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Après un troisième album (Blood, Sweat & Tears 3) en plus que demi-teinte (beaucoup trop de reprises, certaines à côté de la plaque, aucune prise de risque...), qui fut d'autant plus une cruelle déception pour les fans et la presse que les deux premiers albums étaient, eux, imparables, Blood, Sweat & Tears, groupe de jazz-rock au collectif imposant (8-9 membres !) et au nom inspiré par un fameux discours de Winston Churchill, sort son quatrième album en 1971. Tout aussi sobrement et logiquement que pour le précédent opus, ce quatrième album s'appelle, attention ça va choquer, Blood, Sweat & Tears 4. Oui, c'est fort, quand même, hein ? Toujours une sorte de big band jazz/pop, le collectif n'a plus son producteur James William Guercio, ce dernier ayant apparemment eu envie de se consacrer à la production d'un autre groupe de jazz-rock du même acabit (mais plus talentueux), Chicago, ou alors c'est BS&T qui l'a viré. La production de ce quatrième opus à la pochette remarquablement hideuse est signée Don Heckman, Bobby Colomby et Roy Halee, le second étant par ailleurs le batteur du groupe. Groupe constitué aussi et surtout du chanteur David Clayton-Thomas (qui partira après l'album ; le line-up de Blood, Sweat & Tears sera de toute façon considérablement remanié après ce quatrième opus), du guitariste Steve Katz, du bassiste Jim Fielder, du saxophoniste Fred Lipsius, des trompettistes Lew Soloff et Chuck Winfield, du tromboniste Dave Bargeron et du claviériste Dick Halligan. Don Heckman, un des producteurs, joue aussi de la clarinette sur deux titres, et on a un percussionniste (des congas), Michael Smith, sur un titre aussi.

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David Clayton-Thomas, à l'époque : ne fait-il pas penser à ces chanteurs de variétés pour papa/maman qui faisaient de la pop gentille, sucrée et niaise ? Ce sourire...ce fond de teint...on le croirait en plastique, le mec !

Ce disque est un vrai paradoxe en 40 minutes (et 12 titres). Le précédent opus était rempli de reprises, environ 75 ou 80% de l'album en était constitué, et ça leur fut reproché. Comme si Blood, Sweat & Tears (qui, sur les deux immenses premiers albums, avait aussi offert pas mal de reprises jouées à leur sauce) n'arrivait pas à offrir un disque entier de morceaux originaux. Les  titres originaux, sur le précédent opus, étaient les meilleurs de l'album, ce qui en dit long sur le gâchis de ce troisième album, qui ne proposait quasiment rien d'original au final. Hé bien, ce quatrième opus, lui, n'offre que deux morceaux non signés du groupe : John The Baptist (Holy John) qui est cosigné par Al Kooper (membre fondateur du groupe, dont il ne fit partie que pour le premier opus Child Is Father To The Man, qui reste leur sommet) et est issu de son quatrième album solo, New York City (You're A Woman) de 1971, et Take Me In Your Arms (Rock Me For A Little While), un morceau de soul de la Motown qui sera repris en 1975 par les Doobie Brothers qui en feront un petit hit d'époque (sur leur album Stampede). Le reste est signé du groupe, enfin, de ses membres. Bref, Blood, Sweat & Tears 4 offre enfin du matos signé du groupe, ce que tout le monde leur reprochait de ne pas (trop) faire jusque là... et le pire, c'est que les meilleurs moments de cet album sont les deux reprises ! Aaargh putain, y en à marre ! Car c'est un fait, ici, on atteint une bonne grosse mélasse bien périmée et gluante, rien ne surnage, rien, sauf les deux reprises qui, cependant, ne sont pas du genre à faire péter une braguette par la force du son : c'est du potable, sans plus.

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Le reste de l'album, comme Go Down Gamblin', A Look To My Heart (présent en deux fois : une courte version de moins d'une minute en fin de la face A, et la chanson en entier en final d'album), Cowboys And Indians, Mama Gets High et High On A Mountain, sont d'une platitude, mais d'une platitude... Les 40 minutes de l'album passent lentement, c'est pénible, chiant même, du jazz/rock (de la jazz/pop en fait) paresseux, anodin, sans aucune prise de risque, de la muzak d'ascenseur ou de repas d'entreprise, le genre de disque à passer en fond sonore dans une kermesse de village au fin fond de la Creuse, à bas volume, afin de juste servir de musique de fond. Le genre d'album qu'on écoutera une fois, par curiosité, et que l'on ne réécoutera pas avant des lustres, si on le réécoute un jour. C'est avec ce genre d'album que le groupe perdra toute sa crédibilité, la même chose arrivera à Chicago, mais en un laps de temps plus étendu, ce n'est qu'à partir de leur 8ème album qu'ils commençeront à baisser vraiment en qualité (et les deux groupes ont démarré à peu près en même temps, Chicago un an après BS&T), alors que pour Blood, Sweat & Tears, ça arrivera dès le troisième opus ! Après cet opus 4 vraiment nul, le groupe sortira un best-of en 1972, qui marchera fort, puis se remaniera complètement pour un cinquième opus, aussi en 1972, intitulé New Blood, et que j'aborderai bientôt. Après, ça sera fini de BS&T sur le blog, en tout cas, me concernant, je n'aurai pas la force d'aller plus loin, les albums suivants étant tellement mauvais...

FACE A

Go Down Gamblin'

Cowboys And Indians

John The Baptist (Holy John)

Redemption

Lisa, Listen To Me

A Look To My Heart (segue)

FACE B

High On A Mountain

Valentine's Day

Take Me In Your Arms (Rock Me For A Little While)

For My Lady

Mama Gets High

A Look To My Heart