Dreams Of Milk And Honey

d) Variations

e) Swan Theme

Mississippi Queen