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C'est parti pour un peu de Harry Nilsson sur le blog. Après deux de ses albums en amuse-gueule (Son Of Dracula, bande originale d'un nanar de 1972 sorti en 1974 ; comme l'album ; et Son Of Schmilsson, sorti en 1972), voici quelques uns de ses albums, dans l'ordre chronologique. Celui-ci, un de ses plus connus et réputés, n'est ni son premier, ni son deuxième, mais son troisième. Son premier, c'est Spotlight On Nilsson, un disque ultra court (23 minutes !) de 1966 qui ne se distingue pas trop de la production pop de l'époque, et il s'agit essentiellement d'une compilation des différents singles (plus leurs faces B respectives), pas un disque fait comme un vrai album. Un procédé très souvent utilisé à l'époque, d'ailleurs. Pandemonium Shadow Show (1967), le deuxième album, est son premier vrai album, on y trouve aussi bien des chansons signées Nilsson, et quelques merveills parmi elles comme 1941 ou Ten Little Indians, que des reprises : River Deep - Mountain High d'Ike & Tina Turner, et deux chansons des Beatles (She's Leaving Home, You Can't Do That). Ce n'est pas encore totalement ça, mais entre la voix (à l'époque un petit peu différente de ce qu'elle deviendra entre 1971 et 1974, et bien entendu, totalement différente de ce qu'elle sera après 1974) et le talent d'écriture pour les morceaux originaux, c'est tout de même très bon. L'année suivante, en 1968 donc, Nilsson sort son troisième album, et c'est celui-ci, Aerial Ballet. Chose amusante et très originale pour l'époque, Nilsson, en 1971, publiera un disque intitulé Aerial Pandemonium Show, lequel n'est autre qu'une version remixée (oui, en 1971 !) et cumulée de ses albums de 1967 et 1968 ! Une sorte d'OMNI (Objet Musical Non Identifié) pour l'époque...

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Verso de pochette

Extrêmement court (27 minutes !), l'album subira les affres d'une réédition très rapidement après la première. Je m'explique : le premier morceau de l'album, Daddy's Song (signé Nilsson, comme 11 des autres morceaux, même si l'un d'entre eux est signé en collaboration avec un autre auteur), fut offert aux Monkees à l'époque, et ces derniers en enregistrèrent une version, pour un film, à peu près au moment de la sortie de Aerial Ballet. RCA, le label ayant signé Nilsson, décidera, sans en parler à Nilsson qui ne se rendra compte de ça que plus tard, de ressortir Aerial Ballet sans Daddy's Song (qui ne sera remis sur l'album que bien plus tard ; il est sur le CD), faisant ainsi démarrer l'album par le deuxième morceau, Good Old Desk. De 27 minutes (pour 13 titres), l'album n'en contiendra plus que 25, pour 12 titres. Déjà qu'il était court à la base ! Daddy's Song, une sorte de suite à son 1941 de l'album précédent, parle de l'expérience personnelle de Nilsson sur sa vie d'enfant de divorcés. Apparemment, il a eu un peu de mal à s'y faire ! L'album (dont le titre et le visuel de l'avion auraient, selon Joey Kramer - batteur d'Aerosmith - inspiré Aerosmith, justement, pour leur nom et logo ; le titre de l'album, mis à part ça, est ispiré par un détail de la biographie de Nilsson : ses grands-parents dirigeaient un spectacle de voltige aérienne) est une pure petite merveille de pop baroque et renferme au moins deux grands moments nilssoniens : One (écrite par Nilsson, qui sortira en single et sera reprise plusieurs fois, par Three Dog Night, John Farnham, Aimee Mann, Mastodon) et la seule et unique reprise de l'album, Everybody's Talkin', une chanson de Fred Neil. Tout le monde connaît cette chanson : en 1971, elle a été la chanson du générique du chef d'oeuvre Macadam Cowboy de John Schlesinger, avec Jon Voight et Dustin Hoffman. Cette reprise, parfaite de bout en bout et très folk, est plus connue que l'originale, et c'est bel et bien elle, et pas l'originale, qui est dans le film. En 1971, Nilsson se paiera le luxe de sortir une autre reprise qui, au final, sera plus connue et cartonneuse que l'originale, au point que l'on oublie souvent qu'il s'agit d'une reprise : le Without You du groupe de rock Badfinger (chanson qui sera aussi reprise par Mariah Carey par la suite).

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Retour à Aerial Ballet. La majorité des chansons de l'album sont très courtes ; je passe sur Little Cowboy (Reprise), d'ailleurs, qui ne dure que 50 secondes (la première version de cette chanson est aussi sur l'album, évidemment, et dure, elle, 1,20 minute ! Je passe aussi, même si c'est, ma foi, très bon). En même temps, avec seulement 27 minutes (en rajoutant donc Daddy's Song) pour 13 morceaux, on se doute qu'aucune chanson n'est du genre morceau-fleuve de 8 minutes... Le titre le plus étendu ne dure que 2,50 minutes, c'est justement One que j'ai cité plus haut, et aussi bien la reprise d'Everybody's Talkin' que Mr. Tinker durent 10 secondes de moins que lui. Dans l'ensemble, ce disque passe donc très rapidement, sans aucun problème qui plus est car c'est vraiment une pure petite merveille, qui peut rappeler un peu ce que faisait, à la même époque (il a démarré à cette époque, d'ailleurs) Randy Newman. Des chansons comme Good Old Desk (qui, selon Nilsson, parle de...ses initiales, soit G, O, D, soit God ; soit Dieu), le sinistre I Said Goodby To Me (qui parle de suicide), One, Daddy's Song, Together, la reprise de Fred Neil ou Mr. Richland's Favorite Song (le Richland en question bossait dans l'industrie du disque à l'époque, avait entendu l'album avant sa sortie, et déclarera que cette chanson, sur la vie d'un chanteur passant de rien à tout, était sa préférée d'Aerial Ballet, d'où le titre de cette chanson, choisi probablement à la dernière seconde, voire retitré en express !) sont absolument magiques, et au final, Aerial Ballet est un des meilleurs opus de ce grand chanteur américain aujourd'hui un peu oublié, mais tout simplement crucial pour la musique pop/rock.

FACE A

Daddy's Song (retiré après le premier pressage, restauré après)

Good Old Desk

Don't Leave Me

Mr. Richland's Favorite Song

Little Cowboy

Together

FACE B

Everybody's Talkin'

I Said Goodbye To Me

Little Cowboy (Reprise)

Mr. Tinker

One

The Wailing Of The Willow

Bath