HN 4

Une voix hallucinante (aussi bien dans son début de carrière, jusqu'à 1974, qu'à partir de cette année, où il changera quelque peu de style suite à des problèmes d'alcool et de drogue), un style inimitable, un talent fou, un don absolu pour s'entourer des meilleurs et faire toujours partie des meilleurs coups, un éclectisme total... dites bonjour à Harry Nilsson. Décédé en 1994, ce chanteur et songwriter américain est connu pour avoir fait partie de l'entourage des Beatles, et surtout de Lennon et Ringo. Acteur à ses heures perdues, il joue notamment le rôle principal du film dont cet album est la bande-son, Son Of Dracula, réalisé en 1974 par Freddie Francis, et dans lequel on trouve aussi Ringo Starr. Je ne suis pas là pour parler du film, lequel, produit par Ringo notamment, et distribué par Apple, n'est pas à proprement parler un chef d'oeuvre. C'est même un bon gros nanar comico-horrifique (Nilsson y joue le Comte Downe... count Downe, countdown, mordez le jeu de mots !), rarissime qui plus est car absent de tout format commercialisé (en tout cas, pas commercialisé en DVD). Ringo affirme posséder une VHS de ce film, mais se refuse à ne serait-ce que regarder le boîtier de cette VHS ! Que Ringo ne soit pas si hautain avec ce film, ce n'est pas le seul nanar dans lequel il a joué, on peut aussi citer un western du nom de Blindman, ou bien encore Candy... Mais parlons musique. Rien de Ringo sur ce disque (je veux dire par là qu'il ne chante pas), qui s'appelle donc Son Of Dracula, et est sorti en 1974, conjointement au film. Long de quelques 36 minutes, il offre 14 titres.

HN 6

Autant le dire tout de suite : l'album contient à la fois des morceaux chantés et des morceaux constitués de bribes de dialogues du film et de musique signée Paul Buckmaster (arrangeur de l'album), de la musique d'ambiance. Dans le trakclisting plus bas, ces morceaux d'ambiance, souvent bien plus courts que les chansons, sont indiqués en italique. Pas beaucoup d'intérêt de les détailler, il s'agit d'extraits de dialogues du film avec une musique d'ambiance assez brrrrr parfois, rappelons que c'est un film d'horreur, un film d'horreur comique, parodique (il suffit de voir les photos dans la pochette pour en juger), mais un film d'horreur quand même. Pour ce qui est des chansons, une seule est inédite : Daybreak, par ailleurs la première, une belle ballade au piano (joué par Nilsson). Le reste est tout simplement issu de deux des précédents opus d'Harry Nilsson, albums que j'aborderai ici dans un futur relativement proche : Schmilsson (1971) et Son Of Schmilsson (1972), ce dernier album possédant une pochette très similaire de celle de Son Of Dracula (en plus de son titre également similaire) : on y voit Nilsson, dans sa tenue de scène, cape bien ouverte, posant en haut d'un escalier dans la propriété de George Harrison, Friar Park, une photo en noir & blanc. A les regarder toutes deux, on se rend vraiment compte de la similarité ! Le film a vraisemblablement été tourné vers 1972, mais ne sortira donc que deux ans plus tard. Pour en revenir encore à la musique, cet album est donc à la fois une bande originale et une sorte de petite compilation. Les chansons issues de Schmilsson (un remarquable album) sont The Moonbeam Song (une bien belle douceur), Down, Jump Into The Fire (qui, sur Schmilsson, dure quasiment 7 minutes, mais il s'agit ici d'une version bien écourtée, qui n'en dure que 3,15 ; la version single. A noter que cette chanson, trépidante, exubérante, a été utilisée rapidement pour une publicité, chez nous, récemment : les vocalises de Nilsson vous diront sans doute quelque chose ; je n'arrive plus à me rappeler pour quel pub c'était, en revanche) et Without You, chanson mémorable, reprise de Badfinger (groupe découvert par les Beatles, qui sortait ses albums sur Apple) et leur album No Dice, et qui, dans cette version chantée par Nilsson, sera un tube mondial absolu. Bien entendu, elle sera aussi un tube quelques 20 ans plus tard, quand Mariah Carey la reprendra... On est en droit de préférer la version Nilsson, qui est intouchable (cete voix !). De Son Of Schmilsson, on a ici Remember (Christmas) (une chanson douce, mélancolique, peut-être un peu longue - 4 minutes - mais vraiment belle) et At My Front Door (un rock bien trépidant).

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On notera pour finir (voir visuel ci-dessus) que l'album sortira sous une pochette à double ouverture latérale (avec, sous les ouvertures, plein de photos du film en patchwork), symbolisant la cape ouverte du Comte Downe. L'ouverture pour le disque est, elle, en haut (la tranche avec le titre est en bas, ce qui signifie que le disque se range avec l'illustration tournant sur sa droite, comme Synchronicity de The Police ou Time Fades Away de Neil Young pour ne citer qu'eux). On notera aussi que dans la pochette de l'édition américaine, édition que je possède, se trouvait un transfo pour T-shirts, à l'effigie de la pochette de l'album (Nilsson et Ringo) avec la mention Bite It ('mords ça'), transfo que je possède, bien sur son papier. Ca en rajoute à l'originalité de ce Son Of Dracula pas immense, mais assez amusant si on est dans le bon état d'esprit, et que j'aime beaucoup (je parle de l'album, hein, pas du film). Après, ce n'est pas à proprement parler un album d'Harry Nilsson, bien qu'il fasse partie de sa discographie officielle. Si vous voulez le meilleur du bonhomme, prenez Schmilsson, Son Of Schmilsson, Pussy Cats (disque de reprises de 1974 produit par Lennon pendant son lost weekend, et dont le titre est probablement une allusion au Pin Ups de Bowie, aussi un disque de reprises) et Duit On Mon Dei, Sandman, voire même Knilsson (ces titres d'albums !!!). Certains citeront aussi Aerial Ballet, datant du milieu des années 60, et en effet, il vaut le coup. Dans l'ensemble, entre 1970 et 1975, rien à dire, Nilsson (qui signera des chansons pour d'autres, notamment pour Ringo : Easy For Me, par exemple) sera intouchable. Il n'aurait sans aucun doute pas du se risquer au cinéma, et donc il n'aurait pas du faire ce film, mais on peut l'excuser. A noter que c'est encore lui qui signera la sublime reprise du Everybody's Talkin' de Fred Neil, bande originale de Macadam Cowboy de John Schlesinger, reprise qui, comme celle du Without You de Badfinger, passe encore souvent sur les ondes FM du mon dentier. Oui, les années 70, la pop/rock, la musique tout simplement, sans Harry Nilsson, ne serait pas tout à fait la même chose.

FACE A

It Is He Who Will Be King

Daybreak

At My Front Door

Count Downe Meets Merlin And Amber

The Moonbeam Song

Perhaps This Is All A Dream

Remember (Christmas)

FACE B

Intro/Without You

The Count's Vulnerability

Down

Frankenstein, Merlin  And The Operation

Jump Into The Fire

The Abdication Of Count Downe

The End (Moonbeam)